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Addictions

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  4. Effets sur la santé (rubrique sélectionnée)

Effets sur la santé

Les pratiques addictives constituent un risque pour la santé, dès le stade de l’usage (ou usage simple). Au stade de la dépendance, elles constituent un problème de santé important pour le sujet lui-même, pouvant retentir sur les tiers.

Substances psychoactives

Le tableau suivant décrit les principaux effets sur la santé, en dehors de la dépendance et des syndromes de sevrage.

Principaux effets sur la santé des substances psychoactives

Nom ou famille

Principaux effets

Tabac

- Cancers du poumon, de la vessie, de l’appareil digestif et de la sphère ORL

- Bronchopathie chronique obstructive, insuffisance respiratoire chronique

- Asthme

- Pathologies cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral…)

- Anxiété, dépression

Alcool

(éthanol)

Effets immédiats :

- diminution de vigilance et des réflexes, troubles de la vision

- ivresse, perte de contrôle avec prise de risque (conduite dangereuse de véhicules…), familiarités, passages à l’acte violents

- coma éthylique en cas d’absorption massive

Consommation chronique :

- cancers (ORL, bouche, œsophage…)

- maladies du foie (hépatite, cirrhose…)

- pancréatite

- maladies cardiovasculaires (hypertension artérielle, insuffisance cardiaque, accidents vasculaires cérébraux…)

- dénutrition

- atteinte du système nerveux central et périphérique

- dépression

Médicaments (anxiolytiques, somnifères, anti-dépresseurs, certains antalgiques…)

Variables suivant la classe médicamenteuse : somnolence, modifications du comportement, troubles de la mémoire, troubles des capacités motrices…

Voir « Cas particulier : les médicaments »

Cannabis

Effets immédiats :

- diminution de la vigilance, des réflexes et des capacités de mémoire

- troubles des perceptions (vue, ouïe…)

- somnolence

- ivresse

- forte angoisse

Consommation chronique :

- syndrome amotivationnel : manque d’intérêt pour les activités professionnelles ou scolaires, isolement social

- aggravation de pathologies psychiatriques

- aggravation d’un asthme ; bronchopathie chronique obstructive

- infarctus du myocarde, troubles du rythme cardiaque

- complications liées au tabac lorsque le cannabis est associé à ce dernier

Cocaïne

- Troubles de la mémoire

- Forte anxiété, dépression, troubles du comportement

- Pathologies cardiovasculaires (infarctus du myocarde…)

Ecstasy

- Maux de tête, nausées, hallucinations

- Fièvre importante ou trouble du rythme cardiaque pouvant entraîner la mort

Héroïne

- Somnolence, dépression respiratoire, coma allant jusqu’à la mort

En fonction du mode d’administration :

- contamination par les virus du VIH et/ou des hépatites B ou C

Drogues de synthèse

Effets variables d’un produit à l’autre et suivant le mode d’injection :

- pathologies psychiatriques (hallucinations…),

- violence,

- troubles de la vigilance,

- pathologies cardiovasculaires,

- pathologies respiratoires,

- insuffisance rénale,

- infections virales ou/et bactériennes…

Il convient de préciser que la durée et l’intensité des effets varient suivant les produits, la quantité consommée et la régularité de la consommation. Ces effets se multiplient lorsqu’il y a consommation de plusieurs substances psychoactives en même temps (polyconsommation).

De même, il est à noter que l’exposition professionnelle à certaines substances chimiques comme les solvants peut provoquer un état ébrieux.

Mortalité

En 2013, l’alcool est responsable de près de 50 000 décès par an : environ 30 % par cancer, 25 % par maladie cardiovasculaire, 17 % par accidents ou suicides, 16 % par maladie digestive et 11 % pour d’autres causes.
Le nombre annuel de décès liés au tabac était de 73 000 en 2004, dont 1/3 par cancer du poumon.
Concernant le cannabis, les statistiques portent essentiellement sur la mortalité par accident routier. D’après l’étude SAM (Stupéfiants et accidents mortels), menée au début des années 2000, le cannabis est responsable de 175 à 190 décès par an sur les routes.

Cas particulier : les médicaments

Les médicaments psychotropes (somnifères, anxiolytiques, antidépresseurs, antalgiques avec opiacés…) sont consommés par une partie non négligeable de la population française. Lorsque leur utilisation se fait en dehors d’une prescription médicale, leurs effets ne sont plus contrôlés et peuvent être dangereux.
Certains médicaments, qu’ils soient psychotropes ou non, sont susceptibles d’altérer les capacités de conduite automobile. L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM, ex-Afssaps) publie régulièrement la liste de ces médicaments reconnaissables grâce à un pictogramme décliné en 3 couleurs (jaune, orange, rouge).

L’étude CESIR-A a porté sur les médicaments consommés chez plus de 70 000 conducteurs impliqués dans un accident routier entre 2005 et 2008. Les résultats montrent que :

  • les utilisateurs de médicaments prescrits de niveau 2 et de niveau 3 ont un risque significativement plus élevé d’être responsables de leur accident ;
  • la mise en route d’un traitement par anti-dépresseur, ou sa modification (changement de posologie ou de médicament), augmente significativement le risque d’être responsable d’un accident de la route.

Médicaments psychotropes et travail

Il est conseillé à chaque travailleur de signaler à son médecin traitant le poste de travail occupé lors de la prescription de médicaments psychotropes (anxiolytiques, somnifères…). De même, il est utile d’en parler au médecin du travail pour évaluer la nécessité d’une adaptation du poste de travail.

De l’usage à la dépendance

Il existe plusieurs modèles et mécanismes expliquant l’évolution de l’usage vers la dépendance.
Au niveau biologique, c’est le « système de récompense » de l’organisme qui est à l’origine de cette évolution. A titre d’exemple et de manière simplifiée, la vue d’un produit (aliment …) déclenche la sécrétion de dopamine dans le cerveau et procure une sensation de plaisir. La personne dépendante va  consommer immédiatement ce produit, ce qui constitue pour elle une « récompense ». A l’inverse, la personne non dépendante est capable de s’abstenir si elle a une autre activité à effectuer et/ou n’a pas besoin de ce produit dans l’immédiat.

La prise de substances psychoactives entraîne une sécrétion très élevée de dopamine. Ce « plaisir facile » est aussitôt mémorisé et associé aux circonstances désagréables ou agréables dans lesquelles la substance a été consommée : stress, douleur, moment de convivialité, vue d’un verre d’alcool… Chez certaines personnes, la répétition des prises se traduit par une diminution de la sécrétion de dopamine. Aussi, afin de tenter de conserver un niveau de plaisir identique à la première consommation, l’usager consomme de plus en plus souvent et augmente, en vain, les doses. Ce besoin impérieux pousse ce sujet à la recherche compulsive du produit, les parties du cerveau chargées de contrôler leur comportement étant court-circuitées. Ce patient devient alors dépendant, « prisonnier » d’une substance psychoactive.

La mémorisation des situations où la consommation créait un plaisir (stress, douleur, moment de convivialité, vue d’un verre d’alcool…) peut poser des problèmes chez certains patients après sevrage. En effet, lorsque ces derniers se trouvent face à des circonstances identiques ou analogues, leur organisme ressent une envie parfois importante de reconsommer.

Addictions sans substance psychoactive

Certains comportements peuvent entraîner une dépendance. Ces addictions comportementales ont des mécanismes très proches des pratiques addictives basées sur la consommation de substances psychoactives.
La dépendance aux jeux de hasard et d’argent est une des addictions comportementales les plus courantes, de même que la cyberaddiction, les achats compulsifs, les addictions sexuelles, les troubles du comportement alimentaire… Il existe, en milieu de travail, 2 types d’addiction comportementale : le workaholisme (dépendance au travail) et la technodépendance (internet, courriels, téléphone portable…).

Workaholisme

Le terme de workaholisme existe depuis les années 70. Mais déjà au début du XXe siècle, la « névrose du dimanche » était décrite par un élève de Freud. Les « drogués du travail » ont peur de l’inactivité, qui les met face à leurs émotions et à leurs angoisses. Ce sont également des personnes en recherche de défis permanents : un travail hyper-sollicitant leur procure dans un premier temps plaisir et satisfaction, mais à terme les rend dépendants.
Certains contextes organisationnels visant l’efficacité à tout prix, et/ou la culture de l’excellence, peuvent expliquer le phénomène. Sont également évoqués des objectifs fixés trop élevés ou des contextes particuliers de précarité professionnelle (menace de fermeture d’entreprise, plan de restructuration, fusion d’entreprise avec réduction de personnel, travail temporaire et recherche de stabilité professionnelle…).
Le workaholisme peut entraîner des conséquences sur le travailleur lui-même et/ou sur son entourage professionnel ou familial. Il peut être à l’origine de stress, de symptômes de surmenage et d’épuisement professionnel pour le travailleur. Le workaholisme peut générer une pression professionnelle exagérée pour les collaborateurs.

Technodépendance

L’usage professionnel des nouvelles technologies d’information et de communication (NTIC) est maintenant courant dans les entreprises. Ces outils technologiques permettent un gain de temps lors de la réalisation de certaines tâches : échanges de données, recherche d’information, messagerie électronique, outils de gestions et de transactions commerciales…
Toutefois, chez certaines personnes se développe une dépendance à ces technologies. Actuellement, les conséquences de la technodépendance sont étudiées essentiellement chez les adolescents et les adultes jeunes. L’apparition de troubles musculosquelettiques, de perturbation du sommeil et de problèmes relationnels est relevée dans plusieurs études. En milieu de travail, l’utilisation d’outils de communication mobile (smartphones, ordinateurs portables…) peut rompre la frontière entre vie professionnelle et vie privée. Enfin, d’après une expertise collective menée en 2011 par l’Inserm et l’IFSTTAR (Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux), téléphoner tout en conduisant multiplie par 3 le risque d’être impliqué dans un accident matériel ou corporel.

 

Pour en savoir plus
Mis à jour le 02/02/2015