Guide EFICATT


 

  BORRELIA
Agent de la borréliose de Lyme



  Agent pathogène et pathologie

Que faire en cas d'exposition ?

Cas particulier du laboratoire

Eléments de référence



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Agent pathogène et pathologie

  Descriptif de l'agent pathogène
   Nom de l'agent : Borrelia
 Type d'agent : Bactérie
  Descriptif :
Spirochète du genre Borrelia, bactérie spirochète flagellée mobile, 3 espèces pathogènes reconnues en France : Borrelia burgdorferi sensu stricto, Borrelia garinii, Borrelia afzelii.
 Groupe de classement : 2

Pathologie
   Nom de la maladie : Borréliose de Lyme
 Synonyme(s) : Maladie de Lyme

Réservoir et vecteur
   Type de réservoir : Animal
Nombreuses espèces de mammifères sauvages et domestiques : cervidés et rongeurs surtout, mais aussi chiens, bétail, sangliers...
 Principale source :
 Vecteur : Les tiques du genre Ixodes ricinus (Europe).

Viabilité, infectiosité
   Viabilité, résistance physico-chimique : Jamais retrouvées dans le milieu extérieur.
 Infectiosité : Dose infectieuse inconnue.

Données épidémiologiques
   Population générale :
Zoonose de répartition mondiale, hémisphère Nord surtout.
Incidence estimée en France à 9,4 cas/100 000, dans toutes les régions sauf frange méditerranéenne et en altitude, prédominance dans les régions boisées et humides (Est, Centre...).
En Alsace en 2002, une étude estime l'incidence à 180/100 000.
 Milieu professionnel :
Peu de données, quelques études de séroprévalence chez les travailleurs forestiers, prévalence d'environ 10 à 25 % selon les régions en France.

Transmission
   Mode de transmission :
Piqûre par les larves, nymphes et tiques femelles du genre Ixodes ricinus en Europe, activité saisonnière maximale au printemps et au début de l'automne.
Taux d'infestation très variables : 5 à 20 % des tiques infectées selon les études en Alsace.

Risque de transmission en zone d'endémie : de 1 à 4 %, maximal entre 28 et 72 heure après la piqûre.

 Période de contagiosité : Sans objet (pas de transmission interhumaine).

Maladie
   Incubation : Moyenne 7 à 14 jours ; extrêmes : 1 à 180 jours.
 Clinique :
Phase primaire : érythème migrant, tache érythémateuse localisée en fonction du site de la piqûre : membres et zones de striction des vêtements chez l'adulte, de croissance annulaire et centrifuge, disparaissant spontanément même en l'absence de traitement.

Phase secondaire :
- manifestations neurologiques (neurroborrélioses précoces) surtout dues à B. garinii : par ordre de fréquence méningoradiculites hyperalgiques avec méningite lymphocytaire, localisation crânienne fréquente (paralysie faciale), méningite isolée, myélites aiguë, encéphalite ;
- manifestations rhumatologiques : moins fréquentes en Europe qu’aux Etats-Unis, mono-arthrite d’apparition brusque, ou oligo arthrite (grosses articulations), atteinte prépondérante du genou survenant 2 semaines à 2 ans après la piqûre ; 
- manifestations dermatologiques : lymphocytome borrélien, 1 à 2 mois après la piqûre ;
- manifestations cardiaques : rares en France, troubles de conduction bénins ;
- manifestations ophtalmologiques : très rares.

Phase tertiaire :
- manifestations neurologiques (neurroborréliose tardive), plus de 6 mois après la piqûre : encéphalomyélites chroniques, polyneuropathies axonales ;
- manifestations dermatologiques : acrodermatite chronique atrophiante, lésions multiples scléro-atrophiques des membres inférieurs souvent ;
- manifestations rhumatologiques : oligo-arthrite (genou surtout), myosite.

 Diagnostic :
Diagnostic direct : culture et PCR peu sensibles, culture délicate sur milieux spéciaux, a un intérêt surtout sur les prélèvements biopsiques (peau ou articulation) ; aide diagnostique dans certaines formes atypiques.

Diagnostic indirect :
Sérologie : ELISA, confirmation indispensable par Western Blot.
Sérologie dans le LCR indispensable dans les formes neurologiques, synthèse intrathécale d'IgG spécifiques.
Sérologie négative dans 50 % des cas en phase primaire, IgM en 4 à 6 semaines, IgG 2 à 3 semaines après.

 Traitement :
Traitement antibiotique par Amoxicilline ou Cycline si apparition d'érythème migrant après piqûre de tique.
En phase secondaire possibilité également de traitement par Ceftriaxone. 


Prévention vaccinale
   Pas de vaccin disponible

Caractéristiques de l'immunité
   Immunité naturelle : Maladie non immunisante.
 Immunité vaccinale : Sans objet.

Populations à risque
   Activités exposantes :
Professions forestières exposant à un contact avec les buissons.
Activités de loisirs : randonneurs en forêt, chasseurs, ramasseurs de champignons...

 Terrain à risque accru d'acquisition : Risque théorique accru de dissémination de Borrelia chez l'immunodéprimé.

 Terrain à risque accru de forme grave : Aucun.

 Grossesse : Pas de démonstration formelle d'un risque d'infection ou de malformation foetale.



Que faire en cas d'exposition ?

  Définition d'un sujet exposé
  Personne piquée par une tique.

Conduite à tenir immédiate
  Extraction la plus précoce possible par une technique mécanique (tire-tiques ou pince fine), sans autre produit "chimique".
Désinfecter le lieu de morsure.

Evaluation du risque
  Durée de présence de la tique sur la peau :
- risque dès les premières heures d'attachement mais s'accroissant avec le temps ; 
- plus la tique est découverte tôt (< 24h), plus le risque de transmission est faible.

Source :
Type d'exposition : piqûre de tique.

Sujet exposé :
- immunité, risques particuliers : RAS.


Mesures prophylactiques
  Pas d'indication à une prophylaxie antibiotique après piqûre de tique, sauf éventuellement par précaution chez la femme enceinte ou chez l'immunodéprimé.

Suivi médical
  Surveillance de l'apparition d'un érythème migrant autour du point de piqûre devant entraîner un traitement antibiotique par Amoxicilline ou Cycline (ne pas le confondre avec un granulome à corps étranger).

Conseils
   Pour l'entourage du sujet : Pas de recommandation particulière.
 En cas de grossesse :

Prophylaxie discutée par Amoxicilline, en fonction de l'évaluation du risque. Pas d'AMM dans cette indication.

Démarche médico-légale
   Déclaration obligatoire : Pas de déclaration obligatoire

 Réparation :
- au titre d'un Tableau de maladies professionnelles :
   Régime général : n° 19 B
   Régime agricole : n° 5 bis
Consultez la base de données Tableaux de maladies professionnelles. Guide d'accès et commentaires
- maladies hors tableau et fonction publique : selon expertise

Texte de référence
  Pas de texte de référence.



Cas particulier du laboratoire

  Epidémiologie du risque en laboratoire
   Cas en laboratoire d'analyses (médicales, vétérinaires...) publiés depuis 1985 :
Aucun cas de contamination professionnelle en laboratoire d’analyses n’a été publié.
 Cas en laboratoire de recherche publiés depuis 1985 :
Pas de cas publié.
 Cas historiques (publiés avant 1985) :
Néant. (NB : l’agent biologique a été isolé pour la première fois en 1982).


Spécificité de l'évaluation du risque
  Pas de risque spécifique identifié. Se référer au chapitre précédent « Que faire en cas d’exposition ». (NB : Culture très difficile en laboratoire).


Incidence sur la conduite à tenir et prophylaxie
  Sans objet ; se référer au chapitre précédent « Que faire en cas d’exposition ».




Eléments de référence

  Centre national de référence :
  Centre National de Référence des Borrelia

Laboratoire des Spirochètes
Institut Pasteur
25-28, rue du Docteur Roux
75724 PARIS CEDEX 15 - France
Tél. : 01 45 68 83 37
Fax : 01 40 61 30 01

Laboratoire associé au CNR

Institut de Bactériologie
Faculté de Médecine de Strasbourg
3 rue Koeberlé
67000 STRASBOURG
Tél. : 03 90 24 37 80
Fax : 03 88 25 11 13
Responsable : Docteur Benoît JAULHAC
E-mail : benoit.jaulhac@medecine.u-strasbg.fr

Bibliographie :
  Texte de référence :
Pas de texte de référence.


Autres documents :
La maladie de Lyme. Données du réseau de surveillance de la maladie en Alsace (mars 2001 - février 2003)
(www.invs.sante.fr/publications/2005/lyme_alsace/rapport_lyme.pdf).

Dossier Maladie de Lyme. Ministère de la Santé et des Solidarités, mise à jour juillet 2003 (Marti Ras N, Postic D, Baranton G - Diversité génomique chez Borrelia burgdorferi sensu lato, une caractéristique partagée de part et d'autre de l'Atlantique : 7e CEMI 1998. Med Mal Infect. 1998 ; 28 (n° spécial) : 398-99. (www.sante.gouv.fr/htm/pointsur/zoonose/5z.htm).

Stanek G, O'Connell S, Cimmino M, Aberer E et al. - European Union Concerted Action on Risk Assessment in Lyme Borreliosis: clinical case definitions for Lyme borreliosis. Wien Klin Wochenschr. 1996 ; 108 (23) : 741-47.

Jaulhac B, Monteil H - Actualités du diagnostic microbiologique des infections à Borrelia burgdorferi. Lett Infect. 1997 ; 12 (3) : 87-93.

Elliot DJ, Eppes SC, Klein JD - Teratogen update: Lyme disease. Teratology. 2001 ; 64 (5) : 276-81.

16e Conférence de consensus en thérapeutique anti-infectieuse de la SPILF. Borréliose de Lyme : démarches diagnostiques, thérapeutiques et préventives. Texte long. 13 décembre 2006. Méd Mal Infect. 2007 ; 37 (Suppl 3) : S153-74.


Bibliographie spécifique aux laboratoires :
Consultez la bibliographie spécifique dans le Guide de lecture



  Mise à jour de la fiche : Février 2008

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