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Addictions

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Exposition au risque

Les pratiques addictives n’épargnent pas le monde professionnel. Certaines conditions de travail peuvent favoriser les consommations de substances psychoactives.

Les pratiques addictives concernent la population générale, mais aussi le monde du travail.

Secteurs concernés

Tous les secteurs d’activité sont concernés par les pratiques addictives, y compris ceux disposant de postes de sécurité.
Dans le cadre du Baromètre santé 2010, l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé) a interrogé par téléphone 14 385 actifs occupés. Les résultats de cette étude montrent que certains secteurs sont plus touchés que d’autres concernant l’alcool, le cannabis, la cocaïne et l’ecstasy. De plus, 16,4% des actifs occupés déclarent consommer de l’alcool sur le lieu de travail en dehors des repas et des pots.

Comparaison des consommations de substances psychoactives des actifs occupés parmi différents secteurs d'activité professionnelle (d’après le Baromètre santé 2010) (en %)

 

La consommation de médicaments psychotropes (somnifères, anxiolytiques ou antidépresseurs) existe dans tous les secteurs d’activité. Une enquête chez des salariés de la Loire montre qu’elle concerne 16,6 % des travailleurs.

Existe-t-il un lien entre consommation et travail ?

Selon Penneau-Fontbonne et al., les pratiques addictives en milieu de travail ont 3 origines principales qui peuvent être, ou non, associées :

  • l’importation : consommation en rapport avec la vie privée débordant sur le travail,
  • l’acquisition : consommation à l’occasion des pots en entreprise, des repas d’affaires… Ce type d’usage est souvent inscrit dans la culture de certains métiers, facilitant notamment l’intégration des salariés dans le collectif,
  • l’adaptation : consommation constituant une stratégie pour tenir au travail.

Le Baromètre santé

D’après le Baromètre santé 2010 de l’INPES, « plus du tiers des fumeurs réguliers (36,2 %), 9,3 % des consommateurs d’alcool et 13,2 % des consommateurs de cannabis déclarent avoir augmenté leurs consommations du fait de problèmes liés à leur travail ou à leur situation professionnelle au cours des 12 derniers mois. Le renforcement de ces conduites addictives apparaît significativement plus important chez les chômeurs que chez les actifs occupés ».

Une expertise collective de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), publiée en 2003, rapporte les circonstances favorisant la consommation d’alcool au travail. Parmi elles, peuvent être citées :

  • le stress au travail
  • les exigences liées aux postes de sécurité,
  • certains rythmes de travail dont le travail posté,
  • les activités répétitives,
  • les habitudes de consommation dans l’entreprise (la non-consommation est parfois une cause d’exclusion),
  • les pots en entreprise et les repas d’affaires.

Cette expertise reprend également les résultats obtenus sur une cohorte de salariés appelée cohorte GAZEL. Cette étude a suivi les modes de vie et les problèmes de santé de 20 000 salariés français d’EDF-GDF pendant plus de 20 ans. Il en ressort que certaines contraintes de travail augmentent la consommation d’alcool :

  • travail en plein air (plus de la moitié du temps de travail),
  • travail dans une posture pénible ou fatigante,
  • exposition à des secousses ou des vibrations,
  • port de charges lourdes,
  • déplacements longs, fatigants ou rapides.

De même, il existe une influence du genre et de la catégorie socioprofessionnelle. Chez les femmes, la consommation d’alcool augmente chez les cadres, les artisans, commerçantes, chefs d’entreprise ; elle est moins élevée chez les professions intermédiaires et employées. Chez les hommes, la consommation d’alcool est plus élevée chez les cadres que chez les professions intermédiaires, employés et ouvriers. Enfin, quel que soit le genre, la consommation d’alcool augmente avec le revenu, selon l’Etude NutriNet-Santé.
De plus, l’enquête sur les salariés de la Loire montre le statut d’intérimaire favorise la consommation d’alcool et/ou de cannabis.

Pour en savoir plus
Mis à jour le 02/02/2015