Prévention des risques liés au radon : la campagne hivernale de mesurage est lancée
D‘octobre à avril, les conditions sont réunies pour mesurer la concentration en radon dans les lieux de travail. Cette période est privilégiée car elle correspond généralement à une période de chauffe facilitant l’entrée du radon dans le bâtiment. Par ailleurs, les locaux étant moins aérés, le radon tend à s’accumuler davantage à l’intérieur. Ces mesurages doivent être effectués pendant au moins deux mois durant cette période, afin d’obtenir un résultat représentatif de la concentration moyenne annuelle. Cette campagne hivernale constitue donc une étape essentielle de l’évaluation du risque lié à ce gaz radioactif naturel.
Un gaz présent dans les sols
Voies de pénétration du radon dans un bâtiment
Le radon peut pénétrer dans un bâtiment via les fissures (1), les interstices entre les parois (2), les passages de canalisations (3) et la porosité des parois (4)
© Jean-André Deledda pour l'INRS/2020
Le radon est présent naturellement dans tous les sols. Il s‘infiltre dans les bâtiments et peut s‘accumuler dans les espaces clos, notamment lorsque le renouvellement d‘air est insuffisant. Les concentrations dépendent de plusieurs facteurs : le potentiel radon de la commune, les caractéristiques du bâtiment et de son système de ventilation, ou encore des éléments qui favorisent l’entrée du radon (fissures, passages de réseaux, sols en terre battue, locaux en dépression...).
Responsable d‘environ la moitié de l‘exposition annuelle de la population française aux rayonnements ionisants, le radon est reconnu comme un facteur de risque de cancer broncho-pulmonaire. Ce risque est majoré chez les fumeurs et anciens fumeurs.
Une démarche progressive d‘évaluation
Toutes les entreprises doivent prendre en compte le risque radon dans leur démarche d’évaluation des risques professionnels et en retranscrire les résultats dans leur document unique d‘évaluation des risques professionnels (DUERP).
L‘évaluation débute par une analyse documentaire appuyée notamment sur la carte des zones à potentiel radon pour les locaux situés en sous-sol ou en rez-de-chaussée de bâtiments, ainsi que dans certains lieux de travail dits spécifiques comme les ouvrages enterrés ou les cavités souterraines.
Si cette première analyse ne permet pas d‘écarter le risque d’atteindre ou de dépasser le niveau de référence de 300 Bq/m³ en moyenne annuelle, des mesurages doivent être réalisés.
Ceux-ci peuvent être réalisés directement par l‘entreprise. Toutefois, les dispositifs de mesure utilisés doivent être fournis et analysés par un organisme accrédité (Algade, Eurofins, Pearl, Radonova).
Les résultats de ces mesurages déterminent les suites à donner :
- si l’activité volumique est inférieure à 300 Bq/m3, la mise en place d’un plan d’actions n’est pas obligatoire. Toutefois, en application des principes généraux de radioprotection, il convient de réduire l’exposition des travailleurs au niveau le plus faible qu’il est raisonnablement possible d’atteindre.
- si l‘activité volumique atteint ou dépasse 300 Bq/m3, un plan d‘actions doit être mis en œuvre afin de ramener la concentration sous ce seuil dans un délai maximal de 36 mois ;
- si l‘activité volumique dépasse 1 000 Bq/m3, des actions sont requises pour réduire ce niveau sous 1 000 Bq/m³ dans un délai maximal de 12 mois, tout en visant le retour sous 300 Bq/m³ dans les 24 mois restants ;
Dispositif renforcé
Après la mise en œuvre des actions de réduction, de nouveaux mesurages doivent être réalisés dans les mêmes conditions qu’à l’origine, afin de permettre de vérifier leur efficacité. Si les concentrations ne sont toujours pas inférieures au niveau de référence, un dispositif renforcé de radioprotection doit être déployé. Celui-ci comprend notamment des mesures administratives (désignation d‘un conseiller en radioprotection, transmission des résultats à l‘Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection), des mesures collectives (délimitation d‘une zone radon, vérification des locaux attenants) et une évaluation de l‘exposition individuelle des travailleurs.
Selon la dose efficace estimée dans le cadre de l’évaluation individuelle, une surveillance radiologique ou un dispositif plus complet (surveillance dosimétrique, suivi individuel renforcé de l‘état de santé, formation adaptée) peuvent être nécessaires.
Réduire durablement l‘exposition
La prévention de ce risque repose avant tout sur la réduction de la concentration en radon dans les locaux. Les principales mesures consistent à améliorer ou rétablir la ventilation, renforcer l‘étanchéité des sols et des murs et traiter les soubassements, par exemple en installant une ventilation mécanique adaptée dans les vides sanitaires.
Le dossier web « Radon » de l‘INRS ainsi que le logigramme d‘aide à la décision permettent aux entreprises de conduire cette démarche d‘évaluation et de prévention, depuis l‘analyse documentaire jusqu‘à la mise en œuvre des mesures adaptées en fonction des résultats obtenus.
Webinaire – Radon en milieu de travail : évaluation et prévention
Le 29 septembre 2026 , l’INRS a organisé un webinaire sur la prévention des risques liés à l’exposition professionnelle au radon. Ce webinaire présente les spécificités de la démarche d’évaluation, les axes de réduction de la concentration de ce gaz, les mesures de prévention à mettre en œuvre ainsi que les modalités de suivi de la santé des travailleurs.