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Vibrations transmises aux membres supérieurs

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  4. Effets sur la santé des vibrations transmises aux membres supérieurs (rubrique sélectionnée)

Effets sur la santé

Syndrome vibratoire main-bras et TMS

Sur le long terme, l’utilisation régulière des machines vibrantes tenues à la main peut provoquer l’apparition de troubles au niveau des articulations (poignets et coudes), du système nerveux périphérique et de la circulation sanguine dans les doigts (syndrome de Raynaud). Les expositions répétées à des niveaux élevés de vibrations favorisent la survenue de ces troubles musculosquelettiques. L’ensemble de ces affections sont rassemblés sous le terme de syndrome vibratoire mains-bras.

Le syndrome vibratoire

L’exposition régulière aux vibrations peut être à l’origine de troubles vasculaires, neurologiques et musculosquelettiques (Norme FD CR 12349 : 1996).

Troubles vasculaires

L’exposition aux vibrations transmises aux membres supérieurs peut provoquer l’apparition de troubles de la circulation sanguine au niveau des mains. Ces troubles se traduisent dans un premier temps par un blanchiment des doigts, qui peut se compliquer de douleurs, ou de troubles de la sensibilité. Différents termes sont employés pour décrire ces affections : doigts morts, doigts blancs, syndrome de Raynaud d’origine professionnelle…

Les troubles se manifestent plus fréquemment lors d’une exposition au froid. Ils débutent habituellement à l’extrémité d’un ou plusieurs doigts. Si l’exposition aux vibrations se poursuit, ils peuvent s’étendre à la base des doigts. Lorsque la circulation sanguine se rétablit normalement (favorisée par la chaleur ou un massage local), les doigts deviennent rouges et sont souvent douloureux. Ces troubles évoluent par crises qui peuvent durer de quelques minutes à plus d’une heure. La fréquence, l'intensité et la durée des symptômes varient en fonction des caractéristiques des vibrations reçues et du froid. Ils sont réversibles à l’arrêt de l’exposition aux vibrations.

Lors d’une crise, l’opérateur concerné peut subir des troubles de la sensibilité des doigts accompagnés d’une perte de la sensation tactile et d’une diminution de la dextérité manuelle. Ceci peut interférer avec le travail à accomplir et accroître le risque de survenue d’un accident : lâcher d’objet, blessure avec un outil, chute…

Utilisation de piqueur sur un chantier de BTP

Troubles neurologiques

Les vibrations transmises aux membres supérieurs peuvent provoquer l’apparition de sensations d’engourdissement et de picotements des doigts et des mains. Ces symptômes tendent à s’aggraver (en durée, en fréquence et en intensité) si l’exposition se poursuit. Les opérateurs concernés peuvent présenter une réduction de la perception tactile ainsi qu’une dégradation de la dextérité manuelle.

Troubles musculosquelettiques

Les salariés exposés de façon prolongée à des vibrations peuvent souffrir de douleurs dans les mains et les bras accompagnées d’une diminution de leur force musculaire. Ces troubles ostéoarticulaires sont observés chez les opérateurs effectuant régulièrement un travail impliquant des contraintes physiques élevées.

La présence d’arthrose du poignet et du coude, ainsi que le durcissement de tissus mous (hyper ossification) au niveau des fixations de tendons, le plus souvent du coude, ont été observés chez des mineurs, des ouvriers de construction des routes et des opérateurs de machines à percussion dans la métallurgie.

D’autres troubles liés au travail ont été mis en évidence chez des opérateurs exposés à des vibrations : inflammation des tendons (tendinite) et de leurs gaines dans les membres supérieurs, maladie de Dupuytren (affection des tissus de la paume de la main), canal carpien...
 

Ces affections peuvent se révéler très invalidantes dans les activités professionnelles. Elles ont également des répercussions importantes sur la vie sociale et familiale des salariés atteints. Elles peuvent par exemple rendre difficile des actes simples de la vie quotidienne (boutonner une chemise…) ou compromettre certaines activités de loisirs (conduite de moto, sports de plein-air…).

La fréquence et la gravité de ces pathologies professionnelles dépend de différents facteurs liés à la tâche des opérateurs :

  • intensité, fréquence, durée de l’exposition aux vibrations
  • type de machine utilisé
  • efforts importants nécessaires pour tenir la machine (préhension, poussée…)
  • mouvements répétés
  • contraintes posturales (position du bras)
  • travail dans le froid

ou aux particularités des individus :

  • âge, force musculaire
  • tabagisme, prise de médicaments affectant la circulation sanguine périphérique…
  • pathologies préexistantes.

Une maladie professionnelle reconnue

Les affections vasculaires, neurologiques (ou angioneurotiques) et ostéoarticulaires liées à l’exposition aux vibrations émises par les machines ou les pièces tenues à la main sont reconnues depuis 1980 comme maladies professionnelles au titre des tableaux n° 69 du régime général de la Sécurité sociale et n° 29 du régime agricole.

Chaque année, environ 150 cas de ces différents types d’affections sont reconnus et représentent 8 millions d’euros de coût d’indemnisation. Ils touchent essentiellement des hommes de plus de 35 ans.               

Les chiffres clés de la sinistralité
(Source Assurance maladie- Risques professionnels)

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

191

188

154

157

162

131

144

Les chiffres clés 2011
Type d’affections reconnues Nombre de cas
Multisyndrome 4
Arthrose du coude 41
Ostéonécrose du semi-lunaire 54
Ostéonécrose du scaphoïde carpien 9
Troubles angioneurotiques de la main 16
Atteinte vasculaire cubito-palmaire 20
Total 144
Principaux métiers concernés Nombre de cas
Maçons, ouvriers du bâtiment (gros oeuvre) 46
Mécaniciens, ajusteurs 14
Charpentiers, couvreurs, zingueurs 12
Electriciens, plombiers, tuyauteurs 11
Tôliers chaudronniers 8
Autres 53
Total 144

Un opérateur exposé à des vibrations, atteint d’une pathologie ou d’un symptôme non inscrit dans les tableaux n° 69 (ou n° 29 pour le régime agricole) peut faire une demande de reconnaissance en maladie professionnelle. Cette demande sera traitée par le Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP) si l’affection provoque une incapacité importante (IPP supérieure à 25 %).

Vibrations main-bras et TMS

Un opérateur effectuant des tâches répétitives sur une chaîne de fabrication, associées à des postures contraignantes des membres supérieurs, par exemple le vissage à une cadence élevée avec une machine même peu vibrante et tenue à bout de bras en hauteur, sera aussi exposé à une possible apparition de trouble musculosquelettique (TMS), par exemple de type syndrome du canal carpien (tableau n° 57 pour le régime général et n° 39 pour le régime agricole).

Pour en savoir plus
Mis à jour le 23/09/2013
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