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Mesures de prévention

La démarche de prévention des risques chimiques doit être mise en œuvre pour éviter l’exposition des professionnels de santé au protoxyde d’azote lors de l’administration de Meopa.

La démarche de prévention de l’exposition des soignants au protoxyde d’azote s’appuie sur les principes généraux de prévention des risques professionnels. Cette démarche, qui relève de la responsabilité de l’employeur, se décline en plusieurs étapes et aboutit à la mise en œuvre de mesures de prévention adaptées aux risques identifiés.

Évaluer les risques : recenser les services utilisateurs de Meopa et identifier les risques 

L’évaluation des risques constitue le point de départ de la démarche de prévention. L’analyse de ses résultats permet de définir les mesures de prévention adaptées à l’utilisation du Meopa par le service concerné.
L’évaluation des risques passe par l’inventaire des volumes consommés et des services utilisateurs de Meopa. L’implication de la pharmacie de l’établissement est par conséquent indispensable dès cette étape.
Dans un second temps, l’évaluation des risques doit s’intéresser aux conditions d’administration du Meopa (type de soin, anxiété et niveau de coopération attendu des patients, dispositif d’administration…).
Cette étude permet de caractériser les risques, de définir les actions à mettre en œuvre et de définir les priorités au niveau de l’établissement.

Valider la pertinence de l’utilisation de Meopa pour chaque soin

À chaque soin, il est essentiel de considérer toutes les options disponibles d’analgésie et d’anxiolyse. Le Meopa ne doit être utilisé que s’il représente la meilleure ou la seule indication pour un soin donné, un patient donné et une situation particulière.

Isoler les soins sous Meopa

Si le Meopa est prescrit pour un soin, le nombre de personnes susceptibles d’y être exposées doit être limité autant que possible. Lorsque les soins sont pratiqués en intérieur, ceux-ci doivent avoir lieu dans un local séparé, auquel seules les personnes dont la présence est nécessaire ont accès.
Pour éviter que le gaz ne diffuse vers l’extérieur du local, dans l’idéal, un équilibrage de la pression du local par rapport à celle des locaux adjacents doit être recherché. Le renouvellement de l’air du local doit être assuré par une ventilation générale fonctionnant en permanence, avec rejet de l’air extrait à l’extérieur des bâtiments.

Maîtriser les émissions en contrôlant la libération de Meopa

La quantité de Meopa utilisée est dictée par la réponse du patient à ce médicament. Il est néanmoins possible d’agir pour limiter les déperditions de Meopa, tout en assurant l’efficacité de l’analgésie ou de l’anxiolyse du patient, son confort et la qualité des soins qui lui sont prodigués.

Une libération inutile de Meopa dans l’air doit être évitée en adoptant de bonnes pratiques, telles que, par exemple :

  • fermer la bouteille entre deux phases d’administration,
  • utiliser un masque de taille adaptée au patient pour limiter les fuites de gaz,
  • adapter le débit d’administration au patient en recherchant le débit efficace le plus faible,
  • utiliser une valve à la demande qui ne délivre du gaz que quand le patient inspire (comme un détendeur de plongée),
  • purger le dispositif d’administration uniquement lorsque cela est nécessaire.

Capter le protoxyde d’azote à la source par aspiration

Malgré l’élimination des libérations intempestives de Meopa, l’expiration du patient et les interstices entre le dispositif d’administration et le visage du patient restent des sources majeures d’exposition du personnel de soins au protoxyde d’azote.

Seul le captage de ces émissions au plus près de la bouche et du nez du patient permet de prévenir la pollution du local. L’efficacité de cette mesure de protection dépend des critères suivants :

  • à tout moment du soin, le captage doit être en fonctionnement et se trouver entre le visage du patient et les voies respiratoires du personnel ;
  • la vitesse d’aspiration doit permettre de capter l’intégralité des gaz expirés par le patient et du Meopa émis aux interstices du dispositif d’administration ;
  • après l’arrêt de l’administration de Meopa, le captage à la source doit permettre de continuer à capter les gaz exhalés par le patient qui demeurent chargés en protoxyde d’azote durant plusieurs minutes ;
  • les gaz captés doivent être rejetés à l’extérieur des bâtiments, idéalement par le biais d’un réseau d’aspiration dédié à cet usage, dans le respect des règles de protection environnementale ;
  • le captage à la source doit être complété par la ventilation générale du local, permettant d’évacuer toute pollution résiduelle ;
  • l’air extrait du local par le dispositif de captage et la ventilation générale doit être compensé par l’introduction d’un volume sensiblement égal d’air neuf.

Le captage à la source peut être réalisé grâce à différents dispositifs.
Lorsque les soins permettent son utilisation, le masque aspirant à double enveloppe est le dispositif qui a montré la meilleure efficacité au regard des tests menés à ce jour par l’INRS et les services prévention des Carsat de l’Assurance maladie – Risques professionnels. 
 

Principe de fonctionnement d’un masque aspirant à double enveloppe

Vérifier l’efficacité des mesures de prévention mises en place

Le protoxyde d’azote étant un gaz, la mesure de la concentration de protoxyde d’azote dans l’air constitue un moyen adapté de contrôle de l’efficacité des mesures de prévention mises en œuvre. L’élaboration d’une stratégie de prélèvement basée sur l’observation des postes de travail et la sélection des méthodes de prélèvement et d’analyse appropriées concourent à l’obtention de résultats représentatifs de l’exposition.

A l’heure actuelle, la mesure de la concentration atmosphérique constitue l’unique approche quantitative pour l’évaluation de l’exposition professionnelle au protoxyde d’azote. Malgré des tentatives de corrélation du taux de protoxyde d’azote dans les urines ou dans l’air expiré de personnes exposées avec la concentration de protoxyde d’azote inspiré par celles-ci, il n’existe pas à ce jour de méthodologie et de valeurs de référence établies pour la surveillance biologique des expositions professionnelles (SBEP) au protoxyde d’azote utilisables en routine en France.

Informer le personnel soignant sur les dangers du protoxyde d’azote et le former à l’administration de Meopa

La prévention de l’exposition au protoxyde d’azote dépend de l’usage de dispositifs adaptés aux soins ainsi que de l’application de bonnes pratiques.
Il est essentiel d’informer aussi bien les encadrants et le personnel amené à administrer le Meopa que tout personnel susceptible de participer aux soins sous Meopa des dangers du protoxyde d’azote et de les sensibiliser aux risques. Ces éléments sont indissociables de la formation technique et médicale à l’administration du Meopa.

Les protocoles de soins doivent donc aussi inclure toutes les mesures de prévention définies sur la base de l’évaluation des risques. L’organisation des services doit garantir leur respect dans la pratique quotidienne.

Agir avec le service de santé au travail et le service de prévention

Les membres du service de santé au travail et du service de prévention sont des interlocuteurs privilégiés pour la sensibilisation des personnels de soins aux risques liés à la manipulation de Meopa.

Un examen médical avant toute nouvelle affectation à un poste comportant l’administration de Meopa est conseillé. Les modalités du suivi médical des salariés affectés à un tel poste sont déterminées par le médecin du travail, qui s’intéressera notamment au traçage des expositions au protoxyde d’azote.

Compte-tenu des effets suspectés du protoxyde d’azote sur la reproduction, les salariées doivent être encouragées à informer le service de santé au travail de leur projet de grossesse ou de leur grossesse le plus tôt possible afin d’éviter les situations à risque.

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Mis à jour le 19/02/2021