Foire aux questions
Questions/réponses sur les nuisances sonores au travail
Il existe plusieurs filtres fréquentiels : pondération A (censée représenter la réponse de l’oreille humaine pour des « faibles » niveaux et négligeant les basses fréquences), C (pour les niveaux plus forts, quasiment plate en fréquence donc proche de l’absence de pondération ou dB Lin – linéaire), B (intermédiaire mais inusitée dans la réglementation), HL (Hearing Level) utilisée pour l’audiométrie. Les seuils réglementaires sont donnés en dB(A) et dB(C).
Les faibles expositions n’ont pas d’impact sur les facultés auditives des personnes. En revanche, elles peuvent s’ajouter à d’autres difficultés environnementales et entraîner de la fatigue intellectuelle, les facultés de concentration et être cofacteur de stress (sommeil, troubles digestifs, etc.). Ces impacts sont très variables d’une personne à l’autre.
Comme dans tous les open-spaces, il faut agir sur l’environnement sonore de manière à ce qu’il soit adapté aux tâches des opérateurs. Au téléphone, il faut un matériel de téléphonie et des casques de qualité de manière à assurer l’intelligibilité des messages des appelants. Les limiteurs de niveau (limiteurs de chocs acoustiques et limiteur de niveau moyen sur la journée) peuvent être utiles. L’aménagement de l’espace, une surface suffisante par opérateur (environ 10 m2 par personne, une surface inférieure à 7 m2 par personne est rédhibitoire pour obtenir une bonne qualité acoustique) et la mise en place de plafonds acoustiques sur au moins 80 % de la surface (et présentant une absorption acoustique de classe A selon la norme NF EN ISO 11654), mobilier, écrans acoustiques, etc. garantissent la baisse de la réverbération sonore des multiples conversations.
Les aménagements partiels utiles au contrôle sonore obéissent à des règles simples : éloignement des sources, cloisonnement et séparation des zones, panneaux acoustiques absorbants (conformes aux règles d’hygiène), silencieux de ventilation, etc.
Les ultrasons de faible niveau (échographie, contrôle) ne présentent généralement pas de danger. Ceux de fort niveau (soudure, nettoyage) sont dangereux au contact avec la peau mais ne sont pas entendus par l’oreille au-delà de 20 kHz. Ils sont de plus très rapidement atténués dans l’air. Des sons aigus de 16 kHz, par exemple, ne sont plus entendus par les quadragénaires mais par les jeunes personnes, ils peuvent alors être pénibles. Les infrasons aux niveaux habituellement trouvés dans l’industrie (machines tournantes lentes) ou l’environnement (éoliennes) ne sont généralement pas audibles ni risqués. En revanche, certaines personnes très sensibles se plaignent parfois de gêne.
Dans les ateliers de formation, on peut supposer un grand hall avec plusieurs endroits spécifiques où l’on effectue des travaux pratiques (machines, postes manuels). Comme dans un hall industriel, il est possible d’évaluer le risque en mesurant l’exposition sonore des personnes en formation à leur poste de travail. L’exposition s’évalue par des méthodes simplifiées ou se mesure avec des appareils comme des exposimètres sonores ou des sonomètres, en suivant un protocole précis (cf. brochure INRS ED 6035).
Bien entendu, l’agroalimentaire comme les autres secteurs peut être amélioré d’un point de vue acoustique : traitements à la source, éloignement, séparation des zones, silencieux d’échappement d’air ou, mieux, déport des échappements dans les combles, organisation du travail, traitement acoustique des locaux (matériaux absorbants répondant aux impératifs d’hygiène : certains matériaux acoustiques peuvent être lavés quotidiennement à moyenne pression)…
Il faut privilégier une protection individuelle qui peut se mettre et s’enlever facilement et rapidement : casques antibruit, coquilles montées sur arceau…, plutôt que des bouchons de mousse ou des bouchons préformés, plus contraignants à mettre.