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Amiante

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Effets sur la santé

L'expertise collective de l'INSERM de 1996 a réaffirmé que toutes les variétés d'amiante sont cancérigènes. Mais l'inhalation de fibres d'amiante peut aussi entraîner d'autres pathologies graves, comme l'asbestose, ou bénignes, comme les plaques pleurales.

Radiographie des poumons permettant de diagnostiquer une pathologie liée à l’amiante

Mécanisme toxicologique

Les fibres d'amiante sont constituées de faisceaux de fibrilles qui se séparent très facilement sous l'effet d'usinages, de chocs, de frottements... pour former un nuage de poussières très fines, souvent invisibles à l'œil nu.
 

La dimension des fibres est déterminante pour évaluer leurs effets sur la santé :

  • plus une particule est petite, plus elle peut pénétrer profondément dans l'appareil respiratoire ;
  • plus les fibres sont longues et fines, plus l'organisme a des difficultés à les éliminer, et plus elles sont dangereuses.
     

Les fibres retenues dans les poumons peuvent interagir localement avec les tissus et provoquer une inflammation du poumon et/ou du tissu qui l'enveloppe, la plèvre. Ces manifestations sont très progressives et ne se détectent pas facilement à un stade précoce. Si la quantité de fibres retenues est importante, une fibrose du poumon profond, l'asbestose, peut apparaître après plusieurs années.

Vue générale de l'appareil respiratoire de l'homme (poumons / plèvre)

Les cellules épithéliales des bronches sont également altérées par les fibres (divisions cellulaires perturbées). Dans certains cas et après un long temps de latence (entre le début de l'exposition et l'apparition de la maladie), une transformation cancéreuse peut survenir (cancer broncho-pulmonaire). Ces cancers broncho-pulmonaires seront d'autant plus fréquents qu'il existe une exposition concomitante à d'autres agents cancérogènes (effet du tabac notamment).
 

Enfin, certaines fibres vont avoir tendance à migrer vers l'extérieur de la cavité pleurale pour atteindre son enveloppe externe : la plèvre pariétale. A ce niveau, on pourra également voir se développer des zones de fibroses localisées (appelées plaques pleurales) ou, après une latence encore plus longue, un cancer de la plèvre : le mésothéliome.

Atteintes pleurales bénignes

On distingue plusieurs lésions pleurales qui peuvent coexister ou se succéder :

  • pleurésie bénigne : épanchement de liquide,
  • fibrose pleurale diffuse : sclérose consécutive à une pleurésie,
  • plaques pleurales (ou fibrose pleurale circonscrite) pouvant se calcifier au fil du temps,
  • atélectasie par enroulement : masse bénigne se développant au contact d'un épaississement de la plèvre.


Considérées comme un « marqueur d'exposition » à l'amiante, les plaques pleurales sont en général sans conséquence mais il arrive qu'elles entraînent des douleurs, voire une légère diminution de la capacité respiratoire. L’amélioration des techniques de surveillance, notamment l’utilisation du scanner thoracique, permettant une meilleure détection des plaques pleurales, a permis de recueillir de nombreuses données et d’étudier sur 5287 sujets le lien possible entre l’apparition des plaques pleurales et leur éventuelle implication dans le développement des mésothéliomes pleuraux. L’hypothèse de ce lien, longtemps controversée, ne peut plus être complètement écartée.
 

Les atteintes pleurales bénignes sont prises en charge au titre du tableau 30 du régime général et du tableau 47 du régime agricole.

Asbestose

Dans le cas d'empoussièrement important, l'amiante peut conduire à une sclérose du tissu pulmonaire : l'asbestose. Le risque d'asbestose et sa gravité dépendent du niveau et de la durée de l'exposition. Le temps de latence est très variable. Il est d'autant plus court que l'exposition à l'amiante a été élevée. Il est généralement compris entre 10 et 20 ans.
 

Il n'y a pas de traitement médical efficace de l'asbestose à ce jour. L'évolution est variable : dans plus de la moitié des cas, l'asbestose reste stable, mais elle peut progresser vers l'insuffisance respiratoire.


Toute asbestose s'accompagne d'un risque accru de cancer broncho-pulmonaire.
L'asbestose est prise en charge comme maladie professionnelle au titre du tableau 30 du régime général et du tableau 47 du régime agricole.

Cancers

La plupart des cancers liés à l'amiante concernent le tissu pulmonaire, les bronches (cancers broncho-pulmonaires) ou la plèvre (mésothéliome pleural).
 

Il arrive que des mésothéliomes apparaissent au niveau d'autres enveloppes que la plèvre : le péritoine (qui entoure les viscères), le péricarde (qui entoure le cœur) et le tissu testiculaire.
 

Le rôle de l'amiante dans l'apparition de cancers du larynx et des ovaires a été confirmé par le CIRC en mai 2009, celui dans l’apparition du cancer colorectal, du pharynx et de l’estomac est toujours controversé.
 

Dans tous les cas, les premiers symptômes ou signes radiologiques surviennent plusieurs années après l'exposition.

Cancer broncho-pulmonaire

L'exposition à l'amiante constitue à elle seule un facteur de risque de cancer broncho-pulmonaire, même en l'absence d'asbestose. Le risque d'atteinte tumorale est majoré par l'exposition à d'autres agents cancérogènes, en particulier la fumée de tabac.

Synergie tabac et amiante : risque de développer un cancer broncho-pulmonaire en fonction d'une exposition à l'amiante et/ou au tabac

 

Non exposé à l'amiante

Exposé
à l'amiante

Non exposé au tabac

1

5,17

Exposé au tabac

10,85

53,24

(d'après Hammon, Selikoff et Seidman)

Le cancer broncho-pulmonaire apparaît en moyenne 15 à 20 ans après l'exposition.

Dans un certain nombre de cas, on peut guérir d'un cancer du poumon, en particulier lorsque le diagnostic est précoce. Le traitement varie en fonction du degré d'évolution de la maladie, de la localisation des tumeurs et de l'état général de santé.

Lorsqu'il est lié à l'amiante, le cancer broncho-pulmonaire est pris en charge comme maladie professionnelle au titre du tableau 30 bis du régime général et du tableau 47 bis du régime agricole.

Mésothéliome

Le mésothéliome pleural est un cancer de la plèvre. Il est quasi spécifique d'une exposition antérieure à l'amiante. L'exposition à l'amiante qui est à l'origine d'un mésothéliome a pu survenir plusieurs dizaines d'années avant le diagnostic et avoir été de faible niveau. D'autres facteurs de risque sont suspectés (rayonnements, virus) mais sont encore controversés. Contrairement au cas du cancer broncho-pulmonaire, le tabac ne joue aucun rôle dans le risque de survenue d'un mésothéliome.
 

L'issue de ce cancer est généralement fatale en quelques mois car aucun traitement n'a encore fait preuve d'efficacité. Les essais thérapeutiques se poursuivent.
 

Le mésothéliome est pris en charge comme maladie professionnelle au titre du tableau 30 du régime général et du tableau 47 du régime agricole.
 

Depuis 2012, le mésothéliome a été décrété par le ministère chargé de la santé comme maladie à déclaration obligatoire : ceci permettra notamment d’évaluer l’incidence des expositions environnementales dans le développement de cette pathologie.
 

L'étude des gènes impliqués dans le mésothéliome a été entreprise à l'INRS dans le but de mieux comprendre la biologie du mésothéliome et de décrire le plus exhaustivement ses caractéristiques moléculaires. Les résultats de cette étude éclairent certains mécanismes pouvant expliquer la transformation de cellules saines de la plèvre en cellules malignes. Par ailleurs, la connaissance des gènes impliqués dans la résistance aux chimiothérapies permettra d'affiner les traitements.
 

D'autre part, un Programme national de surveillance du mésothéliome (PNSM) a été initié en 1998 par l'Institut de veille sanitaire (InVS). Une procédure spéciale d'enregistrement des cas de mésothéliome a été mise en place dans 17 départements puis étendue progressivement à 21 départements, intégrant notamment le département de la Haute-Corse particulièrement concerné par les expositions environnementales liées à la présence d’affleurements naturels d’amiante. Les résultats du PNSM, basés sur la modélisation, permettent d’estimer entre 43 000 (hypothèse basse) et 60 000 (hypothèse haute) le nombre de décès par mésothéliome d’ici à 2050. La mortalité par mésothéliome serait en train de diminuer et devrait se stabiliser vers 2030 au niveau de ce qu’elle était à la fin des années 1970.

Pour en savoir plus
Mis à jour le 16/12/2014