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Bruit

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Effets sur la santé

Les effets du bruit sur la santé sont de deux types : auditifs et extra-auditifs. Si les premiers peuvent conduire à des surdités irréversibles, les seconds peuvent également avoir de graves conséquences pour les travailleurs.

 

Au travail, on distingue deux types d’effets du bruit sur la santé : 

  • les effets auditifs, qui correspondent à une dégradation irréversible du système auditif. Cette dégradation apparaît lorsque le salarié est exposé à des niveaux sonores élevés pendant une durée importante. Le Code du travail fixe les conditions d’apparition de ce risque, à savoir :
    • une exposition sonore quotidienne, qui représente le niveau de pression acoustique moyen reçu sur 8 heures, supérieure à 80 dB(A),
    • un niveau de pression acoustique de crête, qui correspond au niveau de pression acoustique instantané pondéré C, supérieur à 135 dB(C) ;
  • les effets extra-auditifs, qui correspondent à des manifestations autres que celles produites sur le système auditif. En général, ces effets ne sont pas irréversibles. Ils peuvent se produire pour des expositions sonores à des niveaux modérés, ce qui n’empêche pas qu’ils peuvent avoir de graves conséquences sur la santé et la sécurité des personnes : fatigue, stress, troubles du sommeil, troubles cardiovasculaires, etc. 

Effets auditifs

Surdité 

L'exposition prolongée à des niveaux de bruit intenses détruit peu à peu les cellules ciliées de l'oreille interne. Elle conduit progressivement à une surdité de perception irréversible. Aujourd’hui, on ne sait pas soigner ce type de surdité. L'appareillage par des prothèses auditives se contente d'amplifier les sons reçus par l’utilisateur, il n’améliore pas la fonction auditive dans son ensemble. Son efficacité reste donc limitée. 

STADES DE LA SURDITÉ LIÉE À L'EXPOSITION AU BRUIT
1er stade Surdité légère La personne ne se rend pas compte de sa perte auditive car les fréquences de la parole sont peu touchées.
2e stade Surdité moyenne Les fréquences aiguës de la conversation sont touchées, la discrimination fréquentielle est affectée. La personne ne comprend plus distinctement ce qui se dit.
3e stade Surdité profonde et irréversible  La personne n’entend plus, ou très peu, ce qui se dit.


Un bruit soudain très intense, par exemple lors d'une explosion, peut entrainer temporairement des sifflements d’oreilles (acouphènes), des bourdonnements, ainsi qu'une baisse de l'acuité auditive. Cette fatigue auditive disparaît avec le temps si aucune nouvelle exposition au bruit ne survient. Le dispositif Echoscan mis au point par l'INRS permet d'évaluer de façon objective les performances de l'oreille interne et de dépister précocement les salariés exposés au bruit et/ou à des produits nocifs pour l'ouïe avant que la surdité s’installe. Mais ce bruit intense peut aussi entraîner une surdité brutale, réversible (atteinte du tympan) ou définitive (atteinte des cellules ciliées). L'effet de souffle peut en effet entraîner une déchirure du tympan, mais aussi des lésions des cellules de la cochlée : c’est le traumatisme sonore aigu.


L'exposition à certains solvants, dits ototoxiques, peut amplifier les effets auditifs du bruit. Pour connaître les effets sur l’audition d’une exposition combinée au bruit et à des agents chimiques ototoxiques, consultez le dossier consacré aux polyexpositions

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La surdité peut être reconnue comme une maladie professionnelle si elle répond aux critères médicaux, professionnels et administratifs bien précis, mentionnés dans le tableau n° 42 des maladies professionnelles du régime général et le tableau n° 46 du régime agricole


Seule la surveillance de l'audition permet de faire le bilan des pertes auditives et ainsi de détecter une fragilité auditive. L'INRS préconise que soit effectué un audiogramme de référence lors de la visite d'embauche (par le service de prévention et de santé au travail ou chez un médecin ORL). En effet, la connaissance de l’état de l’audition antérieure à l’exposition au bruit facilite le diagnostic du médecin du travail ou du médecin ORL.
 


La surdité peut être reconnue comme une maladie professionnelle selon des critères médicaux, professionnels et administratifs bien précis, qui sont stipulés dans le tableau n° 42 des maladies professionnelles du régime général et le tableau n° 46 du régime agricole. Le tableau n° 42 a été modifié plusieurs fois, notamment en 1981 et en 2003, quand les conditions de reconnaissance ont été élargies – si bien que le nombre de surdités reconnues s'est accru brutalement dans les années qui ont suivi.

Un bruit soudain très intense, par exemple lors d'une explosion, peut entraîner une surdité brutale, totale ou partielle. L'effet de souffle peut en effet entraîner une déchirure du tympan, mais aussi des lésions des cellules de la cochlée : c’est le traumatisme sonore aigu.

Seule la surveillance de l'audition par le médecin du travail permet de faire les bilans des pertes auditives et ainsi de détecter la sensibilité d'une personne au bruit. L'INRS préconise que soit effectué un audiogramme de référence lors de la visite d'embauche (par le service de prévention et de santé au travail ou chez un médecin ORL). En effet, la connaissance antérieure de l’état de l’audition facilite le diagnostic du médecin du travail ou du médecin ORL.

Le choc acoustique

opérateur avec un casque téléphonique

Le risque de choc acoustique concerne les opérateurs travaillant avec des casques téléphoniques

Les chocs acoustiques sont des événements électro-acoustiques rares et imprévisibles conduisant à des niveaux de bruit intenses (souvent courts) reçus dans les casques audios utilisés notamment par les opérateurs dans les centres d’appels téléphoniques. Ces dysfonctionnements proviennent généralement de mauvaises isolations (perturbations électromagnétiques / boucles de courant).

Ils conduisent parfois à des traumatismes sonores reconnus comme accident du travail (hyperacousie, décalage temporaire du seuil de l’audition).

Pour prévenir la survenue des chocs acoustiques, l’INRS recommande d’équiper tous les postes téléphoniques de matériel limitant l’exposition sonore quotidienne et instantanée en dessous des limites réglementaires.

Que faire en cas de choc acoustique ?

En cas de survenue d’un choc acoustique, l’opérateur doit être formé pour retirer immédiatement son casque, faire constater l’incident puis raccrocher. Il faut l’envoyer immédiatement chez un médecin ORL. Pour qu’un rendez-vous chez un médecin ORL soit obtenu rapidement, il peut être utile qu’un accord ait été préalablement engagé entre l’entreprise (éventuellement via le service de prévention et de santé au travail) et un ou plusieurs médecins ORL.

En cas de lésion, une procédure de déclaration comme accident du travail  doit être engagée.En cas d’arrêt de travail dû au choc acoustique, un avis médical est nécessaire avant la reprise du travail.

Effets sur l’audition du fœtus

Si le bruit peut provoquer des surdités chez les travailleuses enceintes, il peut également représenter un danger pour les fœtus. En effet, au cours des trois derniers mois de grossesse, l’oreille interne du fœtus est particulièrement sensible aux bruits riches en basses fréquences. Or les bruits inférieurs à 250 Hz traversent facilement les barrières naturelles qui protègent le fœtus (parois abdominale et utérine, placenta et liquide amniotique) et sont donc potentiellement dangereux pour l’audition des enfants à naître.
 

Effets extras-auditifs

Parmi les effets les plus cités dans la littérature scientifique, on trouve les troubles cardiovasculaires, les troubles cognitifs, la fatigue, le stress, les troubles du sommeil. Le plus souvent ces effets sont réversibles.


Selon de nombreuses études, les troubles cardiovasculaires, en particulier l'hypertension artérielle, sont plus fréquents chez les travailleurs exposés au bruit. Ils ont tendance à augmenter avec la durée de l’exposition.


Le bruit peut potentiellement détériorer les performances cognitives des travailleurs lors de l’exécution de tâches complexes nécessitant l’implication de leur mémoire de travail. Même s’ils parviennent à maintenir un bon niveau de performance, ils puisent dans leurs ressources et la fatigue s’installe. Un risque d’accident est également possible si une baisse d’attention est induite. 


L'exposition prolongée au bruit a aussi des conséquences négatives sur la qualité du sommeil. Elle provoque une réduction du nombre et de la durée des cycles de sommeil, si bien que le bruit interfère avec la fonction récupératrice du sommeil et peut entraîner une fatigue chronique. C'est d'autant plus vrai chez les personnes travaillant de nuit et devant dormir pendant la journée.


Enfin, même à niveau modéré, c’est-à-dire entre 60 et 80 dB(A) ou même à des niveaux inférieurs, le bruit peut gêner le salarié dans la réalisation de ses tâches de travail. Cette gêne se traduit par de la fatigue cognitive, de l'insatisfaction au travail, de l'irritabilité. Le bruit peut aussi constituer un facteur de stress dans la mesure où il s’installe dans le temps et où il est imprévisible et incontrôlable. Dans tous les cas, il contribue à une augmentation de la charge mentale de travail du salarié.

Risque d'accident du travail

Le bruit peut être responsable d'accidents du travail dans les situations où il masque les signaux utiles aux salariés. C’est le cas des alarmes de machines ou d’engins dans la logistique ou le BTP. Ces dernières doivent être à la fois suffisamment audibles (pour éviter une collision par exemple) et contrôlées en niveau pour éviter une surexposition sonore du salarié ou un sursaut qui pourrait être une cause d’accident.
C’est aussi le cas lorsqu’une bonne communication entre les salariés est un enjeu de sécurité. Il s’agit d’une part de maintenir une bonne intelligibilité de la parole tout en évitant la fatigue liée à la nécessité de produire un effort vocal élevé pour pouvoir être compris.


Pour en savoir plus
Mis à jour le 27/05/2026