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Addictions

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Exposition au risque

Le travail a un effet paradoxal vis-à-vis des pratiques addictives : avoir un emploi peut être protecteur vis-à-vis des pratiques addictives mais certaines conditions de travail peuvent favoriser la consommation de substances psychoactives.

Les consommations de substances psychoactives concernent la population générale, mais aussi le milieu professionnel. Le travail a un effet paradoxal vis-à-vis des pratiques addictives : avoir un emploi peut être protecteur vis-à-vis des pratiques addictives mais certaines conditions de travail peuvent favoriser la consommation de substances psychoactives.

Consommations en milieu de travail 

Baromètre de Santé publique France

Dans le cadre du Baromètre de Santé publique France 2017, plus de 14 000 travailleurs ont été interrogé. Cette étude permet de connaître les niveaux de consommation de plusieurs substances psychoactives au sein des actifs occupés. Elle permet également de suivre les évolutions par rapport à 2010. 

Source : Baromètre santé 2010 et Baromètre de Santé publique France 2017 – Les données sont exprimées en pourcentage d’actifs occupés

API : alcoolisation ponctuelle importante          

Expérimentation : consommation ayant eu lieu au moins une fois au cours de l’existence

-     :  donnée non communiquée

Source : Baromètre de Santé publique France 2017

Source : Baromètre de Santé publique France 2017
H : homme     F : femme

En rouge : consommations significativement supérieures à la moyenne
En bleu : consommations significativement inférieures à la moyenne

Étude de cohorte Constances

L’étude de cohorte Constances porte sur un échantillon de 200 000 adultes âgés de 18 à 69 ans. Les données publiées en 2021 permettent d’obtenir des renseignements  en fonction des substances psychoactives et des catégories socioprofessionnelles.

Tabac
  • Les ouvriers et les employés sont les plus concernés en matière de tabagisme.
Alcool
  • L’usage dangereux d’alcool est significativement important chez 10,7 % des femmes cadres, 22 % des hommes ouvriers et 22,9 % des hommes employés.
  • Le risque de dépendance à l’alcool est significativement important chez 6 % des hommes ouvriers et 7,7 % des hommes employés. Chez les femmes, ce niveau de risque est significatif chez 1 % des cadres.
photo des mains d’une personne effritant un morceau de résine de cannabis
Cannabis
  • Les employés sont les plus nombreux à consommer du cannabis plus d’une fois par semaine. Au sein de cette catégorie socioprofessionnelle, 11,6 % des hommes et 5,9 % des femmes sont concernés.
Médicaments psychotropes anxiolytiques
  • De manière générale, les femmes consomment plus fréquemment des médicaments anxiolytiques que les hommes.
  • Les consommations d’anxiolytiques durant plus de 12 semaines correspondent à un mésusage de ce type de médicament. Sur la période 2004-2009, cela concernait de manière significative les femmes « employées » (56,3 %) et les hommes « ouvriers » (34,6 %).

 

Pour aller plus loin :

Existence d’un lien entre travail et consommation

Les consommations de substances psychoactives peuvent être dues à des facteurs liés à la vie privée, mais aussi à la vie professionnelle.
En 2010, le Baromètre santé rapportait que 36,2 % des fumeurs réguliers, 9,3 % des consommateurs d’alcool et 13,2 % des consommateurs de cannabis déclaraient avoir augmenté leurs consommations du fait de problèmes liés à leur travail ou à leur situation professionnelle au cours des 12 derniers mois.

Consommations organisées dans le cadre du travail

Ce sont principalement les usages d’alcool lors des pots en entreprise, des séminaires, ou lors des congrès ou repas d’affaires. Des situations existent également avec d’autres produits. Ce peut être le cas, entre autres, lors de la fabrication, de la distribution et de la vente de substances psychoactives.
Pour le Baromètre de Santé publique France 2017, 11,7 % des hommes et 9,1 % des femmes déclarent que la consommation d’alcool fait partie de la culture de leur milieu professionnel.

Consommations pour tenir au travail

Ces usages peuvent avoir lieu lors du travail ou à d’autres moments. Les études ont identifié de nombreuses contraintes de travail associées à la consommation de substances psychoactives :

  • stress,
  • travail en contact avec le public,
  • faible soutien au travail,
  • harcèlement, brimades,
  • travail de nuit ou nombre important d’heures de travail (48 h ou plus par semaine),
  • travail monotone,
  • poste de sécurité,
  • exposition au froid ou à la chaleur,
  • travail en plein air
  • port de charges lourdes…

 

Alors que certains travailleurs ont recours à des médicaments psychotropes afin de compenser une souffrance psychique ou physique, d’autres l’utilisent en tant que produit dopant. L’objectif est alors de pouvoir rester enthousiaste au travail, fiable et productif.

À moyen ou long terme, l’usage répété de substances psychoactives peut devenir délétère pour la santé et la sécurité du travailleur. Il est donc nécessaire de prévenir les facteurs, notamment professionnels, responsables de ces consommations.

 

Pour aller plus loin :

Conditions de travail et consommations de substances psychoactives en période d’épidémie de Covid-19


Une enquête a été menée fin 2020 par la Mildeca et 6 autres partenaires, dont l’INRS, afin de documenter l’évolution des consommations de substances psychoactives et des conditions de travail, chez 4 000 travailleurs durant le 1er confinement et les 6 mois qui ont suivi.


Parmi les différents résultats, il est intéressant de noter que 31 % de l’ensemble des travailleurs interrogés, qu’ils soient en télétravail ou en travail sur site, ont ressenti un sentiment d’isolement par rapport à leurs collègues de travail. Ce sentiment a été responsable d’une augmentation significative de l’usage de tabac, de cigarette électronique, de médicaments psychotropes et de cannabis.


Deux autres facteurs de hausse de consommation ont été fréquemment cités par les travailleurs : les évolutions des conditions d’emploi et de travail (29 %) et la charge de travail (26 %).


Enfin, les motivations des salariés qui ont diminué leurs usages de substances psychoactives relèvent principalement de facteurs liés à la vie privée :  volonté de se maintenir en bonne santé (29 %), qualité du sommeil (28 %), poids (26 %), niveau ou la fréquence de l’activité physique (21 %).

 

Pour aller plus loin :

Pour en savoir plus :
Mis à jour le 30/11/2021