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Bruit

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Effets sur la santé

Pour une journée de travail (8 heures), on considère que l'ouïe est en danger à partir de 80 dB(A). Si le niveau de bruit est supérieur, l'exposition doit être de plus courte durée. Si le niveau est extrêmement élevé (supérieur à 135 dB(A)), toute exposition, même de très courte durée, est dangereuse. Les effets sur la santé peuvent être multiples.

Fatigue auditive

A la suite d’une exposition à un bruit intense, on peut souffrir temporairement de sifflements d’oreilles ou de bourdonnements (acouphènes) ainsi que d'une baisse de l'acuité auditive. Cette fatigue auditive disparaît avec le temps si aucune nouvelle exposition au bruit ne survient.

Le bruit est cause de fatigue auditive même sous les seuils d’action de la législation.

Echoscan - un outil innovant de dépistage des risques auditifs

Vidéo de présentation du dispositif Echoscan

Vidéo de présentation du dispositif Echoscan

Le dispositif Echoscan mis au point par l'INRS permet d'évaluer de façon objective les performances de l'oreille interne et de dépister précocement des salariés exposés au bruit et /ou à des produits nocifs pour l'ouïe. Facile à manipuler, tenant dans le creux de la main, Echoscan teste le fonctionnement des oreilles internes et moyennes.

Surdité

L'exposition prolongée à des niveaux de bruits intenses détruit peu à peu les cellules ciliées de l'oreille interne. Elle conduit progressivement à une surdité irréversible. L'exposition à certains solvants, dits ototoxiques, peut amplifier ce phénomène. Aujourd’hui, on ne sait pas soigner la surdité. L'appareillage par des prothèses électroniques se contente d'amplifier l'acuité résiduelle, il ne restitue pas la fonction auditive dans son ensemble. Son efficacité reste donc limitée.

Stades de la surdité
1er stade surdité légère Le sujet ne se rend pas compte de sa perte auditive car les fréquences de la parole sont peu touchées.
2e stade surdité moyenne Les fréquences aiguës de la conversation sont touchées, le sujet devient "dur d'oreille" et ne comprend plus distinctement ce qui se dit.
3e stade surdité profonde et irréversible Le sujet n’entend plus, ou très peu, ce qui se dit.*

* Il existe d'autres surdités dont les causes sont sans rapport avec ce type d'exposition et qui peuvent, dans certains cas, être opérées ou corrigées.


La surdité peut être reconnue comme une maladie professionnelle selon des critères médicaux, professionnels et administratifs bien précis, qui sont stipulés dans le tableau n°42 des maladies professionnelles du régime général  et le tableau n°46 du régime agricole. Le tableau n°42 a été modifié plusieurs fois, notamment en 1981 et en 2003, quand les conditions de reconnaissance ont été élargies. Si bien que le nombre de surdités reconnues s'est accru brutalement dans les années qui ont suivi.
 

Un bruit soudain très intense, par exemple lors d'une explosion, peut entraîner une surdité brutale, totale ou partielle, réversible ou non. L'effet de souffle peut en effet entraîner une déchirure du tympan, mais aussi des lésions des cellules de la cochlée : c’est le traumatisme sonore aigu.
Seule la surveillance de l'audition par le médecin du travail permet de détecter la sensibilité d'une personne au bruit et de faire les bilans des pertes auditives.
 

Le choc acoustique

Les chocs acoustiques sont des événements électro-acoustiques rares et imprévisibles conduisant à des niveaux de bruit intenses (souvent courts) reçus dans les casques utilisés notamment par les opérateurs dans les centres d’appels téléphoniques. Ces dysfonctionnements proviennent généralement de mauvaises isolations (perturbations électromagnétiques / boucles de courant).
Conduisant parfois à des traumatismes sonores reconnus comme accident du travail (hyperacousie, décalage temporaire du seuil de l’audition), ils sont insupportables pour les salariés.

L’INRS propose une série de mesures (allant de la prise en charge immédiate à la correction et à la prévention) permettant de prévenir le risque auditif et de rétablir des conditions de travail satisfaisantes.

Le risque de choc acoustique concerne les opérateurs travaillant avec des casques téléphoniques

Que faire dans l’immédiat ?

Dès la survenue de l’évènement, il faut envoyer immédiatement l’opérateur qui a subi le choc acoustique chez un médecin ORL. Pour qu’un rendez-vous chez un médecin ORL soit obtenu rapidement, il peut être utile qu’un accord ait été préalablement engagé entre l’entreprise (éventuellement via le service de santé au travail) et un ou plusieurs médecins ORL.
Il pourra être utile au médecin ORL de disposer de l’audiogramme de référence du salarié pour effectuer son diagnostic.
En cas de lésion, une procédure de déclaration comme accident du travail  doit être engagée. En cas d’arrêt de travail dû au choc acoustique, un avis médical est nécessaire avant la reprise du travail.

Corriger le problème à la source

Quand le problème survient sur un plateau de centre d’appels, il faut noter toutes les informations qui pourraient être utiles au diagnostic de l’installation.
Principales informations à relever en cas de choc acoustique

  • Date et heure de l’incident
  • Description du bruit
  • Durée de la nuisance sonore
  • Nature de l’équipement utilisé par l’opérateur : casque, présence ou non de limiteur numérique, téléphone
  • Numéro de la ligne de l’interlocuteur (06, 09, 07…)

La recherche des causes des chocs acoustiques est en effet indispensable afin de corriger prioritairement le problème à la source. Une société spécialisée doit être le plus souvent mandatée.

Utiliser des protecteurs ou limiteurs numériques

Il est nécessaire d’équiper tous les postes de limiteurs numériques de dernière génération associés à des casques de même marque ou prévus pour fonctionner avec. Ces dispositifs de protection détectent et filtrent en principe les chocs acoustiques. Ils constituent une solution efficace en attendant de résoudre le problème à la source.
Ces protecteurs existent aujourd’hui sous 2 versions :

  • une version de base effectuant simplement le filtrage,
  • une version plus chère mais plus évoluée permettant en plus l’enregistrement du niveau sonore toutes les secondes et donc la surveillance permanente du niveau d’exposition de l’opérateur.

Bonne pratique : effectuer un audiogramme de référence

De manière générale, l'INRS préconise que les opérateurs du centre d’appels effectuent un audiogramme de référence lors de la visite d'embauche ou soient adressés au service de santé au travail ou chez un médecin ORL pour l'effectuer s'il n’a jamais été réalisé.
En effet, les opérateurs susceptibles d’être exposés à des chocs acoustiques ne doivent pas présenter de pertes auditives significatives. De plus, la connaissance antérieure de l’état de leur audition au cas où ils subiraient un choc facilite le diagnostic du médecin du travail ou du médecin ORL.

Former les opérateurs et l’encadrement sur la conduite à tenir

Une formation des opérateurs et de l’encadrement doit être organisée afin que les salariés du centre d’appels connaissent la conduite à tenir en cas de survenue d’un choc acoustique.
Que doit faire l’opérateur lorsque qu’un choc acoustique se produit ?

  • Retirer immédiatement son casque : le mieux est que l’opérateur le pose sur sa table et qu’il aille chercher son superviseur pour lui faire constater l’incident.
  • Signaler à l’interlocuteur, en se servant du microphone, que la communication va être interrompue.
  • Raccrocher. Le choc peut en effet se reproduire sur la ligne utilisée.

Autres effets sur l’organisme

Le bruit favorise le risque d'accident du travail pour plusieurs raisons

• le bruit exerce un effet de masque sur les signaux d'alerte ;
• le bruit perturbe la communication verbale ;
• le bruit détourne l'attention.

Le bruit peut aussi entraîner des effets néfastes pour d'autres fonctions que l'audition. Les effets non traumatiques du bruit se manifestent aux niveaux physiologique et émotionnel.

Troubles cardiovasculaires

Selon de nombreuses études, les troubles cardiovasculaires, en particulier l'hypertension, sont plus fréquents chez les travailleurs exposés au bruit. Ils ont tendance à augmenter avec l'ancienneté de ces travailleurs à un poste de travail bruyant. Il semble que ces troubles dépendent également du caractère prévisible ou non du bruit, du type d'activité exercée et d'autres facteurs de stress.

Troubles du sommeil

L'exposition au bruit pendant le travail a des conséquences négatives sur la qualité du sommeil. Par exemple, une exposition diurne de 12 heures à 85 dB(A) provoque une réduction du nombre et de la durée des cycles de sommeil ; si bien que le bruit interfère avec la fonction récupératrice du sommeil et peut entraîner une fatigue chronique. C'est d'autant plus vrai chez les personnes travaillant de nuit et devant dormir pendant la journée.

Stress

Le bruit peut aussi constituer un facteur de stress au travail dans la mesure où il est chronique, imprévisible et incontrôlable. La gêne liée au bruit est aussi associée à l'insatisfaction au travail, à l'irritabilité, à l'anxiété, voire à l'agressivité.

Baisse des performances cognitives

Enfin, le bruit détériore la performance des travailleurs dans les tâches cognitives, surtout lorsqu'elles sollicitent la mémoire à court terme. 45 à 55 dB(A) est un niveau sonore acceptable pour un travail nécessitant une attention soutenue.

Bruit et grossesse

Si le bruit peut provoquer des surdités chez les travailleuses enceintes, il pourrait représenter également un danger pour les fœtus. En effet, au cours des 3 derniers mois de grossesse, l’oreille interne du fœtus est particulièrement sensible. Les bruits riches en basses fréquences (inférieures à 250 Hz) traversent facilement les barrières naturelles qui protègent le fœtus (parois abdominales et utérines, placenta et liquide amniotique) et sont donc potentiellement dangereux pour l’audition des enfants à naître

Outre les risques de surdité, l’exposition prolongée au bruit peut avoir de multiples effets sur l’organisme : accidents, troubles cardiovasculaires, stress…


Pour en savoir plus
Mis à jour le 05/12/2014
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