Polyexpositions

Une même situation de travail peut exposer un opérateur à des nuisances multiples. Celles-ci peuvent se combiner et augmenter les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs. En matière de prévention, il est important de prendre en compte ces polyexpositions.
Mis à jour le 02/12/2022

Ce qu’il faut retenir

Dans la plupart des situations de travail, les salariés peuvent être exposés en même temps à des nuisances multiples. L’approche mononuisance ou monodanger est rarement suffisante pour évaluer les risques professionnels. La prise en compte des polyexpositions permet une évaluation des risques plus réaliste et la mise en place d’actions de prévention plus efficaces. Voici quelques clés pour mieux comprendre et mieux prévenir les polyexpositions.

Rares sont les situations de travail où les salariés ne sont exposés qu’à un seul type de danger. Dans la majorité des activités, les salariés sont confrontés à une polyexposition professionnelle dont les effets ne sont pas toujours connus. Ces effets peuvent être indépendants les uns des autres ou bien interagir entre eux. Dans certains cas, il est même possible qu’ils se renforcent les uns les autres et que les effets de la polyexposition soient supérieurs à la somme des effets inhérents à chacune des expositions. Il peut aussi exister le cas contraire. Néanmoins, au niveau actuel de connaissances, il existe encore certaines inconnues quant à la manière dont la polyexposition agit sur la santé.

Généralement, des mesures de prévention existent pour diminuer les risques liés à l’exposition à un seul facteur, mais leur pertinence et leur priorisation pourraient être modulées par la connaissance des effets combinés des polyexpositions sur la santé des travailleurs. Mieux connaître et évaluer les effets de ces polyexpositions permettrait d’identifier de nouvelles situations de travail potentiellement dangereuses pour lesquelles la mise en place de mesures de prévention supplémentaires serait nécessaire.

Définition des polyexpositions au poste de travail

On peut définir les polyexpositions comme des expositions simultanées ou séquentielles à des nuisances multiples, par des voies qui peuvent être diverses. Ces nuisances peuvent être chimiques, biologiques, physiques (bruit, vibrations, rayonnement…) ou liées à l’activité physique, auxquelles s’ajoutent l’influence des facteurs organisationnels et psychosociaux, et ce tout au long de la carrière professionnelle.

Il existe de nombreuses combinaisons possibles de facteurs de risques en milieu professionnel. L’INRS étudie prioritairement cinq grands types de polyexposition dont les mécanismes sont susceptibles d’interagir pour impacter la santé des salariés coexposés :

  • les expositions à des mélanges de substances chimiques ;
  • les expositions à des substances chimiques et au bruit ;
  • les expositions à des substances chimiques et biologiques ;
  • les expositions à des substances chimiques et à des contraintes physiques ;
  • les expositions à des substances chimiques alors que les salariés travaillent de nuit ou plus largement en horaires atypiques.

Par ailleurs, pour d’autres combinaisons de facteurs de risques, comme le rôle des risques psychosociaux sur l’apparition de troubles musculosquelettiques, l’approche polyexposition est déjà intégrée dans les démarches de prévention.

Voir aussi
  • dossier

    Prévenir les risques chimiques

    De nombreux produits chimiques peuvent avoir des effets sur l’homme et son environnement. Repérer les produits, les mélanges ou les procédés chimiques dangereux et connaître leurs effets, c’est la première étape pour mettre en œuvre des moyens de prévention adaptés.

  • DOSSIER

    Bruit au travail

    Le bruit au travail peut provoquer des surdités mais aussi stress et fatigue qui, à la longue, ont des conséquences sur la santé du salarié et la qualité de son travail. Et des solutions existent pour limiter l’exposition des travailleurs aux nuisances sonores.

  • DOSSIER
    Risques liés à l'activité physique

    Prévenir les risques liés à l’activité physique

    Douleurs, lumbagos, chutes, troubles musculosquelettiques… L’activité physique malgré les progrès techniques reste la principale source d’accidents du travail et de maladies professionnelles.

  • dossier
    risque biologiques

    Prévenir les risques biologiques

    Virus, bactéries, champignons peuplent de multiples secteurs, pouvant contaminer les salariés. La prévention des risques consiste à rompre la chaîne de transmission le plus en amont possible.