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Addictions

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  4. Effets sur la santé (rubrique sélectionnée)

Effets sur la santé et la sécurité

Baisse de vigilance, de concentration, dépression, hypertension, cancers, accidents… Consommer des substances psychoactives, même occasionnellement, présente des risques pour la santé et la sécurité des usagers.

Les consommations de substances psychoactives peuvent avoir pour objectif de compenser un stress ou une anxiété, de soulager une douleur chronique, ou de favoriser le lien social. Toutefois, les substances psychoactives présentent des risques pour la santé et la sécurité des usagers, y compris pour les consommations occasionnelles.

Alcool

Effets sur la santé

Pour l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm)  « … l’alcool est une drogue, une molécule cancérigène et toxique pour de nombreux organes dont la toxicité est relayée en partie par son métabolite, l’acétaldéhyde. Sa consommation est responsable directement ou indirectement d’une soixantaine de maladies … Les effets de l’alcool sur la santé dépendent de la quantité et de la fréquence des consommations ainsi que du profil des consommations (épisodique, chronique). La consommation d’alcool est responsable d’une morbi-mortalité importante et constitue un des principaux facteurs responsables de la perte d’années de vie en bonne santé. Le risque de morbi-mortalité lié à l’alcool est plus élevé chez les femmes comparativement aux hommes » (voir l’Expertise collective de l’Inserm)

 

Les effets de l’alcool peuvent apparaître dès le premier verre. Outre la phase d’euphorie, la consommation de boissons alcoolisées est responsable d’une diminution de la vigilance, des réflexes et de modifications de la vision (réduction du champ de vision et de l’acuité visuelle). De même, un effet désinhibiteur rend le sujet familier, voire violent, et entraîne une prise de risque (conduite dangereuse de véhicules…). Enfin, plus le nombre de verres consommés augmente, plus le risque de coma éthylique est important.


La consommation répétée d’alcool peut s’accompagner d’une dépendance à cette substance, de dépression, d’hypertension artérielle, d’insuffisance cardiaque, d’accidents vasculaires cérébraux, de crises convulsives, de cirrhose, de dénutrition, de cancers… L’éthanol contenu dans les boissons alcoolisées est classé comme agent cancérogène (groupe 1) par le Centre international de recherche sur le cancer.


Au sein de la population générale, en France, 41 000 décès sont dus chaque année à l’alcool.

Effets sur la sécurité

  • Accidents de la circulation : au volant l’alcool multiplie par 17,8 le risque d’être responsable d’un accident routier mortel 
  • Accidents du travail : Actuellement, les seules données d’accidentologie au travail liée aux substances psychoactives concernent l’alcool.  Les résultats de l’étude de cohorte CONSTANCES, publiés en 2021, montrent que : 
    • Le risque d’accident du travail grave est multiplié par 2 chez les hommes consommant au moins 4 verres d’alcool par jour, et chez les femmes consommant au moins 2 verres par jour.
    • Le risque d’accident du travail grave est augmenté de 50 % chez les travailleurs (hommes ou femmes) qui consomment 6 verres ou plus en seule occasion, au moins une fois par semaine. 

Dans l’étude de cohorte CONSTANCES, les accidents du travail graves sont ceux qui engendrent des séquelles avec une incapacité permanente partielle (IPP).

 

Rappels

1 verre standard d’alcool :

  • augmente l’alcoolémie de 0.25 g/l,
  • est éliminé en 1h30 en moyenne.

Le verre standard est celui qui est servi dans les bars ou les restaurants. Il contient environ 10 grammes d’alcool pur. Ainsi, 1 demi de bière (25 cl) à 5° contient à peu près la même quantité d’alcool qu’un verre de vin (10 cl) à 12°, ou un verre de whisky (3 cl) à 45°.

Les repères de consommation d’alcool sont (source Santé Publique France) :

  • maximum 2 verres standards par jour, sans dépasser 10 verres par semaine,
  • nécessité de jours dans la semaine sans consommation,
  • pas d’alcool chez la femme enceinte ou qui allaite, chez les jeunes et les adolescents, 
  • pas d’alcool en cas de conduite automobile et de manipulation d’outils ou de machines,
  • pas d’alcool lors de la pratique d’un sport à risques
  • pas d’alcool lors de certaines pathologies ou lors de la prise de certains médicaments.

 

Pour aller plus loin :

Tabac et cigarette électronique

Le tabac est responsable de la survenue de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et de cancers (poumon, sphère ORL, vessie…). Il intervient également dans les maladies cardiovasculaires tels que l’infarctus du myocarde, l’accident vasculaire cérébral et l’hypertension artérielle. 
Au sein de la population générale, 75 000 personnes décèdent chaque année du tabac (source OFDT).

L’usage de la cigarette électronique est une aide potentielle à l’arrêt du tabac et un mode de réduction des risques du tabac en usage exclusif (Source HSCP). Si ce dispositif apparaît moins toxique que la cigarette classique, des études à long terme sont nécessaires pour en connaître les risques.

La nicotine, contenue dans le tabac et certains e-liquides, est responsable d’une forte dépendance.

Cannabis

Lorsque le cannabis est fumé, une euphorie et une sensation de bien-être apparaissent au bout de quelques minutes et peuvent durer plusieurs heures (2 à 10 h). Parfois, survient un état d’anxiété important, également appelé bad trip. Un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral peut également survenir.

Parallèlement, la vigilance, les réflexes, les capacités de mémoire et de concentration sont altérés. Ces effets peuvent durer 24 heures. Des complications psychiatriques peuvent également survenir (hallucinations, sentiment de persécution…) durant quelques jours.


Il est important de noter que les durées données ci-dessus sont variables en fonction de plusieurs facteurs. Le fait d’être un nouveau consommateur ou un usager chronique, le volume des bouffées, la quantité absorbée et la fréquence de consommation sont à prendre en compte. De même, les effets euphorisants peuvent être retardés et modifiés lorsque le cannabis est ingéré sous la forme d’un gâteau (space cake).


À moyen et long terme, la consommation régulière de cannabis peut être responsable de troubles impactant la mémoire et la capacité à prendre des décisions, de maladies cardiovasculaires ou pulmonaires et de cancers. Des complications psychiatriques peuvent apparaître avec, entre autres, une dépression, une perte de motivation et un isolement.
Au volant, le cannabis multiplie par 1,65 le risque d’être responsable d’un accident routier mortel (source ONISR).

 

Pour aller plus loin : 

Cocaïne 

La prise de cocaïne peut procurer une euphorie avec une forte confiance en soi, une sensation de puissance intellectuelle et physique, ainsi qu’une disparition de la sensation  de fatigue. Néanmoins, des hallucinations, un trouble du rythme cardiaque et un infarctus du myocarde peuvent survenir. Enfin, une sensation de « descente » (anxiété, fatigue, irritabilité…) apparaît très rapidement à la fin des effets de cette substance psychoactive. 
La cocaïne est responsable d’une forte dépendance. Les complications liées à une consommation régulière comportent, entre autres, des troubles de la mémoire, une difficulté à maintenir son attention, de l’anxiété, une dépression et des pathologies cardio-vasculaires.

 

Photo de médicaments dans la main d’une personne, un verre d’alcool au premier plan

Médicaments psychotropes

Les médicaments psychotropes regroupent, notamment, les somnifères, les anxiolytiques et les antidépresseurs. Lorsque leur utilisation se fait en dehors d’une prescription médicale, leurs effets sur la vigilance, la concentration… ne sont plus contrôlés et peuvent être dangereux.
Certains médicaments, qu’ils soient psychotropes ou non, sont susceptibles d’altérer les capacités de conduite. L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé a publié la liste de ces médicaments, reconnaissables grâce à un pictogramme décliné en 3 couleurs (jaune, orange, rouge).


 

Pour aller plus loin :

Autres substances psychoactives

Héroïne

L’héroïne permet d’obtenir rapidement une sensation d’apaisement, d’extase et d’euphorie, puis survient une phase de somnolence. Ces effets durent quelques heures. Plusieurs effets secondaires sont notés dont : nausées, constipation, ralentissement des fréquences cardiaques et respiratoires, troubles du sommeil… Un surdosage peut être responsable d’un coma allant jusqu’au décès de l’usager. L’injection d’héroïne peut se traduire également par des complications infectieuses : abcès, septicémie, VIH, hépatites B et C. Enfin, cette substance psychoactive est responsable d’une forte dépendance.

Ecstasy

L’ecstasy est utilisé essentiellement en milieu festif. Ce stimulant permet d’obtenir rapidement un état d’euphorie et une diminution du sentiment de fatigue, tandis que les contacts avec autrui sont facilités. Ces effets durent quelques heures puis peuvent donner lieu à un état dépressif et une grande fatigue. Parmi les effets secondaires, il est à noter l’apparition, 4 à 5 heures après la prise, d’une hyperthermie pouvant être fatale. A long terme, l’ecstasy peut être responsable de troubles de la mémoire.

Polyconsommation

La polyconsommation peut être définie comme la consommation, le plus souvent régulière, d’au moins 2 substances psychoactives. L’association la plus fréquente est celle de l’alcool et du tabac qui concerne environ 6 % de la population générale. D’autres polyconsommations existent : alcool – tabac – cannabis, ecstasy-cannabis, alcool-cocaïne…
Dans ces situations, les effets des substances psychoactives peuvent se surajouter, accroissant ainsi les risques pour la santé et la sécurité du consommateur. 

Addictions sans substance psychoactive

Certains comportements peuvent entraîner une dépendance. Ces addictions comportementales ont des mécanismes très proches des pratiques addictives basées sur la consommation de substances psychoactives.
La dépendance aux jeux de hasard et d’argent est une des addictions comportementales les plus courantes en population générale, de même que la cyberaddiction, les achats compulsifs, les addictions sexuelles, les troubles du comportement alimentaire… Il existe, en milieu de travail, 2 types d’addiction comportementale : le workaholisme (dépendance au travail) et la technodépendance (internet, courriels, téléphone portable…).

Workaholisme

Le terme de workaholisme existe depuis les années 70. Mais déjà au début du XXe siècle, la « névrose du dimanche » était décrite par un élève de Freud. Les travailleurs workaholiques ont peur de l’inactivité, qui les met face à leurs émotions et à leurs angoisses. Ce sont également des personnes en recherche de défis permanents : un travail hyper-sollicitant leur procure dans un premier temps plaisir et satisfaction, mais à terme les rend dépendants.
Le workaholisme peut entraîner des conséquences sur le travailleur lui-même et/ou sur son entourage professionnel ou familial. Il peut être à l’origine de stress, de symptômes de surmenage et d’épuisement professionnel pour le travailleur. Le workaholisme peut générer une pression professionnelle exagérée pour les collaborateurs.
Longtemps attribué à la personnalité des individus, il est cependant important de ne pas négliger le contexte organisationnel dans la survenue de ce type d’addiction comportementale. Une culture de l’excellence et/ou de l’efficacité à tout prix, des objectifs fixés trop élevés, l’usage exponentiel des technologies de l’information et de la communication ou des contextes particuliers de précarité professionnelle (menace de fermeture d’entreprise, plan de restructuration, fusion d’entreprise avec réduction de personnel, travail temporaire et recherche de stabilité professionnelle…) peuvent également être à l’origine de ce phénomène. 

 

Pour aller plus loin :

Technodépendance

L’usage professionnel des technologies d’information et de communication (TIC) est maintenant courant dans les entreprises. Ces outils technologiques permettent un gain de temps lors de la réalisation de certaines tâches : échanges de données, recherche d’information, messagerie électronique, outils de gestions et de transactions commerciales…
Toutefois, chez certaines personnes se développe une dépendance à ces technologies. L’apparition de troubles musculosquelettiques, de perturbation du sommeil et de problèmes relationnels est relevée dans plusieurs études. En milieu de travail, l’utilisation d’outils de communication mobile (smartphones, ordinateurs portables, applications numériques…) peut rompre la frontière entre vie professionnelle et vie privée. Enfin, d’après une expertise collective menée en 2011 par l’Inserm et l’IFSTTAR (Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux), téléphoner tout en conduisant – avec ou sans kit mains libre - multiplie par 3 le risque d’être impliqué dans un accident matériel ou corporel.

 

Pour aller plus loin :

Pour en savoir plus
Mis à jour le 30/11/2021