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Risques biologiques

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Prévention

La prévention doit être intégrée le plus en amont possible, en passant par des mesures d’organisation du travail, de protection collective et individuelle, ainsi que d’information et de formation du personnel. Ces mesures de prévention doivent être adaptées à l’activité professionnelle considérée.

Evaluer les risques

Mesures de prévention contre les agents biologiques

Comment empêcher la transmission des agents biologiques ?

Cette étape consiste à analyser les conditions d’exposition aux agents biologiques. La chaîne de transmission doit servir de fil conducteur à savoir :

  • Identifier le réservoir
    Dans certaines situations de travail le repérage des réservoirs est relativement facile (échantillons biologiques en laboratoire, malade pris en charge à l’hôpital…).
    Dans d’autres cas il s’appuiera sur :
    - les données rapportant les agents biologiques les plus probables ou les maladies les plus fréquemment rencontrées dans un type d’activité,
    - la présence d’un milieu favorable au développement d’agents biologiques (humidité, matières organiques, température).
  • Identifier les tâches, procédés ou équipements susceptibles de générer une exposition du travailleur
    Pour qu’il y ait exposition, il faut que les agents biologiques puissent sortir du réservoir ou que le salarié puisse avoir accès à ce réservoir.
    Par exemple un employé effectuant des travaux de maintenance sur une tour aéro- réfrigérante contaminée sera exposé au risque de légionellose lors des activités générant des aérosols (nettoyage au jet d’eau haute pression…).
  • Considérer la nature ou la modalité de l’exposition
    Examiner si l’exposition est possible par voie aérienne (inhalation de poussières ou de gouttelettes contaminées), par pénétration à travers la peau et les muqueuses, par contact avec la peau ou les muqueuses, par inoculation accidentelle (microblessure, piqûre, coupure…), ou par voie digestive (en portant les mains ou un objet contaminé à la bouche).
    Par exemple, une employée de crèche peut être infectée par le cytomégalovirus (CMV) en se frottant les yeux avec ses mains qu’elle a contaminées lors du change ou après avoir mouché un enfant enrhumé.
  • Apprécier la durée et la fréquence de l’exposition
    Pour certaines maladies infectieuses ou parasitaires, il suffit parfois d’une brève exposition pour être contaminé (par exemple pour la fièvre Q). A l’inverse pour d’autres, c’est la répétition de l’exposition qui installe la maladie. C’est le cas pour la pneumopathie d’hypersensibilité (PHS), une maladie du tissu pulmonaire. Elle se constitue progressivement lors d’une exposition chronique ou d’expositions régulièrement répétées à des moisissures ou des bactéries actinomycètes.

Place et limites de la métrologie dans l’évaluation

La métrologie des bioaérosols peut être utilisée afin d’évaluer l’exposition répétée des personnes à des endotoxines (centre de tri de déchets ménagers, usine de compostage…), des moisissures (affinage de fromages, fabrication de saucissons secs…), des mycotoxines…

En revanche, l’évaluation des risques infectieux ne requiert pas de métrologie puisqu’il peut parfois suffire d’une exposition ponctuelle pour être contaminé.
La métrologie des bioaérosols, qui consiste à mesurer la quantité et la nature des agents biologiques ou de leurs toxines dans l’air, est en pleine évolution.
Quelques méthodes sont actuellement suffisamment validées et standardisées pour être utilisées. Des méthodes de dosage des endotoxines et de certaines mycotoxines (ochratoxine A, fumonisines et aflatoxines) sont disponibles dans la base MetroPol.
Les mesures de terrain doivent être effectuées avec une stratégie adaptée à l’objectif des mesures :

  • évaluation de l’exposition des travailleurs (s’agit-il d’une enquête après plaintes de travailleurs, d’une mise en évidence de situations exposantes ?...),
  • contrôle de l’efficacité des moyens de prévention (confinement, captage et ventilation…)…

Les mesures doivent être répétées afin de tenir compte de la variabilité des expositions dans le temps.
Des prélèvements de référence doivent être effectués dans des zones supposées non contaminées (par exemple air intérieur/air extérieur ou local à problème/local sans problème…). Ces prélèvements de référence donneront une base comparative aux mesures d’exposition effectuées. En effet, sans ces mesures de référence, l’interprétation des résultats s’avère très difficile car il n’existe pas encore de valeur guide ou de valeur limite d’exposition professionnelle.

 

Voir « Échantillonnage et analyse des endotoxines dans l’air. Étude bibliographique », et « L’échantillonnage et l’analyse des aérosols microbiens ».

Hiérarchiser les risques

Une fois réalisée l’identification des situations dangereuses liées à un type d’activité, il convient pour chacune d’entre elles de tenir compte de la gravité des dommages potentiels et d’estimer la probabilité d’apparition. Cela permet de hiérarchiser les risques afin de déterminer les mesures de prévention à mettre en place de façon prioritaire.

Réduire les risques biologiques

Cette étape consiste à trouver des solutions de prévention. Elle nécessite de rompre la chaîne de transmission en agissant à différents niveaux ;

  • le réservoir,
  • les modes de transmission,
  • le salarié potentiellement exposé (procédures de travail et hygiène individuelle).

Ces mesures doivent être adaptées en fonction du secteur professionnel et des agents biologiques en cause.

Agir sur le réservoir

Empêcher la constitution d’un réservoir :
  • Nettoyer régulièrement les postes de travail
  • Vacciner des animaux, dépister et traiter en cas de maladie (par exemple chez les animaux de parcs zoologiques).
  • Ventiler les locaux de travail pour réduire l’humidité et limiter la prolifération de moisissures.
  • Effectuer un entretien adapté des tours aéro-réfrigérantes.
Détruire le réservoir :
  • Détruire un élevage de volailles atteintes par la grippe aviaire.
  • Lutter contre l’intrusion des insectes et des rongeurs susceptibles de diffuser des agents pathogènes.

Agir sur le mode de transmission

Confiner les procédés :
  • En laboratoire de microbiologie, travailler sous une hotte adaptée
  • Capoter les machines utilisant les fluides de coupe (ou les filtres presses dans les stations d’épuration)
Mettre en place des mesures d’isolement, par exemple :
  • A l’hôpital, en présence d’un malade contagieux)
  • Améliorer la ventilation générale des locaux de travail et en assurer les opérations de maintenance préventive, afin de réduire le risque de transmission par voie aérienne
  • Séparer les zones non contaminées (locaux administratifs, salle de restauration…) et les zones contaminées
  • Mettre en place des procédures de gestion des déchets
  • Limiter les projections (limiter l’usage des jets d’eau à haute pression) et la mise en suspension des poussières (aspirer plutôt que balayer)

Agir au niveau du salarié

  • Fournir les équipements de protection individuelle adaptés tels que gants, vêtements de protection, lunettes-masques, appareils de protection respiratoire.
  • Former le personnel à leur utilisation.
  • Mettre à disposition les moyens d’hygiène nécessaires (vestiaires séparés pour les vêtements de ville et les vêtements de travail, installations sanitaires, moyens de lavage des mains et du visage…). Toutes les facilités d’accès à des installations sanitaires propres et en bon état, y compris sur les chantiers mobiles et dans les véhicules, doivent être mises en place.
  • Faire connaître les mesures d’hygiène individuelle. Elles sont indispensables pour prévenir la transmission des agents biologiques par contact ou ingestion et protéger son environnement professionnel et familial.
  • Assurer le nettoyage des vêtements de travail. Quand l’employeur confie ce nettoyage à une entreprise extérieure, il l’avertit du danger que ces vêtements peuvent présenter.
     

Mesures d’hygiène individuelle

  • Ne pas boire, manger ou fumer sur les lieux de travail.
  • Ne pas entreposer d’aliments, de boissons, de médicaments ou de tabac dans les locaux où un risque biologique a été identifié.
  • Se laver les mains avant de manger, boire ou fumer, avant et après être allé aux toilettes, après tout contact potentiellement contaminant, notamment après le retrait des EPI.
  • Ne pas porter les mains ou un objet (stylo par exemple) à la bouche ou aux yeux.
  • En cas de piqûre, morsure ou coupure, laver immédiatement la plaie avec de l’eau potable et du savon puis désinfecter.
  • Protéger toute plaie avec un pansement imperméable.
  • Ranger les vêtements de travail séparément des vêtements de ville.
  • Dans certains secteurs, prendre une douche après le travail
  • Se changer avant de quitter le travail.

Le savonnage suffit à tuer la plupart des micro-organismes, comme par exemple le virus de la grippe. Dans le secteur de la santé, il peut être nécessaire d’effectuer un lavage hygiénique des mains à l’aide d’un savon ou d’un produit bactéricide et virucide.

Les solutions hydro-alcooliques peuvent être utilisées à la place de l’eau et du savon, uniquement sur des mains propres.
 

En complément, une ou plusieurs vaccinations peuvent éventuellement être proposées, en sachant qu’il n’existe qu’un nombre limité de vaccins disponibles au regard de la diversité et du nombre d’agents biologiques existants. Il est important d’être bien conscient de la place mais aussi des limites de la vaccination en tant que moyen de prévention des risques professionnels.

Place et limites de la vaccination dans la prévention du risque biologique en milieu professionnel

La vaccination consiste à stimuler les défenses immunitaires d’un individu vis-à-vis d’un agent biologique. Elle ne peut en aucun cas se substituer à la mise en place des mesures de prévention des risques biologiques : elle vient seulement les compléter. La vaccination ne permet pas de baisser la garde vis-à-vis des risques biologiques. Etre vacciné contre un ou plusieurs agents biologiques ne dispense pas du respect des règles de sécurité mises en place.
Le code du travail n'impose aucune vaccination. Seul le code de la santé publique rend obligatoire certaines vaccinations pour les personnes exerçant certaines activités professionnelles les exposant à des risques de contamination, notamment dans les établissements de prévention et de soins (article L. 3111-4). Il maintient par ailleurs la vaccination par le BCG pour certains étudiants et professionnels (articles L 3112-1, R.3112-1 et R.3112-2).
Après évaluation des risques poste par poste, le médecin du travail pourra conseiller à l’employeur la pratique d’une ou plusieurs vaccinations pour certains salariés. Si l’employeur donne son accord, tous les frais inhérents aux vaccinations sont à sa charge (article R. 4426-6 du Code du travail).


Aucune vaccination ne peut être pratiquée sans l’accord explicite du travailleur. Après information par le médecin du travail sur les risques encourus au poste de travail, sur les avantages et les limites de la vaccination et sur ses éventuels inconvénients, le salarié conserve le libre choix d’être vacciné ou pas, ainsi que le choix du médecin qui va procéder à la vaccination (médecin traitant, médecin du travail...).

Prévention des risques biologiques

Exemple dans un centre de tri de déchets

Dans un centre de tri des déchets ménagers il est procédé au tri des bouteilles en plastique, des canettes métalliques, des briques de lait et de jus de fruits… Il arrive que certains travailleurs souffrent de gêne respiratoire due à des bactéries, des moisissures ayant une action irritante ou allergisante. Ces agents biologiques prolifèrent généralement sur des restes alimentaires, surtout quand la température ambiante est élevée. Toutes les manipulations des déchets (déchargement à l’arrivée, chargement du convoyeur, tri manuel…) provoquent l’émission de poussières contaminées par des agents biologiques. Ces poussières sont transportées par l’air jusqu’aux voies respiratoires des travailleurs du centre de tri.

Exemples de mesures de prévention des allergies et des risques toxiniques en centre de tri d’ordures ménagères

Maladie

Niveau d’action

 

Agir sur la source de l’infection
Réservoir = déchets à trier

Limitation du développement des agents biologiques par des mesures d’organisation du travail (augmenter la fréquence des collectes, réduire le temps de stockage des déchets…) et par un nettoyage régulier des locaux.

Agir sur le mode de transmission
Transmission aérienne

Manutention des déchets au moyen d’une chargeuse équipée d’une cabine fermée, munie d’un dispositif de ventilation et de filtration.
Capotage des convoyeurs et captage des poussières.
Ventilation adaptée de la cabine de tri manuel.

Agir au niveau du salarié potentiellement exposé

Si les mesures de ventilation ou de captage à la source ne suffisent pas à protéger les travailleurs, port d’un appareil de protection respiratoire.

 

Information et formation du personnel

La prévention passe également par une information des salariés sur les risques encourus à leur poste et par la formation quant à la façon de se protéger (hygiène, protection collective et individuelle).

Il est important d’élaborer avec le médecin du travail une conduite à tenir en cas d’exposition accidentelle à des agents biologiques.

Rôle spécifique de certains acteurs

Les entreprises peuvent s’appuyer sur les services de santé au travail et sur les services de prévention des CARSAT, Cram et CGSS pour élaborer une démarche de prévention adaptée aux risques biologiques en milieu professionnel.

Pour certains secteurs d’activité (élevages, abattoirs, parcs zoologiques…), il peut être également utile d’associer le vétérinaire de l’établissement ou la direction départementale des services vétérinaires. Pour les milieux de soins, il est recommandé d’associer les hygiénistes, les Centre de Coordination de la Lutte contre les Infections Nosocomiales (CCLIN)…

Services de santé au travail

Les services de santé au travail regroupent différents types de personnel : médecin du travail, infirmier et IPRP notamment. L’équipe pluridisciplinaire est en charge d’actions collectives sur le terrain (études de poste, visites de locaux…).

Selon le cas (visite d’embauche, de reprise, suivi périodique), le suivi des salariés est assuré par le médecin du travail ou un infirmier de santé au travail, dans le cadre de protocoles écrits.

L’évaluation des risques sur les lieux de travail est une étape indispensable :

  • étude de postes et visite des locaux pour affiner le repérage des « réservoirs » et des modes de transmission possibles,
  • dialogue avec les opérateurs et l’encadrement pour évaluer la fréquence et la durée de l’exposition potentielle…

Les visites médicales périodiques et les entretiens infirmiers sont des moments privilégiés pour recueillir des informations sur les conditions d’exposition du salarié et son état de santé, et notamment pour prêter une attention particulière aux femmes enceintes exposées à un risque biologique, à un salarié immunodéprimé du fait d’une maladie ou d’un traitement, ou faire le point sur les vaccinations.
Pour en savoir plu voir surveillance médicale dans « Contexte réglementaire applicable ».

Pour en savoir plus
Mis à jour le 04/07/2014