Prévenir les risques chimiques

Une démarche efficace de prévention commence par l’identification des produits chimiques dangereux et l’évaluation des risques associés. L’objectif prioritaire est de supprimer ces produits ou de les remplacer par des alternatives moins nocives. A défaut, il convient de réduire l’exposition des salariés au niveau le plus bas possible.
Mis à jour le 22/06/2026

Protection collective contre les risques chimiques

Lorsque ni la suppression ni la substitution ne sont réalisables, les mesures de protection collective doivent être prévues de préférence dès la conception des procédés. Elles s’appliquent lors de l'utilisation des produits (manipulation, fractionnement, transvasement…), de leur stockage, des transports ou encore au cours de la gestion des déchets. Elles ont pour objectifs de :

  • réduire les quantités de produits chimiques dangereux présentes dans l’entreprise ;
  • réduire le nombre de salariés exposés ;
  • réduire la fréquence et la durée d’exposition des salariés aux risques chimiques.

Ces mesures de protection collective peuvent être d’ordre organisationnel ou technique. Elles doivent être mises en œuvre en priorité à des mesures de protection individuelle.

Exemples de mesures de protection collective visant à réduire le risque d’exposition au risque chimique

Mesures techniques

  • Mécanisation ou automatisation des procédés
  • Travail en vase clos et encoffrement
  • Réduction des émissions (abaissement de la température, abattage des poussières par brumisation...)
  • Captage des polluants à la source
  • Ventilation générale, assainissement

Mesures organisationnelles

  • Limitation du temps de travail aux postes exposés
  • Procédures d’achats de produits chimiques (prise en compte des quantités et conditionnements adaptés à l’utilisation)
  • Gestion des flux et du stockage des produits chimiques (stocks inutilisés, limitation des quantités stockées…)
  • Gestion des déchets
  • Procédures d’entretien des installations
  • Restriction de l’accès aux locaux

Les installations de protection collective doivent être conçues de façon à permettre un entretien aisé et à faciliter les interventions (mesures, maintenance, réparations).

L’efficacité des mesures de prévention est à évaluer régulièrement, notamment par le biais d’actions de mesurage. Il s’agit, par exemple, de contrôler le bon fonctionnement des installations de captage et si nécessaire de vérifier que les valeurs limites d’exposition professionnelle, quand elles existent, sont respectées. Si ces exigences ne le sont pas, l’employeur doit prendre des mesures correctives.

Système clos

Un système clos (ou travail en vase clos) est un système permettant le confinement maximal des produits ou procédés : tout contact entre les opérateurs et les produits concernés est évité.

Pour que le système soit efficace, toutes les opérations du procédé doivent respecter ce confinement total : transfert, transport des produits, production, purification, nettoyage et entretien, échantillonnage, analyse, épuration, élimination des déchets, stockage…

Concrètement, cela peut se traduire par une mécanisation du procédé, une adaptation ou automatisation de certaines tâches (transfert de produits par voie mécanique ou pneumatique, prise d’échantillons mécanisée, lavage des cuves sans ouverture…).

Il faut être particulièrement vigilant pour les opérations de maintenance de tels systèmes au cours desquelles ils peuvent être ouverts et donner lieu à des expositions.

Ventilation et assainissement de l’air

Les règles générales d’aération et d’assainissement des locaux de travail sont fixées par le Code du travail. Ces textes prévoient des règles très précises pour les locaux dits « à pollution spécifique », dans lesquels sont émis des polluants sous forme de gaz, de vapeurs, de poussières ou d’aérosols liquides. Des contrôles périodiques (techniques, chimiques, aérauliques) sont prévus par la réglementation et les résultats doivent être reportés dans le dossier d’installation.

La mise en place de dispositifs de captage des polluants au plus près de leurs points d’émission permet d’éviter que ceux-ci ne soient mis en suspension dans l’air et inhalés par les opérateurs. La ventilation générale ne peut être envisagée en tant que technique principale d’assainissement de l’air que si le recours à une ventilation locale est techniquement impossible ou lorsque les polluants sont peu dangereux et émis à un très faible débit. En effet, elle opère par dilution des polluants à l’aide d’un apport d’air neuf afin de diminuer les concentrations des produits dangereux pour les amener à des valeurs aussi faibles que possible. Mais elle ne réduit pas la quantité totale de polluants émis dans un atelier. Son emploi exclusif est généralement non satisfaisant et se traduit par l’existence d’une pollution résiduelle.

Dispositifs de ventilation, d’aspiration ou de captage sur des postes ou des procédés à pollution spécifique
  • Dispositif de ventilation dans un local dédié à la fabrication d'encres

  • Captage à la source des poussières de bois dans un atelier de menuiserie

  • Dispositif d'aspiration de poussières d'aluminium sur une machine d'usinage

  • Captation des fumées de soudage par le biais de torche aspirante

  • Principes du captage des polluants à la source

    Le captage à la source est une mesure qui consiste à canaliser le flux de polluants émis vers une installation de ventilation et d’élimination, évitant ainsi sa diffusion dans l’atmosphère du local de travail. Cette aspiration doit se faire au plus près du point d’émission, ceci afin d’optimiser l’efficacité du système et de réduire les débits nécessaires. Elle doit se faire en utilisant les mouvements naturels des polluants, avec des vitesses d’air suffisantes et bien réparties, sans courant d’air parasite et avec une entrée d’air de compensation. L’air pollué doit être rejeté, après filtration éventuelle, en dehors des zones où s’effectue le captage de l’air neuf, afin d’éviter de réintroduire une partie de la pollution dans le local.

    Encoffrement

    L’encoffrement consiste à mettre en place des barrières physiques (cloisons, parois, capotage…) qui empêchent le polluant mis en cause de se propager dans l’atmosphère. Il peut s’agir d’un :

    • encoffrement avec confinement (boîte à gants, sorbonne…) ;
    • encoffrement partiel (simples parois, cabine ouverte…) limitant l’émission.
    Différentes possibilités d’encoffrement avec confinement complet ou partiel pour la protection collective contre les risques chimiques
  • Travail sous sorbonne dans un laboratoire de recherche

  • Dans un stand de tir, nettoyage d'une arme dans une boîte à gants permettant de capter les poussières de plomb.

  • Préparation des produits de nettoyage dans une boite à gants ventilée

  •  

    L’encoffrement doit toujours être couplé à un système de captage : il en augmente l’efficacité.

     

  • Vue de l’intérieur d'une cabine de peinture

  • Palettes dans une cabine de peinture automatisée

  • Mécanisation

    Ensachage, ouverture de sacs, chargement de réacteurs, pulvérisation de solvants… Certaines opérations, non mécanisées, peuvent conduire à des expositions importantes des opérateurs. La mécanisation ou l’automatisation de telles tâches conduit à la réalisation d’opérations hors présence humaine.

    La mécanisation ou l’automatisation ne dispense pas d’une maîtrise des émissions des zones mécanisées vers les zones de travail des opérateurs (par exemple dispositifs de captage à placer au-dessus de robots de soudage).

    Réduction à la source des émissions

    Il est parfois possible de modifier les conditions opératoires d’un procédé afin de limiter les émissions de polluants. La température peut être abaissée, la pulvérulence des poudres réduite, un dispositif d’abattage à l’humide mis en place, etc.
    Certaines émissions peuvent être traitées à la source par filtration, adsorption, ou d’autres techniques séparatives. Le contrôle de l’efficacité de ces traitements est indispensable et n’affranchit pas de la ventilation des locaux.

    Par exemple, pour réduire les émissions de trichloramine dans les établissements aquatiques, il est possible d’agir sur différents paramètres responsables de la formation de la molécule dans l'eau et de sa concentration dans l'air des halls des piscines. L'INRS a développé un outil informatique, Aquaprev, pour aider à moduler ces paramètres et abaisser ainsi les expositions.

    Pour en savoir plus
  • Brochure
    Principes généraux de ventilation

    Principes généraux de ventilation

    Ce guide est destiné à fournir des réponses pratiques à toute personne à qui se pose un problème de conception, d'entretien, de fonctionnement et de contrôle d'une installation de ventilation.

  • Brochure
    L'assainissement de l'air des locaux de travail

    L'assainissement de l'air des locaux de travail

    Ce guide contient un bref rappel des méthodes de ventilation et des procédés actuels d'assainissement de l'air, des recommandations pratiques applicables à chaque procédé, et une méthode déductive permettant d'identifier les cas où le recyclage est applicable, ainsi que trois annexes techniques.

  • Brochure
    Le dossier d'installation de ventilation

    Le dossier d'installation de ventilation

    Ce guide est destiné à aider les utilisateurs et les installateurs de réseaux de ventilation dans la constitution du dossier d'installation. Il en explicite les exigences réglementaires et donne un exemple concret de réalisation d'un tel dossier.

  • Article
    Travail et sécurité, le mensuel de l'INRS

    La ventilation

    En limitant l'accumulation de polluants au sein des locaux de travail, la ventilation contribue à maîtriser essentiellement les risques chimiques, biologiques et d'explosion.

  • Outil
    AQUAPREV, un outil d'aide à la décision pour la mise en place d'actions de prévention

    AQUAPREV, un outil d'aide à la décision pour la mise en place d'actions de prévention

    Aquaprev permet d'estimer la concentration en trichloramine dans l'air des halls de piscines et de la situer par rapport à la valeur limite recommandée par l'ANSES de 0,3 mg.m-3.

  • Logiciel

    Logiciel Seirich

    Le logiciel Seirich permet aux entreprises de repérer, d’évaluer et de s’informer sur les produits chimiques utilisés dans l’entreprise. Il est téléchargeable sur seirich.fr

  • Brochure
    Le risque chimique

    Le risque chimique

    La plupart des activités exposent les travailleurs au risque chimique. Cette brochure vous donne les clés pour construire une démarche de prévention des risques professionnels.

  • Brochure
    Risque chimique. S'informer pour prévenir

    Risque chimique. S'informer pour prévenir

    Ce catalogue vous propose l'essentiel de nos productions (brochures, dépliants, affiches, vidéos, pages et outils web...) sur les notions générales relatives à la prévention du risque chimique sur le lieu de travail.

  • L'essentiel
    L'étiquetage des produits chimiques

    L’ étiquetage des produits chimiques

    Nouveaux pictogrammes, nouvelles classes de danger… Retrouvez toutes nos ressources pour vous aider à comprendre et mettre en place le système de classification et d'étiquetage des produits chimiques CLP (« Classification, Labelling and Packaging »).

  • Voir aussi
  • DOSSIER

    Agents chimiques CMR

    Certains agents chimiques peuvent avoir des effets cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction. Dénommés agents CMR, il est indispensable de les repérer pour prévenir les expositions.

  • Dossier

    Reproduction

    La démarche de prévention des risques pour la reproduction doit être adaptée au facteur de risque : agents chimiques ou biologiques, rayonnements ionisants, travail de nuit, port de charges…

  • Dossier
    Incendie et explosion

    Incendie et explosion

    Les incendies et les explosions sont à l’origine de blessures graves, voire de décès, et de dégâts matériels considérables. Chacun de ces risques fait l’objet d’une démarche de prévention spécifique dont l’objectif prioritaire est d’agir avant que le sinistre survienne.

  • DOSSIER

    Perturbateurs endocriniens

    Concernant les perturbateurs endocriniens, il convient de limiter l’exposition des travailleurs, particulièrement celle des femmes enceintes ou en âge de procréer, à un niveau aussi bas que possible.

  • Site

    Programme Risques chimiques Pros

    Assurance maladie - Risques professionnels

  • Réseaux sociaux

    LinkedIn : INRS - Risques chimiques

    Retrouvez toute l'actualité de la prévention du risque chimique sur la page LinkedIn de l'INRS