Données épidémiologiques Guide de lecture
Population générale
De survenue endémique saisonnière à la fin de l'hiver et au printemps, et à recrudescence épidémique cyclique, c'est une maladie de l'enfant, de l'adolescent et de l'adulte jeune chez les populations non vaccinées.
D'évolution souvent grave dans les pays en voie de développement, la rougeole était à l'origine d'un million de décès d'enfants par an, selon l'OMS. La vaccination a eu un effet très sensible sur la mortalité rougeoleuse. On estime que, grâce à la vaccination, le nombre de décès dus à la rougeole est passé de 780 000 en 2000 à 95 000 en 2024.
La Région européenne de l’OMS a subi une hausse alarmante des cas de rougeole avec une multiplication par 30 du nombre de cas déclarés entre 2022 et 2023. Cette résurgence de la rougeole est largement imputable au recul de la couverture vaccinale (CV) entre 2020 et 2022 suite à la pandémie de COVID-19.
En 2024, la Région européenne représentait environ un tiers des cas de rougeole, avec 359 521 cas signalés dans le monde. En 2023, près de 500 000 enfants de cette région n’avaient pas reçu la première dose du vaccin (MCV1) (couverture vaccinale restant inférieure à 80 % dans plusieurs pays, bien en dessous du seuil de 95 % nécessaire à l’immunité collective). En 2024, les pays rapportant le plus de cas dans la région étaient la Roumanie (30 692 cas) et le Kazakhstan (28 147 cas) (3).
En France, entre le 01/01/2008 et le 31/12/2023, plus de 30 000 cas de rougeole ont été signalés, avec une forte épidémie en 2010-2011 (près de 15 000 cas rien qu’en 2011). 26 cas sont décédés sur l’ensemble de la période. Après une quasi-absence de rougeole de 2020 à 2023, vraisemblablement due aux mesures anti-COVID-19 ainsi qu’à une amélioration de la couverture vaccinale des nourrissons qui relèvent de l’obligation vaccinale, augmentant ainsi l'immunité collective, l’année 2024 a marqué une reprise de la circulation de la rougeole en France, avec 483 cas déclarés (nombre multiplié par quatre par rapport à 2023), dont 84 cas importés. Plusieurs foyers épidémiques ont été observés, notamment en milieu scolaire, familial et en crèche, touchant particulièrement les nourrissons de moins d’un an, chez qui l’incidence était la plus élevée. L’âge médian des cas était de 13 ans, traduisant un déplacement vers des classes d’âge plus élevées. 30 % des cas ont été hospitalisés : sans décès rapporté. Cette tendance s’est confirmée en 2025 avec 873 cas déclarés, une diffusion à 71 départements, un âge médian de 16,7 ans, une proportion importante d’hospitalisations (36 % des cas) et de complications (14 %), dont des pneumopathies et quelques encéphalites ; quatre décès, tous chez des patients immunodéprimés, ont également été rapportés. Une diminution progressive des cas est intervenue à partir du printemps (4).
Dans les pays à forte couverture vaccinale, une proportion croissante de cas concerne les adolescents et les adultes jeunes non immunisés, chez lesquels les formes cliniques peuvent être plus sévères.
Milieu professionnel
Taux de contamination des professionnels de santé non immuns évalué 13 à 19 fois supérieur à celui de la population générale (5).
Pendant l'épidémie de 2008-2011, 85 épisodes de transmissions nosocomiales de rougeole en France impliquaient, dans 72 % des cas, des personnels de santé (6).
65 épisodes de rougeole nosocomiale ont été signalés entre 2001 et 2018, particulièrement aux urgences et en pédiatrie. Parmi ces épisodes, 23 correspondaient à des cas groupés, dont 83 % concernaient le personnel de santé (7).
En laboratoire
Aucun cas publié.