BORRELIA
Agent de la borréliose de Lyme

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Agent pathogène et pathologie > retour au sommaire

 Descriptif de l'agent pathogène

Nom de l'agent :Borrelia

Synonyme(s) : 

Type d'agent : Bactérie

Descriptif :

Spirochète du genre Borrelia, bactérie spirochète flagellée mobile, 3 espèces pathogènes reconnues en France : Borrelia burgdorferi sensu stricto, Borrelia garinii, Borrelia afzelii.

Groupe de classement : 2

 

 Pathologie

Nom de la maladie : Borréliose de Lyme

Synonyme(s) : Maladie de Lyme

 

 Réservoir et vecteur

Type de réservoir : Animal
Nombreuses espèces de mammifères sauvages et domestiques : cervidés et rongeurs surtout, mais aussi chiens, bétail, sangliers, oiseaux.

Principale source :

Vecteur : Les tiques du genre Ixodes ricinus (Europe).

 

 Viabilité, infectiosité

Viabilité, résistance physico-chimique :

Jamais retrouvées dans le milieu extérieur.

Infectiosité :

Dose infectieuse inconnue. Le risque de transmission bactérienne augmente avec la durée de l'attachement de la tique.

 
 

 Données épidémiologiques

Population générale :
Zoonose de répartition mondiale, dans les régions froides et tempérées, hémisphère Nord surtout.
C'est actuellement la première maladie vectorielle de l'hémisphère Nord : plus de 15000 cas annuels aux USA et 50 000 en Europe avec gradient positif d'Est en Ouest.
La France est un des pays les plus touchés en Europe après l'Allemagne et l'Autriche. Incidence estimée en France à 16/100 000 habitants soit environ 12 000 nouveaux cas par an dans toutes les régions sauf frange méditerranéenne et en altitude, prédominance dans les régions boisées et humides (Est, Centre...). En Alsace, l'incidence est estimée à 200/100 000.

Régions particulièrement touchées en France : Alsace, Lorraine, Limousin, Auvergne, Rhône Alpes

Milieu professionnel :
Peu de données, quelques études de séroprévalence chez les travailleurs forestiers, prévalence d'environ 10 à 25 % selon les régions en France.

 

 Transmission

Mode de transmission : Piqûre par les larves, nymphes et tiques femelles du genre Ixodes ricinus en Europe, activité saisonnière maximale entre avril et octobre. Taux d'infestation très variables : 5 à 20 % des tiques infectées selon les études en Alsace.

Risque de transmission en zone d'endémie : de 1 à 4 %, maximal entre 28 et 72 heures après la piqûre.

Période de contagiosité : Sans objet (pas de transmission interhumaine).

 

 Maladie

Incubation : Moyenne 7 à 14 jours ; extrêmes : 1 à 180 jours.

Clinique Phase primaire : érythème migrant, tache érythémateuse localisée en fonction du site de la piqûre (membres et zones de striction des vêtements chez l'adulte), de croissance annulaire et centrifuge, disparaissant spontanément en quelques semaines à quelques mois, même en l'absence de traitement.

Phase secondaire :
- manifestations neurologiques (neurroborrélioses précoces) surtout dues à B. garinii : par ordre de fréquence méningoradiculites hyperalgiques avec méningite lymphocytaire, localisation crânienne fréquente (paralysie faciale), méningite isolée, myélites aiguë, encéphalite ;
- manifestations rhumatologiques : moins fréquentes en Europe qu’aux Etats-Unis, mono-arthrite d’apparition brusque, ou oligo arthrite (grosses articulations), atteinte prépondérante du genou survenant 2 semaines à 2 ans après la piqûre ; 
- manifestations dermatologiques : lymphocytome borrélien, 1 à 2 mois après la piqûre, lesions multiples d'erythème chronique migrant identiques à la lésion primaire à l'exception du point de piqûre central absent.
- manifestations cardiaques : rares en France, myocardites responsables de troubles de la conduction ou péricardites ;
- manifestations ophtalmologiques : très rares.

Phase tertiaire :
- manifestations neurologiques (neurroborréliose tardive), plus de 6 mois après la piqûre : encéphalomyélites chroniques, polyneuropathies axonales, méningite chronique... ;
- manifestations dermatologiques : acrodermatite chronique atrophiante, lésions multiples scléro-atrophiques des membres inférieurs souvent ;
- manifestations rhumatologiques : oligo-arthrite (genou surtout), myosite.

Diagnostic : Diagnostic direct : culture et PCR peu sensibles, culture délicate sur milieux spéciaux, a un intérêt surtout sur les prélèvements biopsiques (peau ou articulation) et LCR ; aide diagnostique dans certaines formes atypiques.

Diagnostic indirect :
Sérologie : ELISA, confirmation indispensable par Western Blot.
Sérologie dans le LCR indispensable dans les formes neurologiques, synthèse intrathécale d'IgG spécifiques.
Sérologie négative dans 50 % des cas en phase primaire, IgM en 4 à 6 semaines, IgG 2 à 3 semaines après.

Traitement : Traitement antibiotique par Amoxicilline (ou Cycline si allergie) si apparition d'érythème migrant après piqûre de tique.
En phase secondaire possibilité également de traitement par Ceftriaxone. 

 

 Prévention vaccinale

Pas de vaccin disponible

 

 Caractéristiques de l'immunité

Immunité naturelle : Maladie non immunisante.

Immunité vaccinale : Sans objet.

 

 Populations à risque

Activités exposantes :

Professions exposant au milieu extérieur avec présence d'herbes hautes, fôrets, tapis de feuille : forestiers, paysagistes, agriculteurs.

Activités de loisirs : randonneurs en forêt, campeurs, chasseurs, ramasseurs de champignons...

Terrain à risque accru d'acquisition :  Risque théorique accru de dissémination de Borrelia chez l'immunodéprimé.

Terrain à risque accru de forme grave : Aucun.

Grossesse : Pas de démonstration formelle d'un risque d'infection ou de malformation foetale.

 
 

Que faire en cas d'exposition ? > retour au sommaire

 Définition d'un sujet exposé

Personne piquée par une tique.

 

 Conduite à tenir immédiate

Extraction la plus précoce possible par une technique mécanique (tire-tiques ou pince fine), sans autre produit "chimique".
Désinfection du lieu de morsure.

 

 Evaluation du risque

Durée de présence de la tique sur la peau :
- risque dès les premières heures d'attachement mais s'accroissant avec le temps ; 
- plus la tique est découverte tôt (< 24h), plus le risque de transmission est faible, le risque de transmission augmentant avec la durée de l'attachement de la tique.

Source :
Type d'exposition : piqûre de tique.

Sujet exposé :
- immunité, risques particuliers : RAS.

 

 Mesures prophylactiques

Pas d'indication à une prophylaxie antibiotique après piqûre de tique, sauf éventuellement par précaution chez la femme enceinte ou chez l'immunodéprimé.

 

 Suivi médical

Surveillance de l'apparition d'un érythème migrant autour du point de piqûre devant entraîner un traitement antibiotique par Amoxicilline ou Cycline (ne pas le confondre avec un granulome à corps étranger).

 

 Conseils

Pour l'entourage du sujet :

Pas de recommandation particulière.

En cas de grossesse :


Prophylaxie discutée par Amoxicilline, en fonction de l'évaluation du risque. Pas d'AMM dans cette indication.

 

 Démarche médico-légale

Déclaration obligatoire : Pas de déclaration obligatoire

Réparation :

- au titre d'un Tableau de maladies professionnelles :
   Régime général : n° 19 B
   Régime agricole : n° 5 bis
Consultez la base de données Tableaux de maladies professionnelles. Guide d'accès et commentaires
- maladies hors tableau et fonction publique : selon expertise

 

 Texte de référence

16e Conférence de consensus en thérapeutique anti-infectieuse de la SPILF. Borréliose de Lyme : démarches diagnostiques, thérapeutiques et préventives. Texte long. Mercredi 13 décembre 2006. Méd Mal Infect. 2007 ; 37 (Suppl 3) : S153-74.

Mieux connaître la Borréliose de Lyme pour mieux la prévenir. Haut Conseil de la santé publique, 2010 (http://www.hcsp.fr/docspdf/avisrapports/hcspr20100129_Lyme.pdf).

 

Cas particulier du laboratoire > retour au sommaire

 Epidémiologie du risque en laboratoire

Cas en laboratoire d'analyses (médicales, vétérinaires...) publiés depuis 1985 :

Aucun cas de contamination professionnelle en laboratoire d’analyses n’a été publié.

Cas en laboratoire de recherche publiés depuis 1985 :

Pas de cas publié.

Cas historiques (publiés avant 1985) :

Néant. (NB : l’agent biologique a été isolé pour la première fois en 1982).

 

 Spécificité de l'évaluation du risque

Pas de risque spécifique identifié. Se référer au chapitre précédent « Que faire en cas d’exposition». (NB : Culture très difficile en laboratoire).

 

 Incidence sur la conduite à tenir et prophylaxie

Sans objet ; se référer au chapitre précédent « Que faire en cas d’exposition ».

 

Eléments de référence  > retour au sommaire

 Centre national de référence :

Centre National de Référence des Borrelia

Institut de Bactériologie
Plateau Technique de Microbiologie
Hôpitaux Universitaires de Strasbourg
1 rue Koeberlé
67 000 STRASBOURG

Tél. : 03 69 55 14 27  / 03 33

Fax : 03 69 55 16 98
Responsable : Docteur Benoît JAULHAC
E-mail : benoit.jaulhac@chru-strasbourg.fr

cnr.borrelia@unistra.fr

 Bibliographie

Textes de référence :

16e Conférence de consensus en thérapeutique anti-infectieuse de la SPILF. Borréliose de Lyme : démarches diagnostiques, thérapeutiques et préventives. Texte long. Mercredi 13 décembre 2006. Méd Mal Infect. 2007 ; 37 (Suppl 3) : S153-74.

Mieux connaître la Borréliose de Lyme pour mieux la prévenir. Haut Conseil de la santé publique, 2010 (http://www.hcsp.fr/docspdf/avisrapports/hcspr20100129_Lyme.pdf).

Autres documents :

Maladie de Lyme. Site santé du Ministère des Affaires sociales et de la Santé, 2009 (http://www.sante.gouv.fr/maladie-de-lyme.html). 

La maladie de Lyme. Institut Pasteur  (http://www.pasteur.fr/ip/easysite/pasteur/fr/presse/fiches-sur-les-maladies-infectieuses/maladie-de-lyme).

Centre national de référence des Borrelia : Résumé du rapport annuel d'activité. Année 2010. Institut Pasteur, 2010 (http://www.pasteur.fr/ip/resource/filecenter/document/01s-00004j-0ei/ra-cnr-borrelia-2010.pdf).

Epidemiology of European Lyme Borreliosis. European Concerted Action On Lyme Borreliosis (EUCALB), 2009 (http://meduni09.edis.at/eucalb/cms_15/index.php?option=com_content&view=article&id=118&Itemid=115)

Maladie de Lyme. InVS, 2011 (http://www.invs.sante.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Zoonoses/Maladie-de-Lyme).

Launay O, Piroth L, Yazdanpana Y (Eds) - E. Pilly 2012. Maladies infectieuses et tropicales. 23e édition. Vivactis Plus ; 2011 : 607 p.

Elliot DJ, Eppes SC, Klein JD - Teratogen update: Lyme disease. Teratology. 2001 ; 64 (5) : 276-81.

Adamek B. Tick-borne diseases exposure of forestry workers and preventive methods usage Przegl Epidemiol. 2006 ; 60 (suppl 1) : 11-15 (Résumé).

Tomao P, Ciceroni L, D'Ovidio MC, De Rosa M et al. - Prevalence and incidence of antibodies to Borrelia burgdorferi and to tick-borne encephalitis virus in agricultural and forestry workers from Tuscany, Italy. Eur J Clin Microbiol Infect Dis. 2005 ; 24 (7) : 457-63.

Bibliographie spécifique aux laboratoires :

Consultez la bibliographie spécifique dans le Guide de lecture

 

Mise à jour de la fiche : Décembre 2012 > retour au sommaire

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