Acces rapides :
Dossier :

Travail au froid

Sommaire du dossier

Vous êtes ici :

  1. Accueil
  2. Risques
  3. Froid
  4. Prévenir les risques (rubrique sélectionnée)

Prévenir les risques

L’évaluation des risques constitue la première étape de la démarche de prévention. La principale mesure de prévention consiste à éviter ou limiter les expositions prolongées au froid. Si cela est impossible, il faut agir sur la conception et l’aménagement des postes et des situations de travail. Ce dispositif doit être complété par la mise à disposition de vêtements et d’équipements individuels de protection contre le froid.

Évaluation des risques

La démarche d’évaluation des risques doit inclure les dangers liés au travail au froid, naturel ou artificiel. Il convient d’anticiper les risques liés au froid lui-même ainsi que les situations dans lesquelles le froid peut contribuer à générer des accidents. Lors de cette évaluation, plusieurs éléments sont à prendre en compte : les situations de travail (en extérieur ou à l’intérieur de locaux), les facteurs inhérents aux tâches à effectuer et certains facteurs individuels.
Les différents facteurs de risque présentés ici peuvent servir à constituer une grille d’évaluation du risque, permettant d’agir rapidement. Pour aller plus loin, il peut être nécessaire de faire appel à des spécialistes qui effectueront un bilan thermique précis.

Facteurs climatiques ou ambiants

Dès que la température ambiante (à l’abri du vent) est inférieure à 5 °C, la vigilance s’impose. Car à cette température, une exposition au froid, prolongée ou non, a des effets directs sur la santé.

Si les températures comprises entre 5°C et 15 °C présentent moins de risques directs, elles peuvent néanmoins être sources d’inconfort pour des travaux sédentaires ou de pénibilité légère. Elles peuvent générer alors frissons, engourdissements ou rhumes et par ailleurs provoquer des risques indirects : accidents dus à une pénibilité et une fatigue accrues, à une perte de dextérité, survenue de TMS

Pour les travaux en extérieur, le risque est aggravé en cas d’exposition au vent. La sensation de refroidissement est causée par l’effet combiné de la température et du vent. Un indice de refroidissement éolien, établi par les météorologues canadiens, donne la température équivalente ressentie par l’organisme en fonction de la vitesse du vent, pour des individus adultes portant des vêtements d’hiver.

Des niveaux de danger d’une exposition au froid peuvent être établis à partir de cet indice.
Niveaux de danger d'une exposition au froid

Risque faible

Peu de danger pour des expositions au froid de moins d’une heure avec une peau sèche. Risque d’engelure faible. Inconfort.
Risque d’hypothermie pour des expositions de longue durée sans protection adéquate.

Risque modéré

Risque croissant pour des températures équivalentes comprises entre - 25 et - 40 °C : la peau exposée peut geler en 10 à 30 minutes, et il faut surveiller tout engourdissement ou blanchissement du visage et des extrémités.
Risque d’hypothermie pour des expositions de longue durée sans protection adéquate.

Risque élevé

Risque élevé pour des températures équivalentes comprises entre - 40 et - 55 °C : gelures graves possibles en moins de 10 minutes, surveiller tout engourdissement ou blanchissement du visage et des extrémités.
Risque sérieux d’hypothermie pour des expositions de longue durée.
Danger A des températures équivalentes inférieures à – 55 °C, la peau exposée peut geler en moins de 2 minutes.
Les conditions extérieures sont dangereuses.

 

 

L’humidité de l’air est un autre facteur à prendre en compte, dans la mesure où la perte de chaleur du corps augmente dans des conditions humides. La peau humide est, d’autre part, plus sensible au froid. Et des vêtements humides sont inconfortables et isolent mal du froid.

Quelle température prendre en compte ?

Pour les travaux à l’intérieur de locaux, en installations frigorifiques par exemple, il convient de relever les températures à l’intérieur des installations. Celles-ci doivent être équipées d’instruments de suivi. Pour les travaux en extérieur, il est nécessaire de surveiller régulièrement les fluctuations de température.

Facteurs inhérents au poste de travail ou à la tâche

Plusieurs facteurs liés à la tâche à effectuer, au poste de travail ou à la situation de travail peuvent augmenter les risques dus à une exposition au froid.

Principaux facteurs de risque liés à la situation de travail en cas d’exposition au froid

  • Durée de l’exposition en continu au froid
  • Travail en extérieur dans des zones non protégées du vent ou de la pluie
  • Absence d’abris ou de salles de repos chauffés
  • Exécution d’une tâche à des cadences élevées ou d’un travail physique intense ou moyen, générant de la transpiration
  • Insuffisance des pauses de récupération
  • Port de vêtements de protection inadaptés
  • Contact direct entre la peau nue et les surfaces métalliques froides, à des températures inférieures à -7 °C
  • Utilisation de gants non adaptés (le port de gants réduit la sensibilité et la dextérité et augmente la force à exercer pour par exemple serrer ou maintenir un outil)

Facteurs individuels

Les conséquences d’une exposition au froid peuvent varier d’un travailleur à l’autre. Si certaines caractéristiques individuelles peuvent être connues de l’employeur (habitude de la tâche, âge, genre), d’autres ne peuvent être prises en compte que par le médecin du travail. Le rôle de ce dernier est fondamental pour préserver la santé des salariés et demander si besoin des adaptations de postes, tout en respectant la confidentialité médicale.

Principaux facteurs de risque individuels en cas d’exposition au froid

  • Âge (les personnes âgées sont plus à risque)
  • Condition physique pour les métiers exigeants physiquement
  • Antécédents de lésions cardiaques ou vasculaires
  • Asthme, pathologies pulmonaires
  • Diabète
  • Grossesse en cours
  • Apports alimentaires et liquides insuffisants pour contribuer à la production de chaleur par l’organisme et limiter la déshydratation
  • Consommation d’alcool
  • Usage de certaines drogues ou médicaments (certains antidiabétiques, calmants ou somnifères…)

Outre la prise de conseils auprès de leur médecin traitant, les travailleurs peuvent bénéficier d’une visite à leur demande auprès du médecin du travail (article R. 4624-17 du Code du travail.
En cas de besoin, un aménagement du poste de travail sera proposé.

Mesures de prévention

La prévention des risques liés au froid impose en priorité d’éviter ou de limiter les expositions prolongées au froid. Si ce n’est pas possible, des mesures de prévention concernant la conception ou l’aménagement des postes et des situations de travail doivent être mises en œuvre. Ce dispositif doit être complété par la mise à disposition de vêtements et d’équipements individuels de protection contre le froid.

Les mesures de prévention des risques liés au froid peuvent être ponctuelles, correctives ou, mieux, intégrées dès la conception des situations de travail et des locaux. Elles sont élaborées et mises en place en associant les représentants du personnel (dont les membres de CHSCT), les salariés et le médecin du travail. Une prévention efficace impose également de mettre en place des actions d’information à destination des salariés concernés.

Une attention particulière doit être portée aux vêtements et équipements individuels de protection contre le froid. Les performances de ces équipements de protection individuelle font l’objet de normes européennes (lien vers la rubrique Démarche de prévention / Principes généraux/ Protection individuelle).

Les jeunes travailleurs de moins de 18 ans ne peuvent être affectés qu’à des travaux légers qui ne sont pas susceptibles de porter préjudice à leur sécurité, à leur santé ou à leur développement (article D. 4153-4 du Code du travail).

Il est interdit d’affecter les jeunes aux travaux les exposant à une température extrême susceptible de nuire à la santé (article D. 4153-36 du Code du travail).

Conception et aménagement des postes de travail

  • Assurer une température suffisante à l’intérieur des locaux (chauffages localisés par rayonnement pour les postes particulièrement exposés, isolation, réglage de la fermeture et de l’ouverture des portes…).
  • Mettre à disposition un local ou un abri chauffé (et non surchauffé) permettant de consommer des boissons chaudes, de faire sécher des vêtements ou de stocker des vêtements de rechange.
  • Mettre en place des aides à la manutention manuelle permettant de réduire la charge physique de travail et la transpiration.
  • Isoler les surfaces métalliques (risque d’accident par contact avec des surfaces froides).
  • Choisir pour les sols des matériaux permettant de prévenir le risque de glissade.
  • Apposer une signalisation spécifique (entrée dans une zone de froid extrême, contact possible avec des surfaces froides, surfaces glissantes…). Un panneau d’avertissement « Basse température » est prévu par la réglementation…
Chambres froides et autres installations générant du froid : mesures de prévention spécifiques

Prévoir l’ouverture possible des portes des chambres réfrigérées depuis l’intérieur

  • Installer un dispositif d’avertissement sonore et lumineux permettant de donner l’alarme en cas d’enfermement accidentel
  • Vérifier régulièrement le bon fonctionnement des dispositifs de sécurité (portes, avertisseurs, voyants lumineux…)
  • Installer une ventilation adaptée et limiter les apports d’air extérieur humide (sas, portes à ouverture rapide, rideaux d’air…)
  • Pour les activités statiques telles que l’étiquetage, le conditionnement ou le contrôle des commandes, favoriser la mise en place d’un local avec plancher chauffant
  • Utiliser des sièges en matériau isolant thermique
  • Choisir des chariots de manutention adaptés au travail en chambre froide (équipés d’une cabine chauffée…)
  • Informer les travailleurs des dispositifs de sécurité en place

Organisation du travail

  • Planifier les activités en extérieur en tenant compte des prévisions météorologiques (température, humidité, vitesse de l’air, précipitations).
  • Limiter le temps de travail au froid.
  • Limiter le travail sédentaire au froid.
  • Porter une attention particulière aux salariés susceptibles de travailler de façon isolée, prévoir un système de communication avec les équipes exposées et des dispositifs d’alarme.
  • Limiter le travail intense et le port de charge répétitif ou, à défaut, organiser le travail en binôme.
  • Prévoir un régime de pauses adapté et un temps de récupération supplémentaire après des expositions à des températures très basses.

Formation et information des salariés

  • Informer les travailleurs des risques liés au travail en environnement froid, sans oublier les nouveaux embauchés, les intérimaires et les intervenants extérieurs.
  • Mettre en place des formations adaptées aux postes de travail.
  • Compléter, si besoin, la formation des sauveteurs secouristes du travail. L’employeur peut demander pour cela l’intervention du service de santé au travail

Mise à disposition de vêtements et d’équipements de protection contre le froid

  • Préférer plusieurs couches de vêtements à un seul vêtement épais. La couche la plus près du corps doit être isolante et éloigner l’humidité de la peau afin de la maintenir sèche.
  • Choisir les vêtements assurant le meilleur compromis entre le niveau de protection et les exigences inhérentes à la tâche à effectuer (mobilité, dextérité…).
  • Choisir les matériaux des vêtements de protection offrant le meilleur isolement vestimentaire en fonction de la température et de la tâche à effectuer.
  • Assurer une bonne protection thermique de la tête (bonnet ou casque de sécurité avec doublure isolante).
  • Prévoir des chaussures antidérapantes et pourvues d’une bonne isolation thermique.
  • Pour des travaux par temps de pluie ou de neige, prévoir un vêtement imperméable.
  • S’assurer du confort et de la compatibilité des équipements de protection individuelle prévus pour d’autres risques (travail en hauteur, protection respiratoire…) lorsqu’ils sont utilisés conjointement avec les vêtements de protection contre le froid.
Pour en savoir plus
Mis à jour le 31/10/2014