Accès rapides :
Dossier :

zoonoses

Sommaire du dossier

Vous êtes ici :

  1. Accueil
  2. Risques
  3. zoonoses
  4. Prévention des zoonoses (rubrique sélectionnée)

Prévention

 

La prévention doit être intégrée le plus en amont possible, en passant par des mesures d’organisation du travail, de protection collective et individuelle, ainsi que d’information et de formation du personnel. Ces mesures de prévention doivent être adaptées à l’activité professionnelle considérée.

Evaluer les risques

Cette étape consiste à analyser les conditions d’exposition aux agents biologiques. La chaîne de transmission doit servir de fil conducteur, à savoir :

  • Identifier le réservoir, c’est à dire le lieu dans lequel prolifèrent ou s’accumulent les agents biologiques. Ce peut être l’animal lui-même, ses sécrétions (salive, urines…), ainsi que l’environnement souillé ou contaminé par les déjections (eau, locaux, outils…).
  • Identifier les tâches, procédés ou équipements susceptibles de générer une exposition du travailleur
  • Considérer la nature ou la modalité de l’exposition : exposition par voie aérienne (inhalation de poussières ou de gouttelettes contaminées), par contact avec la peau ou les muqueuses, par inoculation accidentelle (microblessure, piqûre, coupure…), ou par voie digestive (en portant les mains ou un objet contaminé à la bouche).

Réduire les risques biologiques

Il s’agit de trouver des solutions de prévention. Elles nécessitent de rompre la chaîne de transmission en agissant à différents niveaux :

  • le réservoir,
  • les modes de transmission,
  • le salarié potentiellement exposé (procédures de travail et hygiène individuelle).

Ces mesures doivent être adaptées en fonction du secteur professionnel et des agents biologiques en cause.

Réservoir

  • Empêcher la constitution d’un réservoir :

- S’assurer du contrôle sanitaire des animaux.

- Mettre en quarantaine des animaux nouvellement arrivés.

- Optimiser les conditions d’élevage.

  • Détruire le réservoir :

- Détruire un élevage de volailles atteintes par la grippe aviaire.

- Organiser des vides sanitaires.

- Désinsectiser, dératiser…

Modes de transmission

  • Mettre en place des mesures d’isolement des animaux malades.
  • Améliorer la ventilation générale des locaux de travail.
  • Séparer les zones non contaminées (locaux administratifs, salle de restauration…) des zones contaminées.
  • Limiter l’accès des personnels dans les lieux où séjournent des animaux malades.
  • Mettre en place des procédures de gestion des déchets.
  • Limiter les projections (limiter l’usage des jets d’eau à haute pression) et la mise en suspension des poussières (aspirer plutôt que balayer).
  • Mécaniser certaines tâches…

Travailleur

  • Fournir les équipements de protection individuelle adaptés tels que gants, appareils de protection respiratoire.
  • Former le personnel à leur utilisation.
  • Mettre à disposition les moyens d’hygiène nécessaires (vestiaires séparés pour les vêtements de ville et les vêtements de travail, installations sanitaires, moyens de lavage des mains et du visage…).
  • Faire connaître les procédures de travail et les mesures d’hygiène individuelle…

Mesures d’hygiène individuelle

Le respect des mesures d’hygiène individuelle est indispensable. Toutes les facilités d’accès aux installations sanitaires, y compris sur les chantiers mobiles et dans les véhicules, doivent être mises en place.

Principales mesures :

  • Se laver les mains avant de manger, de boire ou de fumer, après tout contact potentiellement contaminant, ainsi qu’avant et après être allé aux toilettes.
  • En cas de piqûre, morsure ou coupure, laver immédiatement la plaie avec de l’eau potable et du savon.
  • Protéger toute plaie avec un pansement imperméable.
  • Ne pas porter les mains ou un objet (stylo par exemple) à la bouche.
  • Eviter de porter des bijoux.
  • Dans certains secteurs prendre une douche après le travail.
  • Se changer avant de quitter le travail.

En complément, une ou plusieurs vaccinations peuvent éventuellement être proposée(s), en sachant qu’il n’existe qu’un nombre limité de vaccins disponibles au regard de la diversité et du nombre d’agents biologiques existants. Il est important d’être conscient de l’intérêt mais aussi des limites de la vaccination en tant que moyen de prévention des risques professionnels.

Place et limites de la vaccination dans la prévention du risque biologique en milieu professionnel

La vaccination consiste à stimuler les défenses immunitaires d’un individu vis-à-vis d’un agent biologique. Elle ne peut en aucun cas se substituer à la mise en place des mesures de prévention des risques biologiques : elle vient seulement les compléter. La vaccination ne permet pas de baisser la garde vis-à-vis des risques biologiques. Etre vacciné contre un ou plusieurs agents biologiques ne dispense pas du respect des règles de sécurité mises en place.

Le code du travail n'impose aucune vaccination. Les seules vaccinations rendues obligatoires par le code de la santé publique ne concernent pas les zoonoses mais les maladies transmises en milieu de soins.

Après évaluation des risques poste par poste, le médecin du travail pourra conseiller à l’employeur la pratique d’une ou plusieurs vaccinations pour certains salariés, en fonction des recommandations du calendrier vaccinal (vaccin contre la rage (TP 4) chez les vétérinaires ou contre la leptospirose (TP 8) chez les égoutiers par exemple). Si l’employeur donne son accord, tous les frais inhérents aux vaccinations sont à sa charge (article R. 4426-6 du Code du travail).

 

Aucune vaccination ne peut être pratiquée sans l’accord explicite du travailleur. Après information par le médecin du travail sur les risques encourus au poste de travail, sur les avantages et les limites de la vaccination et sur ses éventuels inconvénients, le salarié conserve le libre choix d’être vacciné ou pas, ainsi que le choix du médecin qui va procéder à la vaccination (médecin traitant, médecin du travail...).

Informer et former le personnel

La prévention passe également par une information des salariés sur les risques encourus à leur poste et par la formation quant à la façon de se protéger (hygiène, protection collective et individuelle).

Application de la démarche de prévention dans le cas de l’ornithose

L’ornithose est une infection pulmonaire transmise à l’homme par des oiseaux infectés, domestiques ou sauvages (perruches, perroquets, dindes, pigeons, canards...). Les bactéries responsables sont excrétées dans les fientes qui contaminent le plumage et l’environnement. Les fientes desséchées forment des poussières qui peuvent contaminer l’homme par inhalation.
Tout travail en présence d’oiseaux ou de leur environnement souillé (locaux d’élevage ou d’abattage, véhicules de transport, toitures souillées…) présente un risque d’exposition.
Les mesures de prévention doivent être adaptées à l’activité professionnelle considérée, comme illustré dans le tableau ci-dessous.

Niveau d'action

Animalerie d’oiseaux d’ornements

Abattoir de volailles

Nettoyage de combles souillés par de grandes quantités de fientes

Réservoir

  • Contrôle sanitaire à l’importation.
  • Optimisation des conditions d’élevage (densité des animaux, conditions de température et d’humidité…).
  • Protection contre les contacts avec les oiseaux sauvages.
  • Surveillance et détection de la maladie.
  • Traitement des oiseaux malades.

Pas d’action possible.

L’infection est souvent inapparente chez les volailles. De plus, elle n’est pas dépistée car elle ne rend pas la viande impropre à la consommation.

Empêcher l’accès des oiseaux (grillage…).

Mode de transmission

 

  • Isolement des animaux malades.
  • Limiter l’accès à ces animaux aux seules personnes nécessaires et après les avoir informées des risques et précautions à prendre.
  • Diminuer l’agitation des volailles (afin de limiter la mise en suspension de poussières contaminées).
  • Capter à la source et ventiler pour les postes d’accrochage, de saignée, de plumage.
  • Nettoyer les machines et les locaux en évitant l’utilisation de jets d’eau à haute pression.
  • Réduire la mise en suspension des poussières.
  • Humidifier les surfaces (si possible).

Salarié potentiellement exposé

  • Port d’appareil de protection respiratoire pour les soins aux animaux malades.
  • Port d’un appareil de protection respiratoire, pour les tâches les plus exposantes.
  • Port d’appareil de protection respiratoire.

 

Il n’existe pas de vaccin contre l’ornithose.
L’information et la formation sur les risques et les moyens de prévention doivent être délivrées à tous les travailleurs pouvant être exposés. Ils doivent également connaître les premiers symptômes de la maladie. Ainsi, en cas d’atteinte pulmonaire, ils pourront attirer l’attention de leur médecin sur l’éventualité d’une origine professionnelle de la maladie.

Rôle spécifique de certains acteurs

Les entreprises peuvent s’appuyer sur les services de santé au travail et sur les services de prévention des Carsat, Cramif et CGSS.
Pour certains secteurs d’activité (élevages, abattoirs, parcs zoologiques…), il peut être également utile d’associer un vétérinaire, (celui de l’établissement ou celui de la direction départementale des services vétérinaires), l e groupement de défense sanitaire...

 

Les services de santé au travail regroupent différents types de personnel : médecin du travail, infirmier de santé au travail et intervenant en prévention des risques professionnels (IPRP) notamment. L’équipe pluridisciplinaire est en charge d’actions collectives sur le terrain (études de poste, visites de locaux…).
Le suivi individuel des salariés est assuré par le médecin du travail ou, en ce qui concerne le suivi périodique, un infirmier de santé au travail et ce dans le cadre de protocoles écrits.
L’évaluation des risques sur les lieux de travail est une étape indispensable :

  • étude de postes et visite des locaux pour affiner le repérage des « réservoirs » et des modes de transmission possibles,
  • dialogue avec les opérateurs et l’encadrement pour évaluer la fréquence et la durée de l’exposition potentielle…

Les visites médicales et les entretiens infirmiers sont des moments privilégiés pour recueillir des informations sur les conditions d’exposition du salarié et son état de santé, et notamment pour prêter une attention particulière aux femmes enceintes exposées à un risque biologique, à un salarié immunodéprimé du fait d’une maladie ou d’un traitement, ou faire le point sur les vaccinations.

 

Mis à jour le 23/07/2015