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Rayonnements ionisants

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  4. Exposition aux risques (rubrique sélectionnée)

Exposition aux risques

Sources et niveaux d’exposition

Il y a trois sources principales d’exposition :

  • naturelle ;
  • industrielle ou médicale ;
  • environnementale du fait des activités humaines impliquant la radioactivité.


Sont présentés ci-après quelques ordres de grandeurs de niveaux d’exposition couramment rencontrés, dans la vie de tous les jours ou en milieu professionnel.

Quelques niveaux d’exposition rencontrés dans la vie de tous les jours

Niveau d’exposition

Nature de l’exposition

 

 

 

 

 

 

Doses efficaces
(en milliSievert)

0,02 mSv

Radiographie pulmonaire de face (exposition du patient)

0,04 mSv

Trajet Paris-New-York en avion

1 mSv

Irradiation médicale moyenne de la population générale en France (dose estimée par an et par personne)

2 mSv

Irradiation cosmique du personnel navigant de l’aviation (dose estimée par an et par personne)

2,4 mSv

Irradiation naturelle moyenne de la population générale en France (dose estimée par an et par personne)

D’après les données de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN, 2002) et pour le personnel navigant, d’après l’United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation (UNSCEAR, 2000)

Niveaux d’exposition externe rencontrés en milieu professionnel

D’après les données de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN, 2014, expositions 2013). Les valeurs sont mesurées par des dosimètres individuels portés au niveau de la poitrine (mesurant une dose de rayonnements X, gamma et neutrons, représentative de la dose efficace reçue par le porteur.

(a) Le domaine nucléaire inclut également le transport de matières radioactives dans les activités liées à ce domaine. (b) Le domaine de la recherche et de l’enseignement inclut la recherche médicale, les activités au sein des installations de recherche liées au nucléaire, la recherche (autre que médicale et nucléaire) et l’enseignement. (c) La catégorie « Autres » regroupe les secteurs d’activité suivants : la gestion des situations de crise, l’inspection et le contrôle, les activités à l’étranger, les activités de transports de sources dont l’utilisation n’est pas précisée ainsi que les activités non classées d’après la nomenclature. Le secteur des activités à l’étranger n’est encore que peu identifié en termes de classification des travailleurs, avec la difficulté supplémentaire dans le cadre du bilan annuel que les activités à l’étranger sont souvent conduites une partie seulement de l’année.

Limites d’exposition aux rayonnements ionisants, en dose efficace

Domaine d’application

Limite

Public

1 mSv/an *

Professionnel (travailleurs exposés)

Sur 12 mois consécutifs, 6 mSv/an ou 20 mSv/an suivant les catégories de travailleurs

* La limite réglementaire pour le public doit être comprise comme venant en plus des expositions d’origine naturelle (non liées aux activités humaines impliquant la radioactivité).

Exposition naturelle

L’irradiation naturelle externe trouve son origine dans le rayonnement cosmique (résultant du choc de particules de haute énergie provenant du soleil et des étoiles avec les atomes de l’atmosphère) et le rayonnement tellurique (lié aux radioéléments présents dans la croûte terrestre).
L’exposition au rayonnement cosmique varie avec l’altitude (double tous les 1 500 mètres). Elle est en moyenne égale à 0,35 milliSieverts (mSv) par an.
L’exposition au rayonnement tellurique est surtout liée à la présence d’uranium et de thorium dans le sol. En France, elle varie de 0,2 à 0,8 mSv par an (avec une moyenne de 0,4 mSv). Elle est surtout élevée dans les régions granitiques de Bretagne et du Massif central. Dans d’autres régions du monde où le sol est riche en thorium, elle peut dépasser 15 mSv par an.
L’exposition interne d’origine naturelle est due aux radioéléments présents dans le sol et qui se retrouvent en petite quantité dans les aliments et l’eau potable (exposition interne par ingestion) et au radon présent dans l’air inspiré (exposition interne par inhalation).
L’irradiation naturelle totale est variable selon la localisation géographique. En France, elle est estimée à 2,4 mSv par an et par habitant.

Radon dans l’atmosphère des locaux de travail

Dans les établissements considérés comme exposés au radon en raison de la situation de leurs lieux de travail, l’employeur doit mesurer l’activité « radon ».
Si l’activité volumique moyenne annuelle de radon dépasse 400 Becquerels/m3 (Bq/m3), il doit mettre en œuvre les actions nécessaires pour réduire l’exposition au radon.
Dans les cas les plus simples, le fait de ventiler naturellement et régulièrement les locaux suffit le plus souvent à prévenir les risques d’exposition importante au radon.
Dans les cas les plus complexes, des solutions complètes devront être étudiées et mises en oeuvre : revêtements spécifiques, ventilation double flux ; il peut être parfois nécessaire de limiter le temps de présence au poste de travail concerné.
Si l’activité volumique moyenne annuelle de radon dépasse 1000 Becquerels/m3 (Bq/m3), l’employeur est soumis aux dispositions du code du  travail concernant la prévention aux rayonnements ionisants.

Exposition professionnelle

Le secteur médical a été historiquement le premier à utiliser couramment des sources radioactives (radiothérapie, radiodiagnostic). Aujourd’hui, de nombreuses techniques utilisant ce type de sources ont des applications industrielles et sont très répandues : radiographie, analyse et contrôle, jauges et traceurs, désinfection ou stérilisation par irradiation, conservation des aliments, chimie sous rayonnement, détection de masses métalliques dans les aéroports, etc.

Dans l’industrie, les sources de rayonnements ionisants trouvent de nombreuses applications. Ici, un appareil de gammagraphie utilisé pour la vérification des soudures métalliques.

Sources radioactives : caractéristiques et utilisation

Type de source

Caractéristique

Exemples d’utilisations

Principaux risques d’exposition

Sources scellées

Constituées de substances radioactives scellées dans une enveloppe inactive qui empêchent leur dispersion dans les conditions normales d’utilisation.

- Jauges d’épaisseurs (ß, γ)
- Détecteurs de plomb
- Contrôles de soudure (γ)
- Jauges de densité ou de niveau (γ)
- Humidimètres (neutrons)
- Utilisations thérapeutiques médicales

- Appareils défectueux
- Mauvaise utilisation (règles de radioprotection non observées)
- Perte ou vol de la source

Sources non scellées

Constituées de substances radioactives (solides, liquides ou gazeuses) contenues dans des enveloppes non étanches et présentant un risque de dissémination dans des conditions normales d’utilisation.

- Traceurs industriels- Médecine nucléaire diagnostique (γ)
- Médecine nucléaire thérapeutique

Dissémination possible des produits (dispersion, mise en suspension dans l’air, contaminations diverses)

Appareils électriques générateurs X et accélérateurs de particules

Produisent un rayonnement par des procédés physiques (tels les tubes radiogènes ou les accélérateurs de particules)

- Radiologie industrielle et médicale (X)
- Accélérateur industriel
- Analyses de laboratoires (X)
- Radiothérapie (X, électrons)

Risques analogues à ceux des sources scellées, à ceci près qu’il n’y a risque d’exposition que si l’appareil est en fonctionnement

 

Pour rappel, l’exposition professionnelle aux rayonnements ionisants peut se produire dans les cas suivants :

  • localisation des lieux de travail (altitude pour le rayonnement cosmique, teneur dans le sol en radioéléments pour le rayonnement tellurique) ;
  • utilisation professionnelle de matières contenant naturellement des radioéléments (et utilisées pour d’autres propriétés que leur radioactivité) ;
  • utilisation de sources de rayonnements ionisants (dans des conditions normales) ;
  • travail en présence ou à proximité de sources de rayonnements ionisants ;
  • accident ou incident, dont les principales causes sont des défaillances du matériel (fuites radioactives) ou un manque de formation des personnels utilisateurs du matériel.


Selon les circonstances, cette exposition peut être externe ou interne (ingestion, inhalation ou pénétration par contact de substances radioactives).
Les trois derniers cas (utilisation de sources de rayonnements ionisants, travail en présence ou à proximité de sources, incident ou accident), concernent aujourd’hui plus de 270 000 travailleurs (hors industrie nucléaire, c’est à dire industrie non nucléaire, médical et recherche).

Mis à jour le 18/06/2015
Formation INRS