Données épidémiologiques Guide de lecture
Population générale
Au niveau mondial, le nombre de malades diagnostiqués et traités par des antibiotiques anti-lépreux a considérablement chuté, passant de plus cinq millions en 1985 à environ 200 000 nouveaux cas chaque année. L’incidence semble toutefois stagner avec 172 717 nouveaux cas en 2024 (3) ; le Brésil, l’Inde et l’Indonésie concentraient 79,8 % de ces nouveaux cas. Le nombre total cumulé de personnes handicapées par la lèpre est très grossièrement estimé à deux à trois millions d’individus (3). Il faut tenir compte du fait que l’incidence observée est étroitement liée aux capacités de dépistage alors que les populations les plus touchées sont souvent des exclus géographiques et économiques du système de santé.
À noter que les formes multibacillaires sont les plus nombreuses d’après l’OMS, presque 70 % dans le monde.
En France, environ 60 cas de lèpre sont diagnostiqués tous les ans. La lèpre est encore présente dans les territoires ultra-marins (Nouvelle Calédonie, Polynésie française) et les départements dont certains n’ont plus que des cas sporadiques (Martinique, Guadeloupe, Réunion) alors que d’autres sont encore endémiques (Mayotte, Guyane) en particulier du fait des pays voisins. Il n'y a plus de cas de lèpre autochtone sur le territoire français métropolitain. Les cas de lèpre diagnostiqués traités et suivis sur le territoire métropolitain correspondent tous à des cas importés d'une zone où la lèpre est endémique (DROM ou pays étranger endémique) (4, 5).
M. lepromatosis est le bacille lépreux originaire du continent américain. Ce bacille semble préférentiellement associé à la lèpre lépromateuse diffuse dans les Caraïbes et au Mexique. Même s’il a été décrit aussi à Singapour, sa répartition géographique et sa prévalence ne sont pas connues.
Milieu professionnel
Une étude de séroprévalence chez des soignants en zone de forte endémie montre que l’exposition à des patients atteints de lèpre est un facteur de risque significatif de séropositivité (6).
Des publications anciennes font état de contaminations possibles par inoculation (tatouages, inoculations volontaires expérimentales…) mais le niveau de preuve apparaît limité (7). Un chirurgien a développé, 5 ans après une coupure lors d’une biopsie chez un patient atteint de lèpre multibacillaire, une atteinte nerveuse au site de la lésion : l’histologie confirmant l’atteinte léprosique (8).
En laboratoire
Absence d’étude récente.