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Harcèlement et violence interne

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Réglementation


La prévention du harcèlement et des violences internes au travail s’inscrit dans l’obligation générale de sécurité qui incombe à l’employeur (article L. 4121-1 du Code du travail) d’évaluer les risques et de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés (Voir dossier « Risques psychosociaux »).
 

Des dispositions spécifiques du Code du travail et du Code pénal s’appliquent de manière complémentaire en cas de harcèlement moral ou de harcèlement sexuel.
Le Code du travail rappelle notamment que, comme pour les autres risques professionnels, l’employeur prend toutes dispositions nécessaires en vue de prévenir les risques de harcèlement moral ou sexuel.

Obligation d’information

Les travailleurs doivent être informés, par tout moyen, du texte des articles 222-33-2 (sanction du harcèlement moral) et 222-33 (sanction du harcèlement sexuel) du Code pénal. Dans les entreprises employant habituellement au moins 20 salariés, où il est obligatoire, le règlement intérieur doit notamment rappeler les dispositions relatives aux harcèlements moral et sexuel prévues par le Code du travail.

Interdiction de toute pratique de harcèlement dans l’entreprise

Harcèlement moral

Le harcèlement moral est interdit en France par le Code du travail et par le Code pénal (articles L. 1152-1 et suivants du Code du travail, 222-33-2 du Code pénal). Le Code du travail prévoit que : « Aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel » (article L. 1152-1).

Conditions pour qu’il y ait harcèlement au travail, selon le Code du travail

  • Agissements « répétés » : un seul agissement hostile ne caractérisera pas le harcèlement, même si un tel agissement est répréhensible.
  • Actes « susceptibles de porter atteinte » : peu importe que le harceleur soit parvenu ou pas à ses fins, son simple comportement suffit à caractériser l’infraction.

Harcèlement sexuel

Le harcèlement sexuel est interdit par le Code du travail et par le Code pénal (articles L. 1153-1 et suivants du Code du travail, 222-33 du Code pénal).

Interdiction du harcèlement sexuel figurant dans le Code du travail

« Aucun salarié ne doit subir des faits :

  • Soit de harcèlement sexuel, constitué par des propos ou comportements à connotation sexuelle répétés qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante.
  • Soit assimilés au harcèlement sexuel, consistant en toute forme de pression grave, même non répétée, exercée dans le but réel ou apparent d'obtenir un acte de nature sexuelle, que celui-ci soit recherché au profit de l'auteur des faits ou au profit d'un tiers. »

Le Code du travail précise en outre les points suivants :

  • Aucun salarié ne doit être sanctionné, licencié ou faire l’objet de discriminations pour avoir subi ou refusé de subir des agissements de harcèlement moral ou sexuel, ou pour en avoir témoigné ou les avoir relatés.
  • L’employeur doit prendre toutes les mesures nécessaires à la prévention du harcèlement moral et du harcèlement sexuel.
  • Une procédure de médiation peut être engagée par toute personne s’estimant victime de harcèlement moral ou sexuel ou par la personne mise en cause.
  • En cas de litige, il appartient au salarié d’établir des faits permettant de présumer qu’il est victime de harcèlement moral ou sexuel. Le défendeur, au vu de ces éléments, devra apporter la preuve que les agissements en cause ne constituent pas un harcèlement et s’appuient sur des éléments objectifs (article L. 1154-1 du Code du travail).
  • Les organisations syndicales représentatives dans l’entreprise peuvent exercer toutes les actions en justice consécutives à des faits de harcèlement moral ou sexuel. Si elles le font en faveur d’un salarié, elles doivent justifier de l’accord de celui-ci (article L. 1154-2 du Code du travail).
  • La répression des infractions liées au harcèlement au travail peut se faire sur le fondement du Code du travail (articles L. 1155-1 et L. 1155-2) ou du Code pénal (articles 222-33-2 pour le harcèlement moral et 222-33 pour le harcèlement sexuel). Elle peut donner lieu à des peines combinant emprisonnement et amende.

Accord national sur le harcèlement et la violence au travail

Les partenaires sociaux français ont signé cet accord le 26 mars 2010, qui a été étendu par un arrêté du 23 juillet 2010. Ses dispositions sont donc rendues obligatoires pour tous les employeurs et tous les salariés de son champ d’application. Il invite les entreprises :

  • à déclarer clairement que le harcèlement et la violence sur le lieu de travail ne sont pas tolérés,
  • à prévoir des mesures appropriées de gestion et de prévention.
     

Cet accord fournit une trame d’intervention à formaliser par l’entreprise : suivi des plaintes, respect de la confidentialité, prise en compte des avis de toutes les parties concernées, sanction disciplinaire en cas de fausse accusation, recours à un avis extérieur, médiation… Il rappelle que l’employeur a la responsabilité de déterminer, examiner et surveiller les mesures appropriées à mettre en place, en concertation avec les salariés et/ou leurs représentants.

Cet accord national est la transposition de l’accord-cadre européen signé en 2007. Il vient compléter l’accord national interprofessionnel sur le stress au travail.

Pour en savoir plus
Mis à jour le 19/01/2015