Accidents exposant au sang et aux liquides biologiques : maintenir la vigilance face aux maladies infectieuses émergentes

Mis à jour le 28/09/2026
Les accidents exposant au sang et aux liquides biologiques (AES) ont fortement diminué chez les professionnels de santé grâce aux progrès de la prévention. Mais le risque n’a pas disparu. Un article publié dans la revue Références en santé au travail de l’INRS fait le point sur les transmissions documentées de maladies infectieuses émergentes après un AES et rappelle l’importance d’une prévention adaptée et d’une prise en charge immédiate après tout accident.

Des accidents moins fréquents, mais un risque qui persiste

Selon l’article publié dans la revue Références en santé au travail de l’INRS (lien vers l’article), les données disponibles montrent une baisse importante des accidents exposant au sang et aux liquides biologiques (AES) chez les professionnels de santé. Cette évolution s’explique notamment par la sécurisation des gestes à risque invasifs (respect des précautions standard d’hygiène et utilisation de matériels de sécurité).

Pour autant, les AES n’ont pas disparu. Lorsqu’un agent infectieux est présent dans le sang, une exposition accidentelle peut entraîner une transmission à un soignant. Si les contaminations professionnelles par le VIH et les virus des hépatites B et C sont devenues beaucoup plus rares, d’autres agents pathogènes peuvent être concernés dans le contexte de l’émergence de certaines maladies infectieuses (MIE).  

Des maladies émergentes à prendre en compte

La revue de la littérature met notamment en évidence des cas de transmission après AES concernant des fièvres hémorragiques virales, comme la maladie à virus Ebola ou la fièvre hémorragique de Crimée-Congo, ainsi que certaines arboviroses telles que la dengue, le zika ou le chikungunya. Des transmissions professionnelles de Mpox (autrefois appelé variole du singe) notamment après piqûre ont également été décrites.

Ces situations restent rares, mais elles soulignent l’importance d’anticiper les risques liés à des agents infectieux parfois inhabituels. En France, la prise en charge de patients contaminés dans une zone d’endémie, l’apparition de cas autochtones ou la survenue d’une épidémie peuvent notamment exposer les professionnels de santé.

La prévention reste le premier levier

Les auteurs soulignent que de nombreux accidents décrits dans la littérature auraient pu être évités par l’application des recommandations de prévention. Les précautions standard, la sécurisation des gestes à risque et l’utilisation appropriée des équipements et dispositifs de sécurité constituent ainsi des mesures de prévention essentielles.

Comment réagir en cas d’AES ?

La prise en charge doit être réalisée sans délai : arrêt sécurisé du geste, soins immédiats de la zone exposée et signalement de l’accident permettent d’évaluer rapidement le risque. Selon l’agent infectieux en cause, une prise en charge spécialisée peut être nécessaire afin de déterminer l’indication d’un traitement ou d’une prophylaxie post-exposition et d’organiser le suivi du professionnel exposé.

 

Si les progrès réalisés ont considérablement réduit le risque de transmission professionnelle de plusieurs infections, la persistance des AES et l’évolution des maladies infectieuses invitent à maintenir un haut niveau de vigilance et à intégrer les risques émergents dans les démarches de prévention.