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Vibrations transmises à l’ensemble du corps

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Évaluation des risques

Identifier les postes et estimer l’exposition

L’évaluation des risques liés aux vibrations transmises à l’ensemble du corps doit permettre à l’employeur de mettre en place des actions de prévention pour maîtriser l’exposition vibratoire aux postes de travail.

L’évaluation des risques consiste à :

  • identifier les postes exposés (engins mobiles/équipements fixes et conditions d’utilisation),
  • déterminer les différentes tâches vibrantes et leurs durées effectuées par un conducteur/opérateur pour estimer son exposition vibratoire quotidienne A(8),
  • comparer les valeurs d’exposition estimées aux valeurs d’action et limite fixées par la réglementation (respectivement 0,5 m/s² et 1,15 m/s²).

D'autres facteurs doivent également être pris en considération lors de cette évaluation. Il s'agit, par exemple, d'une posture contraignante, d'une position assise prolongée… qui peuvent contribuer aux douleurs dorsales.

Mesure des vibrations produites par un transpalette avec un vibromètre

Identifier les postes utilisant des engins mobiles/équipements fixes

Il faut repérer dans l’entreprise les postes ou situations de travail nécessitant l’utilisation d'engins mobiles (engins de chantier, forestiers, agricoles, véhicules industriels et routiers…) ou d’équipements fixes (concasseurs, plates-formes vibrantes à béton par exemple) exposant l’ensemble du corps à des vibrations.

Un engin vibre différemment selon la façon dont il est utilisé et entretenu. Différents facteurs (liés à l’environnement de travail, aux accessoires ou au conducteur/opérateur) permettent de classer les conditions d’utilisation de ces engins en 3 niveaux :

  • sévère (terrain irrégulier, surface dégradée, vitesse inadaptée, mauvais réglage du siège…),
  • normale,
  • favorable (engins mobiles/équipements fixes équipés de suspensions correctement réglées et entretenues, conduite à faible vitesse sur sol régulier, opérateur bien formé, siège performant…).

 

Déterminer l'exposition vibratoire quotidienne A(8)

L’exposition vibratoire journalière A(8) (en m/s²) dépend de :

  • l’émission vibratoire de l'engin mobile/équipement fixe (accélération équivalente aeq en m/s²)
  • la durée réelle quotidienne d’exposition aux vibrations de l'engin mobile/équipement fixe.

Il convient donc d’estimer (ou de mesurer), pour chaque poste de travail, la valeur de ces deux grandeurs et d'en déduire par calcul la valeur de l’exposition quotidienne A(8) à partir des formules données dans l’arrêté du 6 juillet 2005.

Estimer l’émission vibratoire

L’émission vibratoire d’un engin mobile/équipement fixe transmise au conducteur/opérateur est caractérisée par la valeur d’accélération équivalente aeq (exprimée en m/s²). Cette valeur représente le résultat de la mesure faite sur l'assise ou la plate-forme de l'engin et relevée suivant l'axe dominant (à partir d'un mesurage effectué dans les trois axes principaux de l'engin).

Lorsque le conducteur est exposé à plusieurs sources de vibration, les émissions générées par chaque engin/tâche doivent être déterminées. La combinaison de ces émissions permet d’estimer la valeur d’exposition journalière A(8) (exprimée en m/s²).

 

Il existe trois méthodes pour apprécier l'émission vibratoire d'un engin mobile /équipement fixe :

Méthode 1

Des mesures de vibration ont été réalisées au poste de travail dans les trois axes de l'engin utilisé et ont permis de déterminer la valeur de l'accélération équivalente aeq.

Méthode 2

Aucun résultat de mesures vibratoires n'est connu, mais l'engin utilisé au poste de travail figure dans l'application "OSEV ensemble du corps" (décrite ci-après).
Cette application "OSEV ensemble du corps" (méthode simplifiée d’estimation de l’exposition vibratoire) permet d'estimer l’exposition journalière A(8) d’un conducteur en fonction du type d'engins et des conditions de son utilisation. Elle ne nécessite aucune mesure sur le terrain ni de connaissance vibratoire particulière. L'application simple et rapide gère elle-même les valeurs d'émission vibratoire aeq et repose sur une base de données de plus de 2000 mesures réalisées sur le terrain. Cette application est disponible sur ce site "Vibration" de l'INRS (Outil INRS n° 39).

Méthode 3

En l'absence de mesures réalisées au poste et si l'application OSEV ne référence pas l'engin mobile utilisé, il est possible d'estimer l'émission vibratoire de l'engin (accélération totale aeq) en se référant :

  • aux valeurs fournies par la littérature (généralement sous forme de graphes),
  • à des bases de données contenant des mesures vibratoires sur un engin/équipement identique,
  • à des mesures de vibration sur un engin identique,
  • et en dernier recours aux valeurs déclarées par le fabricant.

Suivant la source de ces données, il est possible de prendre en compte les conditions d'utilisation des engins (favorables, normales et sévères) pour pondérer la valeur de aeq.

 

Cas des valeurs d’émission vibratoire déclarées par les fabricants : une source d’erreur

La directive "Machines" 2006/42/CE impose aux fabricants, importateurs et fournisseurs d'engins/équipements dans un objectif de comparaison d’indiquer dans les notices d'instruction les valeurs d’émission vibratoire transmise au corps des opérateurs suivant des codes d'essais normalisés (ou à défaut la méthode d'évaluation suivie par le fabricant). Les codes d'essais ne représentant pas forcément des situations réelles de travail, il est déconseillé d'utiliser ces valeurs pour estimer l’exposition A(8). Cela peut être une source d’erreur importante. A ce jour, seuls les codes d'essais normalisés pour les chariots élévateurs industriels et aéroportuaires existent.

Note : En règle générale, les niveaux vibratoires mesurées sur des équipements vibrants fixes sont faibles et la valeur déclenchant l'action de prévention est rarement dépassée. En cas de doute, des mesures sont nécessaires.

Estimer la durée d’exposition quotidienne

La durée réelle quotidienne d'exposition T (en heures) prend en compte uniquement les périodes pendant lesquelles le conducteur est effectivement soumis aux vibrations par le ou les engins/équipements utilisés. Elle n’intègre donc pas les phases non vibrantes ou d’attente. En cas de difficulté pour évaluer la durée réelle d'exposition aux vibrations, il est possible de considérer une fourchette à partir d’hypothèses hautes et basses.

Estimation de la durée réelle d’exposition aux vibrations

Dans cet exemple, la durée totale d’exposition est de 7 h 30.

Durée réelle d’exposition : 2 exemples

  • Dans le cas d’un chariot, la durée réelle correspondra aux phases de roulement et ne prendra pas en compte les phases d’attente, même si le moteur du véhicule tourne (l’accélération équivalente est en effet très faible durant cette phase)
  • Dans le cas d’une pelle hydraulique, la durée réelle sera constituée des phases de roulement, d’excavation et de chargement et exclura les temps d’attente entre 2 chargements

Calculer l’exposition quotidienne

A partir de l’accélération équivalente aeq (en m/s²) et de la durée d’exposition T (en heures), il est possible de calculer l’exposition quotidienne A(8) (en m/s²) d'un conducteur/opérateur.

Dans le cas de l’utilisation quotidienne d’un seul engin mobile/équipement fixe :

A(8) = aeq (T/8)1/2

        

Si un conducteur utilise plusieurs engins au cours d’une journée de travail, il convient de calculer les expositions partielles Ai(8) séparément pour chacun d'eux. Son exposition globale A(8) est déterminée à partir de ses expositions partielles, soit :

Méthodes 1 et 3

A partir des deux grandeurs évaluées au préalable (accélération équivalente et durée), le calcul du A(8) est obtenu en appliquant les deux formules mentionnées ci-dessus. L'utilisation de la calculette vibration Ensemble du Corps (Outil INRS n° 48) facilite le calcul arithmétique du A(8) et ce pour plusieurs engins utilisées sur une journée de 8 heures.

Méthode 2

Pour déterminer la valeur de A(8), l'utilisateur de l'application OSEV doit répondre aux 3 étapes suivantes (Outil INRS n° 39) :

  • Etape 1 : choix par menu d'un ou plusieurs engins utilisé(s) quotidiennement
  • Etape 2 : réponse à un questionnaire basique sur les conditions d'utilisation de chaque engin
  • Etape 3 : entrée de la durée réelle d'utilisation de chaque engin

En final et selon les choix et les réponses faits, l'application calcule la valeur A(8) du conducteur.

La liste d'engins mobiles proposée par OSEV comporte les familles d'engins les plus courantes (dans les conditions habituelles d’utilisation). Elle n’est donc pas exhaustive et les valeurs obtenues à partir de cette application sont données à titre indicatif.

Le mesurage des vibrations

Les méthodes 2 et 3 ne remplacent pas les mesurages nécessaires à l’optimisation et à la vérification de l’efficacité d’une démarche de prévention. Le mesurage reste aussi nécessaire pour les engins non présents dans l'application OSEV ou dans des cas d'utilisation inhabituelle (conditions extrêmes…). Les entreprises qui souhaitent réaliser un mesurage, peuvent notamment s’adresser au service prévention de leur Carsat/Cramif ou CGSS.

La mesure de l’émission des vibrations transmises à l'ensemble du corps s’effectue à l’aide d’un vibromètre ou d’un exposimètre (appelé aussi dosimètre) qui doit satisfaire aux exigences de la norme EN 28041. Elle se fait selon les exigences des normes EN 14253 et ISO 2631-1 (compatibilité des accéléromètres avec la dynamique des signaux vibratoires …), et doit être réalisée par une personne compétente et d'expérience.

Comparer l'exposition aux valeurs réglementaires

Les valeurs d'exposition quotidienne calculées sont à comparer aux valeurs d'action et limite fixées par le décret (respectivement 0,5 et 1,15 m/s²). La calculette arithmétique et l'application OSEV donnent une interprétation des résultats par rapport à la réglementation.

Si la valeur d’exposition obtenue dépasse les valeurs réglementaires des mesures de prévention doivent être mises en œuvre. L'application OSEV décrit des pistes d'action envisageables et cite des brochures et fiches "Focus" se rapportant aux engins mobiles.

 Pour en savoir plus
Mis à jour le 02/02/2017
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