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CYTOMEGALOVIRUS (CMV) Agent de l'infection à Cytomégalovirus
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Agent pathogène et pathologie
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Descriptif de l'agent pathogène
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Nom de l'agent : Cytomégalovirus (CMV)
Type d'agent : Virus
Descriptif :
Virus à ADN du groupe herpès, pourvu d'une enveloppe dérivée de la membrane nucléaire des cellules infectées.
Groupe de classement : 2 |
Pathologie
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Nom de la maladie : Infection à cytomégalovirus
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Réservoir et vecteur
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Type de réservoir : Homme
Strictement humain.
Principale source : Sang; Urines; Sécrétions des voies aériennes supérieures; Sécrétions génitales
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Viabilité, infectiosité
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Viabilité, résistance physico-chimique :
Survie : perd rapidement son pouvoir infectant sur support inerte. Inactivation : virus fragile, il est détruit par l'ébullition, l'eau de Javel diluée, les agents chimiques de désinfection usuelle et également le savon. Moyens physiques : résistant à la congélation à - 80 °C.
Infectiosité :
Dose infectieuse : inconnue. Contagiosité importante.
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Données épidémiologiques
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Population générale : Maladie répartie dans le monde entier. 50 à 80 % des adultes de 40 ans ont des anticorps anti-CMV. L'infection évolue sur le mode endémique.
En France, 43,5 à 51,5 % des femmes enceintes sont séronégatives et 0,6 à 1,4 % d'entre elles font une primo-infection à CMV pendant la grossesse. L'infection materno-fœtale à CMV est la plus fréquente et touche 0,5 à 2 % des nouveau-nés.
Milieu professionnel : Les études menées ne retrouvent pas de risque accru parmi les professionnels de santé. En revanche, 2 études montrent une séropositivité plus fréquente chez les personnels de crèche, comparés à des témoins.
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Transmission
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Mode de transmission :
Transmission inter humaine stricte : - transmission par l'intermédiaire des gouttelettes de sécrétions oro-pharyngées le plus souvent, - par contact des muqueuses avec des mains souillées par des liquides biologiques infectés (urines, salive...) ou, plus rarement, par un support inerte fraîchement souillé, - par transfusion de sang non-déleucocyté (rare), - transmission parfois sexuelle (sperme, glaire), - transmission materno-fœtale (cf. Grossesse).
Période de contagiosité :
De plusieurs jours à plusieurs semaines, voire des mois chez les jeunes enfants et les immunodéprimés. L'excrétion du virus peut durer plusieurs années après une infection néo-natale et être fluctuante.
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Maladie
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Incubation :
De 20 à 60 jours, 30 jours en moyenne.
Clinique :
- Le plus souvent, formes inapparentes chez le nourrisson, l'enfant et l'adulte jeune (90 %).
- Fièvre isolée de l'adulte jeune : fièvre isolée en plateau entre 38 °C et 40 °C avec ou sans frisson, prolongée (entre 15 jours et 3 mois), accompagnée d'une asthénie, d'arthralgies, de céphalées, d'une pharyngite et d'amaigrissement. Biologiquement : syndrome mononucléosique associé à une thrombopénie.
- Autres manifestations isolées possibles : pneumopathie interstitielle (6 % des formes symptomatiques), polyradiculonévrite de Guillain-Barré...
Diagnostic :
1- Recherche directe du virus - Amplification d'ADN du virus à partir de prélèvement de sang ou d'urine (PCR) technique très rapide de plus en plus utilisée (surtout pour la recherche de CMV dans le liquide amniotique).- Antigénémie pp65 : phosphoprotéine de la matrice virale d'un poids moléculaire de 65 kiloDalton. Présente dans le noyau de la cellule infectée, en particulier dans les polynucléaires du sang périphérique, elle est révélée par anticorps monoclonaux. Examen très intéressant chez les transplantés ou les patients atteints du SIDA, dans l'indication du traitement pré-emptif (état d'infection biologique sans signe clinique). - Isolement viral dans le sang (méthode de référence) ou les urines par cultures sur des fibroblastes humaines, technique lente de moins en moins utilisée. 2- Recherche indirecte - Sérologies : la recherche d'IgG anti-CMV permet de connaître le statut sérologique d'un sujet vis-à-vis de l'infection et de dépister une éventuelle séroconversion. La découverte d'IgM fait suspecter une infection récente mais peuvent être présentes dans des infections anciennes ou lors des réactivations.
- Mesure de l'avidité de l'IgG pour l'antigène viral : permet de préciser le caractère récent ou ancien de la primo-infection au virus. Test utile chez la femme enceinte : la détection d'une faible avidité des IgG anti-CMV indique que l'infection date de moins de 3 mois, alors que la détection d'une forte avidité indique une infection datant de plus de 3 mois.
Traitement :
- Traitements symptomatiques chez le sujet immunocompétent : antipyrétiques.
- Les traitements antiviraux ne sont utilisés que dans des cas particuliers (immunodéprimés, transplantés) à visée curative ou préventive.
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Prévention vaccinale
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Pas de vaccin disponible
Il n'existe actuellement aucun vaccin disponible sur le marché contre le CMV. Des recherches sont en cours actuellement.
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Caractéristiques de l'immunité
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Immunité naturelle :
Immunité durable, mais des réactivations asymptomatiques peuvent survenir. Par ailleurs, dans de rares cas, une primo-infection n'empêche pas une ré-infection avec une souche différente.Après une primo-infection, le virus reste latent dans les macrophages et peut être à l'origine de récurrences.
Immunité vaccinale :
Sans objet.
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Populations à risque
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Activités exposantes :
Soins de "maternage" au contact d'enfants de moins de 3 ans, contact étroit avec des personnes excrétrices de CMV (kinésithérapie respiratoire, soins) chez des transplantés ou immunodéprimés.
Terrain à risque accru d'acquisition :
Sans objet.
Terrain à risque accru de forme grave :
Immunodéprimés.
Grossesse :
La contamination d'une femme enceinte par le CMV au cours de sa grossesse ne provoque pas de conséquence grave habituellement chez la mère. En revanche, elle risque de transmettre le virus à l'enfant. En cas de primo-infection maternelle, le taux de transmission au fœtus est de 30 à 40 %. L'infection fœtale est symptomatique dans 10 à 15 % de ces cas. Parmi ces fœtus, 30-40 % présenteront des séquelles graves, sans qu'il soit possible de préciser avec certitude les fœtus à risque au sein de cette population de fœtus symptomatiques en pré-natal. En cas d'infection asymptomatique à l'échographie, le risque de séquelles mineures à type de surdité est de l'ordre de 5 à 15 %. Le risque de retard mental isolé paraît exceptionnel. En cas de récurrence ou de ré-infection, le risque de transmission est faible de l'ordre de 2 % avec risque très faible de séquelles.
Les formes congénitales peuvent être de gravités différentes : - Mort fœtale in utero par infection massive (exceptionnelle). - Maladie congénitale des inclusions cytomégaliques : avec prématurité ou dysmaturité, ictère, purpura ecchymotique, convulsion, paralysies, microcéphalie, choriorétinite, pneumopathie interstitielle ; le pronostic est sévère : mortalité, séquelles neuropsychiques lourdes. - Formes congénitales inapparentes avec excrétion urinaire prolongée de CMV et possibilité de séquelles neuro-sensorielles : retard psycho-moteur, surdité.
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Que faire en cas d'exposition ?
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Définition d'un sujet exposé
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Personne ayant eu un contact étroit avec une personne excrétrice de CMV.
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Conduite à tenir immédiate
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Rechercher une éventuelle grossesse et les autres femmes enceintes éventuellement exposées.
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Evaluation du risque
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Source : 20 à 60 % des enfants gardés en crèche au cours de la 1ère année de vie sont excréteurs asymptomatiques. Produit biologique : sécrétions oro-pharyngées, urines, salive, larmes sont potentiellement infectants.Type d'exposition : contact rapproché avec les liquides biologiques des enfants ou de patients excréteurs de CMV. Sujet exposé : Risque particulier en cas de grossesse.
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Mesures prophylactiques
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- pas d'indication à une prophylaxie antivirale en raison des effets secondaires multiples du traitement et de l'embryofoetotoxicité ; - pas d'indication à la perfusion d'Ig anti-CMV, inconstamment efficaces.
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Suivi médical
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En dehors des femmes enceintes, pas de suivi mais rappeler l'importance des mesures de prévention notamment pour les personnels féminins en âge de procréer en contact avec de jeunes enfants et/ou mères de jeunes enfants : éviter les contacts avec les liquides biologiques (urine, salive...) se laver fréquemment les mains ou friction avec une solution hydro-alcoolique, notamment lors des changes ou de la toilette ; éviter le partage d'objets tels cuillères, jouets. Pour les femmes enceintes, dans le contexte actuel des connaissances, le dépistage sérologique systématique de l'infection à CMV n'est pas justifié (y compris pour les professionnels exposés) [ANAES 2004]. Rappeler l'importance des mesures d'hygiène. Pour les femmes enceintes dont la sérologie serait connue comme séronégative : - Il n'y a pas d'indication à un suivi sérologique ni indication d'éviction mais il est conseillé de limiter au maximum les contacts avec les liquides biologiques durant toute la grossesse et de respecter les mesures d'hygiène. - Si une surveillance est vivement souhaitée par la femme : il n'y a pas de consensus actuel sur ses modalités : à voir, au cas par cas avec le gynécologue -obstétricien.
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Conseils
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Pour l'entourage du sujet :
Pas de recommandation particulière.
En cas de grossesse :
Limiter autant que possible le contact avec les urines, la salive, les larmes des enfants de moins de 3 ans ou des patients excréteurs : lavage soigneux des mains à l'eau et au savon ou utilisation de solution hydro-alcoolique pour une désinfection des mains après tout contact avec un liquide biologique.
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Démarche médico-légale
Texte de référence
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Cas particulier du laboratoire
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Epidémiologie du risque en laboratoire
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Cas en laboratoire d'analyses (médicales, vétérinaires...) publiés depuis 1985 :
Aucun cas de contamination professionnelle en laboratoire d’analyses n’a été publié.
Cas en laboratoire de recherche publiés depuis 1985 :
Pas de cas publié.
Cas historiques (publiés avant 1985) :
Néant.
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Spécificité de l'évaluation du risque
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Pas de risque spécifique identifié. Se référer au chapitre précédent « Que faire en cas d’exposition ».
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Incidence sur la conduite à tenir et prophylaxie
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Sans objet ; se référer au chapitre précédent « Que faire en cas d’exposition ».
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Eléments de référence
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Pas de Centre national de référence
Bibliographie :
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Texte de référence :
Avis du Conseil supérieur d'hygiène publique de France (section des maladies transmissibles) du 8 mars 2002 relatif aux recommandations pour la prévention de l'infection à cytomégalovirus chez les femmes enceintes. (www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/cshpf/a_mt_080302_CMV_grossesse.pdf).
Evaluation de l'intérêt du dépistage de l'infection à cytomégalovirus chez la femme enceinte en France. ANAES, septembre 2004 (www.anaes.fr/anaes/Publications.nsf/wEdition/RA_LILF-672GT8).
Autres documents :
Bureau de la sécurité des laboratoires (Canada) : FTSS - Fiches Techniques Santé/Sécurité - Matières infectieuses (www.phac-aspc.gc.ca/msds-ftss/index_f.html).
Leroux MC, Reinert P, Boucher J, Lasry S - Diffusion du cytomégalovirus en crèche. Arch Pédiatr 2002 ; 9 (Suppl 2) : 271-3.
Boussemart T, Baudon JJ, Garbarg-Chenon A, Costil J - Cytomégalovirus, grossesse et risque professionnel. Arch Pédiatr 1998 ; 5 (1) : 24-6.
Avis du CNGOF (Collège National des Gyneco-Obstétriciens Français) : communiqué de presse du 14 mai 2002 "Faut-il dépister le cytomégalovirus pendant la grossesse ?" (www.cngof.asso.fr). Guide du Conseil supérieur d'hygiène publique de France (section des maladies transmissibles) - Guide des conduites à tenir en cas de maladie transmissible dans une collectivité d'enfants. Mars 2003 (www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/maladie_enfant/accueil.htm).
Bibliographie spécifique aux laboratoires :
Consultez la bibliographie spécifique dans le Guide de lecture
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Mise à jour de la fiche : Janvier 2006
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