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Lombalgie

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Facteurs de risques

Les lombalgies ont généralement une origine multifactorielle. Les facteurs de risques professionnels sont importants mais peuvent s'y ajouter les prédispositions personnelles, des pathologies intercurrentes, des risques pris lors des activités domestiques et de loisirs, des risques psychosociaux de la vie hors travail. La composante professionnelle est surtout un déterminant du handicap lié à la lombalgie. Un routier qui se déplace à l'étranger ne vivra pas sa lombalgie comme un sédentaire qui a un travail léger et un accès au soin immédiat. Le premier sera facilement arrêté alors que ce ne sera même pas envisagé pour le deuxième.

Facteurs de risques de lombalgie aiguë ou chronique, liés au travail ou hors travail.

FACTEURS DE RISQUE

lombalgie aigue

LOMBALGIE CHRONIQUE

Au travail

  • Manutentions manuelles.
  • Chutes.
  • Exposition aux vibrations corps entier.
  • Postures pénibles sous contrainte.
  • Travail physique dur.
  • Traumatismes.
  • Efforts importants
  •  Conditions de travail.
  • Insatisfaction au travail.
  • Travail physique dur.
  • Stress.
  • Contraintes psychosociales.
  • Absence d’actions de prévention dans l’entreprise.

Hors travail

  • Antécédents de lombalgie.
  • Troubles vasculaires.
  • Corpulence.
  • Anomalies radiologiques graves.
  • Grossesses.
  • + les mêmes facteurs de risque physiques qu'au travail (chutes, efforts importants...).
  • Durée de l’arrêt pour lombalgie.
  • Gravité de l’atteinte.
  • Intensité de la douleur.
  • Mode de prise en charge.
  • Gêne fonctionnelle.
  • Baisse d’activité.
  • Tabac.

 

 

Les facteurs de risque les plus courants de lombalgies sont liés :

Aux chutes

Souvent non citées comme facteur de risque, les chutes sont pourtant à l'origine de près d'un quart des lombalgies reconnues en AT. Les chutes sont impliquées du fait du traumatisme direct lié à la chute ou de l'effort violent de rattrapage de celle-ci qui entraîne une surcharge brutale des structures locomotrices (muscles, tendons, ligaments, vertèbres, ….). C'est en langage courant "le faux mouvement".

A l’activité physique

Tout travail comporte une part d'activité physique. L'activité physique est bénéfique. Cependant, dans le cadre professionnel, elle est souvent excessive, déséquilibrée, statique, contrainte par le temps…. Elle ne présente pas d'intérêt en termes de santé mais peut provoquer des lésions de l'appareil locomoteur (dos, membres) ou aggraver les conséquences de ces lésions. Une posture prolongée est rarement à l'origine d'une lombalgie mais est toujours difficilement supportable pour un lombalgique. La manutention manuelle, en particulier le port de charges lourdes, est un facteur de risque reconnu de lombalgie. Si ces efforts sont faits dans de mauvaises conditions, le risque est augmenté.
Le travail physique est dit dur s'il entraîne une augmentation de la fréquence cardiaque de plus de 30 battements par minute au-dessus de sa valeur de repos. Il est un facteur de risque important de lombalgie et de handicap au travail.

Aux vibrations du corps entier

L'exposition aux vibrations du corps entier caractérise de nombreuses professions où le travailleur utilise des engins mobiles (engin de chantier, chariot de manutention...) ou du matériel vibrant. Les vibrations sont transmises à l'ensemble du corps par la colonne vertébrale. Le risque de lésion dépend de l'intensité et de la fréquence des vibrations, de la durée de l'exposition et de la partie du corps qui reçoit l'énergie des vibrations. Les fréquences des vibrations dangereuses pour le corps entier sont comprises entre 2 et 10 Hz. C'est malheureusement aussi la fréquence habituelle des engins roulants.

Les mécanismes d'action des vibrations ne sont pas complètement clarifiés. Outre les classiques cycles de compression/étirement à la fréquence de celle du siège du conducteur, ce dernier est également soumis à des corrections posturales continues. Elles imposent des contractions alternées des muscles abdominaux et dorsaux à la fréquence de la vibration. Ce fonctionnement "réflexe" de stabilisation du tronc est possible jusqu'à des fréquences de 6 à 10 Hz. Soit des coactivités musculaires qui demandent un contrôle moteur très complexe qu'un lombalgique est incapable de réaliser. Ainsi, les vibrations ne sont pas forcément le facteur étiologique d'une lombalgie mais elles rendent l'activité d'un lombalgique très difficile. La prévention des risques de l'exposition aux vibrations du corps entier illustre le besoin d'une action intégrée qui répond à un double objectif : réduire le risque pour tous et permettre à un lombalgique de conduire sans aggraver sa lombalgie.
L'association de l'exposition de l'ensemble du corps à des vibrations et aux ports de charges augmente le risque de lombalgie. Cette association a été retrouvée dans plusieurs études épidémiologiques portant sur des conducteurs d'engins, des caristes, des chauffeurs-livreurs, des préparateurs de commandes…

Aux risques psychosociaux

Les facteurs psychosociaux au travail "on me demande trop", "on ne m’aide pas", "on m’impose tout", "on ne me récompense pas assez" sont susceptibles de favoriser des pathologies ostéo-articulaires et en particulier rachidiennes. Associés aux gênes fonctionnelles qui entrainent inquiétude, baisse de l'activité et augmentation des arrêts, ils bloquent le retour à l'activité et sont des facteurs de risque prépondérants de passage à la chronicité selon plusieurs phénomènes qui peuvent s'associer :

  • travailler sous pression excessive fait aller plus vite, augmente les contraintes ;
  • l'absence de pauses ne permet pas de vraie récupération
  • le stress altère le contrôle proprioceptif, le muscle se contracte trop, ne se relâche pas bien ;
  • des structures (muscles, tendons…) sous tension sont moins bien irriguées,
  • le stress réduit les capacités de défense anti-inflammatoires.
     

Les principaux facteurs psychosociaux à rechercher sont :

  • monotonie des tâches,
  • forte demande psychologique (quantité de travail, contraintes de temps),
  • insatisfaction professionnelle,
  • faible autonomie décisionnelle,
  • faible soutien social (relations avec les collègues et l'encadrement),
  • manque de reconnaissance (reçue en échange des efforts fournis).

A l’inactivité physique

La baisse de l'activité physique est une évolution sociale reconnue actuellement. La lutte contre cette baisse est une priorité de santé publique. Ce phénomène s'applique également au monde du travail. L'immobilité est un facteur de risque de pathologies articulaires, musculaires, cardiovasculaires et de baisse des capacités fonctionnelles. L'inactivité réduit les capacités de coordination des mouvements qui sont essentielles dans des actions complexes (stabilisation, contrôle des vitesses, coactivités musculaires…) engagées plus particulièrement par la colonne vertébrale dans la vie de tous les jours et au travail. La fragilisation de l'appareil locomoteur par le manque d'activité est une source de troubles et de pathologies sans doute sous-évaluée.

 

Cette figure illustre le "cercle vicieux de la douleur" que le lombalgique risque de parcourir et qui explique que d'une douleur simple, ce passage des différentes étapes du cercle, amène le lombalgique à un état de souffrance chronique et de handicap. Ce parcours doit être interrompu le plus tôt possible car plus on avance dans le cercle plus la prise en charge est difficile.

Pour en savoir plus
Mis à jour le 10/03/2015