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Acroléine

Fiche toxicologique n° 57

Sommaire de la fiche

Édition : 2015

Caractéristiques

Fabrication

Sources de formation

L'acroléine peut se dégager lors de la combustion de matières organiques (graisses végétales ou animales, bois, déchets agricoles...) et lors du soudage et découpage de matières plastiques.

Elle est également présente dans les gaz d'échappement des moteurs automobiles et dans la fumée de cigarettes.

Utilisations [1, 4-6]

L'acroléine est utilisée comme intermédiaire de synthèse dans la fabrication entre autres des substances suivantes :

  • acide acrylique, acrylonitrile,
  • DL-méthionine (acide aminé utilisé dans l'alimentation animale),
  • glutaraldéhyde, pyridines...

L'acroléine est également utilisée en tant que biocide pour milieu aquatique (herbicide et anti-algues pour eaux industrielles et agriculture).

En Europe, cette action biocide est réglementée : voir le chapitre « Réglementation ».

Propriétés physiques [1-6]

À température ambiante, l'acroléine est un liquide incolore (produit pur) à jaune pâle (produit commercial), transpa­rent, d'odeur désagréable, âcre et pénétrante, détectable dès 0,07 mg/m3 (reconnaissable dès 0,5 mg/m3).

Elle est modérément soluble dans l'eau (environ 20 % en poids à 20 °C), soluble dans l'éthanol, l'oxyde de diéthyle et l'acétone.

Nom Substance N° CAS Etat Physique Masse molaire Point de fusion Point d'ébullition Densité Densité gaz / vapeur Pression de vapeur Point d'éclair Température d'auto-inflammation Limites d'explosivité ou d'inflammabilité (en volume % dans l'air) Coefficient de partage n-octanol / eau (log Pow)
Acroléine 107-02-8

Liquide

56,06

- 88 °C

52,6 °C (101,3 kPa)

0,84

1,9

29,3 kPa à 20 °C

- 26 °C (en coupelle fermée)

234 °C

Limite inférieure : 2,8 %

Limite supérieure : 31 %

- 0,01

Propriétés chimiques [1, 2]

L'acroléine est un composé très réactif qui se polymérise facilement sous l'effet de la lumière et de la chaleur ou en présence de bases, d'amines, d'acides forts ou de peroxydes. La réaction de polymérisation est exother­mique et peut rapidement devenir explosive.

Pour pallier cette tendance à la polymérisation, le produit commercial est en général stabilisé par addition de 0,1 à 0,25 % d'hydroquinone.

L'acroléine peut également polymériser violemment en pré­sence d'une couche d'eau (dans un récipient de stockage par exemple) ou donner naissance à des peroxydes explosifs lors d'un stockage de longue durée (contact avec l'air).

Les oxydants peuvent également réagir vivement avec l'acroléine.

Récipient de stockage [1]

Le stockage de l'acroléine peut s'effectuer dans des réci­pients métalliques (fer, acier) ainsi que dans des réci­pients en verre teinté, sous réserve d'une protection par une enveloppe métallique convenablement ajustée.

Valeurs limites d’exposition professionnelle [7, 8]

Des valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP) dans l’air des lieux de travail ont été établies pour l'acroléine.

Nom Détails
Acroléine
  • Pays

    France (VLEP indicative - 1982)

  • VME (ppm)

    -

  • VME (mg/m3)

    -

  • VLCT (ppm)

    0,1

  • VLCT (mg/m3)

    0,25

  • Valeur Plafond (ppm)

    -

  • Valeur Plafond (mg/m3)

    -

Acroléine
  • Pays

    États-Unis (ACGIH - 1998)

  • VME (ppm)

    -

  • VME (mg/m3)

    -

  • VLCT (ppm)

    -

  • VLCT (mg/m3)

    -

  • Valeur Plafond (ppm)

    0,1

  • Valeur Plafond (mg/m3)

    0,23

Méthodes de détection et de détermination dans l'air

Les méthodes mises en œuvre pour la mesure de l'acro­léine dans l'air des lieux de travail reposent sur un prélève­ment actif par pompage sur un support solide imprégné d'un agent de dérivation, suivi de la désorption et du dosage du dérivé formé :

  • Prélèvement sur gel de silice imprégné de 2,4-dinitrophénylhydrazine (2,4-DNPH), désorption par l'acéto- nitrile, analyse par HPLC/UV [9, 10].
  • Prélèvement sur résine XAD 2 imprégnée de 2-(hydroxyméthyl)pipéridine (2-HMP), désorption par le toluène, analyse par CPG/NPD [11, 12].

Les dérivés de l'acroléine peuvent se dégrader rapidement en différents isomères, à la fois sur le support de prélè­vement et en solution, et les recommandations suivantes peuvent être faites :

  • stockage à 4 °C et désorption rapide des tubes après le prélèvement (quelques heures au plus après la fin du prélèvement pour certains dispositifs) ;
  • préparation des solutions étalons parallèlement à cette désorption ;
  • analyse rapide des solutions de désorption ou de per­colation (et celles des étalons de façon concomitante) ;
  • prise en compte d'un vieillissement identique pour les échantillons et les étalons et des pics chromatographiques associés aux différents dérivés formés
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