Ce qu’il faut retenir
Risque biologique : qu’est-ce que c’est ?
On parle de risque biologique au travail lorsqu’une personne est susceptible d’être exposée, dans le cadre de son activité, à un ou plusieurs agents biologiques pouvant nuire à sa santé. Ces agents biologiques peuvent être :
- des bactéries (staphylocoque, Escherichia coli…) ;
- des champignons microscopiques comme les moisissures (Penicillium roqueforti…) ou les levures (Candida albicans…) ;
- des virus (grippe, hépatite, COVID-19…) ;
- des parasites (toxoplama, ténia, douve…) ;
- des prions ou agents transmissibles non conventionnels.
Les agents biologiques se développent dans des réservoirs (êtres vivants, sols, eau, déchets…). Les risques surviennent lorsqu’un salarié entre en contact avec un réservoir. Les contaminations peuvent se produire :
- par inhalation de gouttelettes ou de poussières contaminées ;
- par ingestion : en portant à la bouche des mains ou des objets contaminés (crayon, cigarette…) ;
- par contact avec la peau ou les muqueuses : contact avec des objets ou liquides contaminés, projection vers les yeux, le nez, la bouche ;
- par piqure ou coupure avec une seringue contenant du sang ou un objet souillé…
Risque biologique : quelles conséquences sur la santé ?
La plupart des agents biologiques sont inoffensifs pour l’homme. Cependant, certains peuvent être à l’origine de maladies, notamment :
- des infections : gastro-entérite, maladie de Lyme… ;
- des allergies : asthme, rhinite, allergies cutanées… ;
- des effets liés aux toxines libérées par certains agents biologiques : tétanos ;
- des cancers : cancer du foie lié aux virus de l’hépatite B ou C.
Les risques les plus fréquents en milieu professionnel sont les risques infectieux.
Certaines infections présentent des risques spécifiques en cas de grossesse ou de projet de grossesse. Certaines infections bactériennes (listériose, fièvre Q…), parasitaires (toxoplasmose…) ou virales (varicelle…) peuvent entraîner des complications pour la mère ou l’enfant à naître.
Risque biologique : qui est concerné ?
En milieu professionnel, les risques biologiques concernent de nombreuses activités. Certains salariés sont susceptibles d’être exposés à un agent biologique utilisé de façon délibérée dans un process de travail :
- laboratoire de recherche biologique ;
- industrie pharmaceutique ;
- industrie agroalimentaire ;
- activités de dépollution des sols, de l’eau, de l’air ;
- …
Certains environnements de travail peuvent également exposer les salariés à des réservoirs contenant potentiellement des agents biologiques pathogènes :
- travail au contact d’humains ou de produits d’origine humaine : personnel soignant, techniciens de laboratoire de biologie, métiers de la petite enfance… ;
- travail au contact d’animaux : éleveurs, vétérinaires, personnel des abattoirs… ;
- traitement et élimination des déchets : éboueurs, personnels des centres de tri des déchets ménagers ou des centres de valorisation des biodéchets, égoutiers… ;
- entretien et maintenance : personnel de nettoyage, employé de maintenance… ;
- …
Risque biologique : comment prévenir les risques en entreprise ?
La démarche de prévention s’appuie sur une analyse de la chaîne de transmission des agents biologiques consistant à identifier : les réservoirs d’agents biologiques, les travailleurs exposés et les modes possibles de transmission des agents pathogènes. L’objectif est de rompre la chaîne de transmission en agissant à plusieurs niveaux.
Agir sur le réservoir
Un objectif est d’agir le plus en amont possible, sur le réservoir en limitant la prolifération des agents biologiques potentiellement dangereux :
- nettoyer régulièrement les locaux et le matériel ;
- assurer une bonne ventilation des locaux pour limiter l’humidité qui favorise la croissance des micro-organismes ;
- désinfecter lorsque cela est nécessaire ;
- lutter contre les insectes ou animaux susceptibles de diffuser des agents pathogènes ;
- …
Agir sur l’exposition des salariés
Pour limiter les risques de transmission des agents biologiques, il est possible d’agir pour éviter ou limiter l’exposition des salariés :
- isoler les personnes contagieuses ;
- séparer les zones contaminées (ateliers de production...) des zones non contaminées (locaux administratifs, salle de restauration...) ;
- substituer les procédés émissifs pour éviter la dispersion des agents biologiques (préférer l’aspiration au balayage à sec…) ;
- capoter les procédés polluants et rejeter l'air aspiré à l'extérieur du bâtiment après filtration ;
- utiliser des conteneurs spécifiques adaptés pour éliminer les déchets contaminés ;
- …
Agir au niveau du travailleur
Quand la mise en place de mesures de protection collective n’est techniquement pas possible, ou qu’elle ne suffit pas, il peut être nécessaire de :
- fournir les équipements de protection individuelle (EPI) adaptés au risque résiduel (gants, vêtements de protection, lunettes, appareils de protection respiratoire…) ;
- mettre à disposition des moyens d’hygiène (vestiaires séparés pour les vêtements de ville et les vêtements de travail, installations sanitaires et moyens de lavage des mains et du visage…) ;
- informer et sensibiliser les salariés sur les mesures d’hygiène individuelle à respecter (lavage des mains, utilisation de solution hydroalcoolique…) ;
- assurer le nettoyage des vêtements de travail ;
- …
Le Code de la santé publique rend obligatoire certaines vaccinations pour les professionnels exposés. Dans certaines situations, une vaccination peut être recommandée par le médecin du travail.