La filière et les risques professionnels
La filière
Les biodéchets sont réglementairement définis comme « les déchets non dangereux biodégradables de jardin ou de parc, les déchets alimentaires ou de cuisine provenant des ménages, des bureaux, des restaurants, du commerce de gros, des cantines, des traiteurs ou des magasins de vente au détail, ainsi que les déchets comparables provenant des usines de transformation de denrées alimentaires » (article L. 541-1-1 du Code de l'environnement).
Quelques chiffres
- 18 millions de tonnes de biodéchets produites par les ménages (estimation 2017) et 6 millions de tonnes produites par les professionnels (estimation 2019)
- 18,6 kg de biodéchets collectés par habitants en 2017
- 747 plateformes de compostage et 1 724 unités de méthanisation y compris la méthanisation agricole en 2024
(Source : Ademe et ministère de la Transition écologique)
La filière de valorisation des biodéchets alimentaires compte trois acteurs : les producteurs, les collecteurs et les centres de valorisation. Ils interagissent localement pour trouver les solutions techniques satisfaisant chacun d'entre eux.
1. Les producteurs de biodéchets
Il s'agit des ménages et des entreprises (commerce et distribution alimentaire, marchés de gros et forains, restauration et industrie agroalimentaire). Le producteur est responsable de ses biodéchets, depuis leur production jusqu'à leur valorisation. Il lui est demandé de repérer les opérations générant des biodéchets afin de :
- les réduire : gestion des stocks, ajustement des portions dans les assiettes, dons aux associations caritatives, valorisation en alimentation animale ;
- les trier à la source selon les consignes de tri, notamment les types de déchets acceptés et refusés par les centres de valorisation ;
- les conditionner dans des bacs sur roue, des caisses-palettes, des bennes, des points d'apport volontaires (PAV), ou des installations mécaniques (compacteurs, sécheurs, déshydrateurs, cuiseurs, broyeurs, cuves de stockage, citernes) ;
- les entreposer de façon optimale en vue de leur collecte ou de leur valorisation sur place.
2. Les collecteurs
Le service public (régie directe ou prestataire) collecte les biodéchets des ménages et peut également collecter les biodéchets assimilables produits par certaines activités économiques. S'ajoutent des transporteurs spécialisés qui prennent en charge les biodéchets des entreprises.
Les collecteurs font intervenir différents types de camions selon le conditionnement des biodéchets :
- un camion muni d'un hayon élévateur emportant les bacs sur roues, les caisses-palettes et les palettes ;
- un camion-benne à ordures ménagères (BOM), dans lequel est déversé le contenu des bacs sur roues ;
- un camion multibenne, pour transporter les bennes de collecte amovibles ;
- un camion muni d'une grue de chargement collectant les cuves des PAV ;
- un camion hydrocureur pour vidanger les cuves de stockage post-broyeur ;
- un camion-citerne pour vidanger les citernes de stockage de biodéchets liquides.
3. Les centres de valorisation
Les centres valorisent les biodéchets par compostage, par méthanisation ou par méthanisation suivie d'un compostage.
Les centres de valorisation réceptionnent les biodéchets en vrac ou conditionnés, apportés par différents types de camions, et doivent donc adapter leurs infrastructures pour effectuer :
- le déchargement des différents types de camions, ainsi que le contrôle des biodéchets entrant ;
- le déconditionnement des biodéchets en emballage primaire, en unité de vente conditionnée (UVC), ou en palette ;
- le nettoyage des différents types de conteneurs et de camions.
Les risques professionnels
Les risques professionnels rencontrés dans la filière sont liés aux différents dangers inhérents à l'activité, tels que :
- les micro-organismes présents dans les biodéchets, qui sont des matières organiques favorisant leur développement ;
- les gaz et toxines produits par les micro-organismes ;
- les insectes et autres animaux attirés par les biodéchets ;
- la manutention de charges lourdes et gestes répétitifs ;
- les véhicules et engins de manutention ;
- les machines (sécheurs, déshydrateurs, cuiseurs, broyeurs, cuves de stockage, compacteurs déconditionneurs).
Selon les tâches effectuées, ces dangers peuvent faire encourir différents types de risques. Ces risques doivent être identifiés lors de la démarche d’évaluation des risques et de la réalisation du document unique.
| Risques | Origines |
|---|---|
| Lors de l'entreposage des biodéchets | |
| Risques biologiques (troubles intestinaux par ingestion, infections des plaies par contact cutané) |
|
| Risques chimiques (troubles respiratoires, neurologiques par inhalation de H2S, CO, COV…) |
|
| Lors du transport des biodéchets | |
| Risques biologiques (troubles intestinaux par ingestion, infections des plaies par contact cutané, troubles respiratoires par inhalation de bioaérosols) |
|
| Risques chimiques (troubles respiratoires, neurologiques par inhalation de H2S, CO, COV…) | Chargement et déchargement des camions citernes et hydrocureurs |
| Lors de la valorisation des biodéchets | |
Risques biologiques (troubles intestinaux par ingestion, infections des plaies par contact cutané, troubles respiratoires par inhalation de bioaérosols)
Risques chimiques (troubles respiratoires, neurologiques par inhalation de H2S, CO, NH3, COV…) |
Conditions et durée d'entreposage de la soupe avant méthanisation |
| Risque d'incendie et d'explosion | Conditions et durée d'entreposage de la soupe avant méthanisation |
| Lors de l'entreposage, du transport et de la valorisation des biodéchets | |
| Risques biologiques | Piqûres, morsures par des insectes, rongeurs et autres animaux attirés par les biodéchets à cause de :
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| Risque de glissades, chutes | Jus de biodéchets répandu sur le sol à cause de :
|
| Troubles musculosquelettiques (TMS) |
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| Risque de collisions avec des véhicules et des piétons |
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| Risque de chutes de hauteur | Présence de quais ou de fosses lors du chargement et du déchargement |
| Risques liés aux équipements (écrasement et pincement de membres, électrisation, électrocution, brûlure) |
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À ces risques spécifiques peuvent s’ajouter d’autres risques tels que les risques routiers ou les risques liés à l’organisation du travail (risques psychosociaux ou liés aux horaires atypiques par exemple).