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Heurts, glissades et autres perturbations du mouvement au travail

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Statistiques et conditions de survenue des accidents

Les accidents avec perturbation du mouvement sont très fréquents et parfois graves. Ils résultent de la combinaison de facteurs d’accident liés à toutes les composantes de la situation de travail : l’environnement matériel, la tâche réalisée, les outils utilisés, l’organisation du travail…

Des accidents du travail très fréquents et graves

Chaque année et pour l’ensemble des entreprises relevant du régime général d’assurance maladie, plus d’un travailleur sur 100 est victime d’un accident du travail avec arrêt occasionné par une perturbation du mouvement. Ces perturbations du mouvement, à l’exclusion de celles qui occasionnent une chute à partir d’une situation de travail en hauteur, entraînent :  

  • Plus de 200 000 accidents du travail (AT) avec arrêt (soit le tiers environ des AT avec arrêt) ;
  • Plus de 13 000 AT avec incapacité permanente (soit le tiers environ des AT avec incapacité permanente) ;
  • plus de 13 000 000 de jours perdus par incapacité temporaire (soit le tiers environ des jours perdus par incapacité temporaire)
  • une vingtaine d’AT mortels (soit 5% environ des AT mortels)

Ces accidents occasionnent des contusions, des entorses, des plaies, des fractures et des lésions multiples qui peuvent atteindre toutes les parties du corps.

Un risque plus élevé dans certaines situations de travail

Tous les travailleurs sont exposés au risque de heurt, de trébuchement, de glissade, … puisque tous sont amenés à se déplacer et plus généralement à effectuer des mouvements. Les données statistiques nationales portant sur les AT survenus dans les entreprises qui dépendent du régime général attestent que ce risque touche tous les secteurs d’activité et tous les métiers.

Toutes les situations de travail ne sont cependant pas également propices à la survenue de ces accidents. Tout comme leur fréquence, leur gravité dépend des situations de travail, comme en témoignent quelques récits d’accidents particulièrement graves, répertoriés dans la base de données EPICEA.

Exemples d’accidents avec perturbation du mouvement extraits de la base de données EPICEA

  • Un ouvrier est tombé au sol alors qu’il manipulait un objet avec un collègue. Il est alors écrasé par un engin de chantier. 
  • La main d’un opérateur a heurté violemment un support métallique alors qu’il faisait un effort pour faire riper l’un des bacs
  • Un travailleur a heurté la pédale de la presse en se précipitant pour aider son collègue, la paume de sa main droite a alors été prise dans l’outillage

Des faits habituels qui se combinent

Les mouvements et les déplacements sont rendus plus ou moins aisés selon la situation de travail : le sol peut être encombré, le boulon à dévisser grippé, la pièce de la machine difficile d’accès, le marchepied particulièrement étroit, …
Le travailleur ajuste de manière permanente et le plus souvent avec succès son comportement pour

  • contourner le mobilier,
  • éviter un obstacle au sol,
  • accéder à la pièce derrière la machine,
  • monter sur un engin,
  • exercer des efforts pour ouvrir une porte qui résiste,
  • transporter un objet plus ou moins encombrant,
  • utiliser un matériel dont il n’a pas l’habitude,


A un moment donné, s’ajoute une urgence, une surcharge de travail, une interruption de tâche ou une méconnaissance des pratiques habituelles de travail…

  • La focalisation de l’attention du travailleur sur sa tâche ne lui permet alors pas de préserver sa sécurité et c’est l’accident :
  • le travailleur heurte le mur en se dégageant de la machine,
  • il est coincé contre un meuble alors qu’il transporte un objet avec un collègue,
  • il rate une marche en montant l’escalier,
  •  …
  • Dans les cas d’accidents avec perturbation du mouvement, tout élément de l’environnement est a priori susceptible de contribuer à la survenue d’une lésion.

  • Dans les cas d’accidents avec perturbation du mouvement, tout élément de l’environnement est a priori susceptible de contribuer à la survenue d’une lésion.

  • Dans les cas d’accidents avec perturbation du mouvement, tout élément de l’environnement est a priori susceptible de contribuer à la survenue d’une lésion.

  • Dans les cas d’accidents avec perturbation du mouvement, tout élément de l’environnement est a priori susceptible de contribuer à la survenue d’une lésion.

  • Dans les cas d’accidents avec perturbation du mouvement, tout élément de l’environnement est a priori susceptible de contribuer à la survenue d’une lésion.

  • Dans les cas d’accidents avec perturbation du mouvement, tout élément de l’environnement est a priori susceptible de contribuer à la survenue d’une lésion.

Ces accidents peuvent survenir sans qu’intervienne nécessairement une anomalie dans l’environnement matériel tel qu’un sol glissant ou un matériel inadapté. Par exemple,

  • un travailleur en retard à son rendez-vous, du fait de la neige sur la route, monte rapidement un escalier qui ne présente aucune anomalie de conception et rate une marche ;
  • une infirmière est appelée en urgence alors qu’elle est déjà occupée et, en se retournant, heurte le chariot destiné à la distribution des repas.

Très souvent, chacun des faits ayant contribué à la lésion est rencontré habituellement dans la situation de travail. C’est leur combinaison à un moment donné qui provoque l’accident.

Les facteurs d’accident sont liés à toutes les composantes de la situation de travail :

  • l’environnement matériel,
  • la tâche réalisée,
  • les outils utilisés,
  • l’organisation du travail,

Des scénarios d’accident similaires avec des perturbations du mouvement différentes

Dans une entreprise, des accidents se produisaient fréquemment alors que les travailleurs se déplaçaient tout en effectuant une tâche de surveillance visuelle :

  • un travailleur a trébuché contre les éléments saillants d’un dispositif tactile d’éveil de vigilance au sol,
  • un autre a raté une marche en montant sur un marchepied,
  • un autre encore a heurté un élément de l’environnement.

Une même exigence de leur tâche à un moment donné (surveillance visuelle au cours d’un déplacement) expliquait des perturbations du mouvement différentes. Il est donc important, du point de vue de la prévention, d’examiner, les différents types de perturbations du mouvement rencontrées en situations de travail, dans leur ensemble.

Caractéristique des accidents avec perturbation du mouvement

A la différence d’autres accidents du travail, dans les cas d’accidents avec perturbation du mouvement, la lésion n’est pas systématiquement causée par un élément avec lequel tout contact ou proximité entraîne une blessure. Lors d’une chute sur le sol par exemple, le sol et l’énergie du mouvement perturbé suffisent à occasionner une lésion.

L’évaluation du risque d’accident du travail débute souvent par l’identification des éléments présents dans l’entreprise et susceptibles de produire une lésion en cas de contact ou de proximité (source haute tension, produit chimique corrosif, organes en mouvement d’une machine, …). Or, dans les cas d’accidents avec perturbation du mouvement, tout élément de l’environnement est a priori susceptible de contribuer à la survenue d’une lésion, si une perturbation du mouvement occasionne un choc contre cet élément.

Cette caractéristique propre au mécanisme de production de la lésion en cas de heurt, glissade ou autre perturbation du mouvement ne sont pas sans effet sur l’évaluation du risque et sur les possibilités de mettre en place les barrières les plus sûres pour empêcher tout contact ou proximité entre une personne et un élément avec lequel tout contact entraîne une blessure. En effet, lorsqu’un tel élément est identifié, la mise en place de dispositifs de protection collective empêchant ce contact doit être envisagée. Ce type de dispositif répond souvent à une réglementation et même s’il se révèle parfois insuffisant, il fait partie des barrières les plus sûres contre la survenue d’une blessure accidentelle. En revanche, lorsque la lésion peut être produite à tout instant, par l’énergie du mouvement perturbé de la victime au cours de son travail et par un élément quelconque de son environnement proche, ce type de barrière n’est plus envisageable.

Pour autant, des actions sont possibles pour prévenir les perturbations du mouvement au travail. En effet, bien que ces accidents soient encore trop souvent considérés comme des accidents bénins, « de la vie courante », le produit de maladresse ou d’inattention, ils révèlent cependant des facteurs en lien avec toutes les composantes de la situation de travail. Ils renvoient en particulier à des questions de conception et d’entretien des systèmes d’accès, des locaux, du matériel, des questions d’organisation des tâches ou encore de formation.
 

Pour en savoir plus
Mis à jour le 19/10/2016