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Travail sur écran

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  4. Prévention des risques (rubrique sélectionnée)

Prévention des risques

Pour la prévention de la fatigue visuelle, il convient d'agir notamment sur l'organisation du travail, l'affichage à l’écran et l'implantation des postes. 
Pour la prévention des TMS, il convient d'agir notamment sur l'organisation du travail, l'aménagement des postes et la conception et le choix des dispositifs  d'entrée (clavier, souris, boule roulante…), en tenant compte des caractéristiques physiques du salarié. Le choix du matériel (fauteuil, table, souris, clavier, porte-copie, repose-pieds) est aussi déterminant.
Des actions dans tous ces domaines peuvent contribuer aussi à la prévention du stress, de même que des actions sur l'ergonomie des logiciels utilisés. Toutefois, elles peuvent s'avérer insuffisantes (Voir  dossier "Risques Psychosociaux").
Les recommandations ne sont à appliquer qu'après une analyse de l'activité du salarié  et information préalable de ce dernier.

Organisation du travail

Pour réduire l'astreinte musculosquelettique, on peut alterner les tâches sur écran et le travail de bureau ou multiplier les pauses.
Travailler toute la journée sur un écran n'est pas recommandé. Si cela s'avère impossible, il est alors impératif de respecter un régime de pauses qui doit être fonction de l'intensité du travail.

En pratique

Aménager une pause d’au moins 5 min toutes les heures si la tâche est intensive ou bien d'un quart d'heure toutes les 2 heures si la tâche l’est moins. Il faut bouger pendant les pauses.
Attention, les temps d'attente de réponses qui imposent la surveillance de l'écran ne sont pas des  pauses !

Pour la vision, quitter l’écran des yeux pour regarder au loin de temps en temps (environ toutes les 20 minutes) constitue une pause visuelle qui permet de relâcher l’accommodation.

Ecran

L'écran doit être mat. Il en est ainsi des moniteurs LCD. En revanche, la grande majorité des écrans des micro-ordinateurs portables présente des reflets miroir qui peuvent être source de fatigue visuelle. 
L'écran doit être de taille adaptée au travail à effectuer mais aussi au niveau de résolution (ou définition) envisagé. Pour bénéficier confortablement de la haute résolution, l’écran doit être de grande taille, sinon les caractères apparaissent trop petits.
L'écran doit être orientable et inclinable facilement.

Affichage

Un affichage sur fond clair est à privilégier car :

  • il est moins fatigant pour la vue qu'un affichage sur fond sombre
  • les reflets sont peu visibles
  • la couleur de fond est la même que celle des documents papier


Avec un écran brillant d'ordinateur portable, un affichage sur fond clair est impératif.
Pour la plupart des tâches en bureautique, il convient de ne pas utiliser plus de 2 ou 3 couleurs en plus de celle du fond. La couleur bleue est à éviter pour les caractères de petites polices et pour le curseur car elle est la moins bien perçue quand on fixe quelque chose ou avec l’avancée en âge. Par ailleurs, il faut veiller à ce que le contraste entre les caractères et le fond soit suffisant.
La lecture de documents scannés peut s’avérer difficile lorsqu’ils sont manuscrits, que la définition est trop basse et/ou que la qualité du scanner est insuffisante.
Enfin, étant donné l’amélioration de la qualité des écrans de visualisation et la généralisation du fond clair, les filtres d’écran ne présentent plus d’intérêt.

Implantation du poste de travail

Il est en général possible d'implanter de façon adéquate un poste de travail comprenant un ordinateur et ce, quelle que soit la configuration de la pièce. Il convient pour cela d'étudier l'éclairage, ainsi que  l'environnement sonore et thermique.         

Environnement lumineux

Le travail sur écran nécessite un éclairage spécifique, différent de celui du travail de bureau. Il convient d'analyser les éclairages naturels et artificiels et de les moduler pour éviter les éblouissements et les reflets.
La surface de vitrage d’un local destiné au travail informatisé ne devrait pas excéder le quart de la surface du sol et ce local ne devrait disposer de fenêtres que sur un seul côté.

Autant que possible, placer les écrans perpendiculairement aux fenêtres.

Si, malgré tout, les salariés ont le soleil dans les yeux ou sur leur écran au cours de la journée, il faut équiper les fenêtres de stores. Privilégier ceux à lamelles horizontales qui permettent de renvoyer plus ou moins de lumière vers le plafond en jouant sur l’orientation des lamelles et limitent la vision du ciel lorsqu’ils sont à moitié descendus.

Dans les bureaux paysagers, des cloisons mobiles ou certains mobiliers hauts peuvent constituer une protection contre le risque d’éblouissement.

L’éclairage artificiel préconisé peut être de type direct intensif, indirect voire mixte.

  • Un éclairage direct intensif est un éclairage dirigé vers le bas avec des luminaires équipés de grilles de défilement qui canalisent la lumière (comme l’eau sous la douche). Avec ce type d’éclairage, il convient de disposer les postes entre les luminaires.
  • Un éclairage indirect est un éclairage dirigé vers le haut ou vers un mur. Avec ce type d’éclairage, la lumière doit être dirigée vers le plafond, à l’aplomb du poste de travail ou, à défaut, au voisinage immédiat. Cette recommandation est également valable pour de l'éclairage mixte.

 

Les personnes consultant souvent des documents papier peuvent avoir besoin d'une lampe d'appoint si l’éclairement (quantité de lumière qui arrive sur une surface) de ces documents est inférieur à 200 lux, voire à 300 lux si ces personnes ont plus de 40 ans. Cette lampe devrait posséder soit une grille de défilement, soit un réflecteur qui distribue plus la lumière d’un côté que de l’autre (réflecteur asymétrique) ou être équipée de LED.

Les teintes pastel sont à privilégier aussi bien pour les parois que pour les mobiliers et les équipements informatiques.

Environnement sonore

Les unités centrales des ordinateurs ont tendance à être bruyantes. Le bruit provient du (ou des) ventilateur(s). Le niveau de bruit peut être réduit par le choix de :

  • boîtiers ou disques durs insonorisés,
  • ventilateurs plus silencieux,
  • modules permettant de réguler la vitesse des ventilateurs,
  • composants produisant moins de chaleur,
  • systèmes de refroidissement sans ventilateur.


Lorsque les postes sont équipés d’unités centrales volumineuses, le niveau de bruit au poste de travail peut être diminué en les plaçant au sol.

Environnement thermique

Les écrans LCD dégagent beaucoup moins de chaleur que les écrans cathodiques. Par ailleurs, des plantes vertes peuvent contribuer à préserver un taux d’humidité adéquat.

Repères chiffrés
Éclairement 300-500 lux pour écran à fond clair
200-300 lux pour écran à fond sombre
Température 21-23°C en périodes hivernales
Humidité relative 40-60 %

Aménagement du poste de travail

Choisir un mobilier respectant les normes en vigueur, autant que possible réglable. Il faut aussi veiller à offrir assez d'espace aux salariés pour qu'ils puissent bouger, changer de position, étendre leurs jambes, accéder aisément à leur documents...

Le mobilier doit être choisi et réglé en fonction des caractéristiques physiques de l'utilisateur.

L'aménagement optimal est celui qui permet une posture adéquate, à savoir :

  • Les pieds reposent à plat sur le sol de préférence ou sur un repose-pieds permettant de maintenir les pieds à plat lorsque le plan de travail n’est pas réglable en hauteur,
  • L'angle du coude est droit ou légèrement obtus,
  • Les avant-bras sont proches du corps,
  • La main est dans le prolongement de l'avant-bras,
  • Le dos est droit ou légèrement en arrière, et soutenu par le dossier.

 

Fauteuil

Le fauteuil doit être choisi en fonction des critères suivants :

  • Dossier et assise réglables
  • Accoudoirs réglables en hauteur ou par défaut, courbés vers l'avant
  • Profondeur permettant au salarié  d'appuyer le bas de son dos sans que le bord avant n'exerce de pression derrière les genoux
  • Rembourrage ferme offrant un bon appui
  • Tissu de revêtement poreux permettant une circulation de l'air

Si le salarié surveille des écrans haut placés, un appuie-nuque est nécessaire.

Les sièges avec appui sur les genoux sont à proscrire, à moins d'une utilisation très ponctuelle, car ils entraînent des problèmes de circulation sanguine dans les jambes.

Plan de travail

Repères chiffrés
FAUTEUIL Hauteur de l'assise
Profondeur de l'assise
Hauteur du dossier
42-51 cm
40-42 cm
45-55 cm
PLAN DE TRAVAIL Hauteur
Profondeur
Écart avec l'assise
65-74 cm
80-110 cm
20-26 cm
REPOSE-PIEDS Largeur
Hauteur
Inclinaison
> 40 cm
4-15 cm
0-15°

Un plan de travail à 2 plateaux réglables en hauteur (un pour le moniteur et un pour le clavier et la souris) est à privilégier lorsque les postes sont en libre service ou lorsque le poste est occupé par une personne en fauteuil roulant.

Des mobiliers permettent d'alterner entre travail assis et travail debout. Ces mobiliers sont réglables en hauteur soit manuellement, soit électriquement. Pour un travail debout, les recommandations concernant le positionnement de l'écran et des dispositifs  d'entrée sont les mêmes que pour un travail assis.

Ecran

 

  • Hauteur de l'écran

Pour établir un compromis entre vision et posture, le haut du moniteur doit se situer au niveau des yeux. Toutefois, si le salarié  porte des verres progressifs, l’écran doit si possible être à moitié encastré dans la table. A défaut, il sera directement posé sur la table, sans support. Une autre solution est le port de verres correcteurs spécifiques au travail sur écran.
 

  • Distance œil - écran

En alphanumérique, la distance optimale entre l’œil et l’écran dépend principalement  de la taille des caractères ou des chiffres affichés. Elle augmente avec la taille des caractères ou des chiffres.

Avec de l'affichage alphanumérique, la distance optimale œil-écran est égale à 170 fois la taille des caractères majuscules ou des chiffres. Lorsque l'affichage est uniquement iconographique (surveillance vidéo…), la distance optimale œil-écran est égale à 4,5 fois la diagonale de l'image.
 

  • Travail sur micro-ordinateur portable

Pour les salariés qui travaillent sur un micro-ordinateur portable, il existe des rehausseurs qui permettent de placer le haut de l’écran à hauteur des yeux. Il s’agit d’un plan incliné sur lequel le clavier est posé. Un clavier standard doit alors être connecté au portable pour préserver des conditions optimales de frappe au clavier.

  • Travail sur plusieurs écrans

Si le salarié  travaille sur 2 écrans et que l'un est beaucoup plus consulté que l'autre, il convient de le placer face au salarié. Dans le cas contraire, les 2 écrans sont placés symétriquement par rapport au salarié. Si les 2 écrans ne font qu'un seul du point de vue de l'affichage, il peut être utile d'augmenter la vitesse de déplacement du curseur d'un écran à l'autre.

Si le salarié  travaille sur 3 écrans, il convient de les disposer en arc de cercle pour avoir la même distance entre l'œil et ces affichages.

Avec 4 écrans ou plus, il faut que le salarié  puisse se déplacer avec son siège qui doit donc posséder des roulettes.

Dans les tous les cas, les écrans doivent être accolés et la polarité d'affichage devrait être la même sur tous.

  • Travail sur écran tactile

La norme ISO 9241 dans sa partie 410 précise que les écrans tactiles orientés verticalement doivent permettre de positionner les cibles de contact à une hauteur inférieure à celle des épaules. L’écran tactile doit être inclinable, déplaçable et réglable en hauteur.

Les écrans tactiles orientés horizontalement doivent permettre de positionner les cibles de contact à une hauteur égale ou inférieure à celle des coudes.

Porte-document

Lorsque le salarié  travaille à partir de documents papier, un porte-document (ou porte-copie) est utile. Celui-ci doit être placé à une hauteur et une profondeur qui minimisent la fatigue de la nuque et des yeux : à côté de l’écran ou entre le clavier et l’écran.

Si le salarié  a besoin de placer ses documents devant lui pour y écrire, un support de document amovible peut être placé devant l'écran sans avoir besoin de repousser le clavier. 
La distance œil-document doit être d'au moins 70 % de la distance œil-écran.

Dispositifs d'entrée

Clavier

Le clavier doit être inclinable, dissocié de l'écran et avoir une surface mate pour éviter les reflets. Son épaisseur moyenne ne devrait pas excéder 3 cm.

L'épaisseur et l'inclinaison du clavier doivent limiter l'extension des poignets, c'est pourquoi il n'est pas conseillé d'en déplier les pieds. Le clavier doit se situer en face du salarié  mais pas au bord du plan de travail pour permettre l’appui occasionnel des mains et des avant-bras. Une distance de 10 à 15 cm entre le bord du plan du travail et la barre d'espacement du clavier permet cet appui. Il faut  éviter de poser continuellement les poignets sur le bord du bureau pendant la frappe. Celle-ci doit donc être effectuée avec les poignets le plus souvent "flottants".

Souris

La taille et la forme de la souris doivent être adaptées à celles de la main. La souris peut être positionnée dans le prolongement de l’épaule, l’avant-bras étant appuyé sur la table ou devant le clavier si celui-ci est très peu utilisé.

Les souris verticales permettent une posture plus neutre de l'avant-bras. Elles tendent à réduire la charge musculaire de l'extrémité du membre supérieur, surtout si la ligne naturelle main – avant-bras est respectée. Les souris verticales présentant une inclinaison constituent un bon compromis entre posture, ressenti et performance.
Si les recommandations pour l’emploi du clavier et de la souris sont respectées, l’utilisation d'un repose-paume n’a aucune justification.
Il existe une large gamme de dispositifs  d’entrée destinés aux salariés présentant un handicap moteur (clavier pour une main, clavier à grandes touches…).

Logiciel


Le logiciel doit être adapté à la tâche à exécuter et d'un usage facile et adapté au niveau de connaissance et d'expérience de l'utilisateur.

Les systèmes informatiques doivent fournir aux travailleurs des indications sur leur déroulement et afficher l'information dans un format et à un rythme adaptés aux salariés.

La densité de l'information affichée doit être telle qu'elle ne soit pas perçue par l'utilisateur comme trop encombrée. Pour de nombreuses interfaces en mode caractère, une limite de 40 % de la surface de l'écran est convenable.

S'il est nécessaire d'afficher ou de manipuler des informations provenant de différentes sources, il convient d'envisager l'utilisation de plusieurs fenêtres ou d'une fenêtre unique contenant plusieurs entrée/sortie. En cas de multifenêtrage, il est  préférable d'avoir une juxtaposition des fenêtres plutôt qu'un recouvrement pour les salariés  débutants.

Il convient que les messages d'erreur indiquent les éléments incorrects et les actions à entreprendre pour corriger les erreurs.

Si la réponse du système à l'exécution d'une option est retardée (plus de 3 s après initiation), il convient de fournir à l'utilisateur une indication l'informant que le système est en train de traiter la demande.

Si le document papier est utilisé comme source d'entrée dans l'ordinateur, il convient que l'écran destiné aux dialogues de type remplissage de formulaires soit conçu de manière cohérente avec la structure de ce document papier.

Pour en savoir plus
Mis à jour le 10/02/2015