Exposition aux nanoparticules de PET : un passage possible à travers les barrières pulmonaire et cutanée ?
Communication scientifique
L’omniprésence des nano- et microplastiques (NMP) dans l’environnement et sur les lieux de travail suscite des préoccupations croissantes quant à leurs effets potentiels sur la santé humaine. Alors que l’ingestion de NMP commence à être étudiée, les données relatives à leur devenir après inhalation ou contact cutané demeurent limitées. Ce déficit de connaissances entrave l’évaluation du risque lié à ces expositions.
Le présent travail visait à étudier la capacité d’un modèle de NMPs, des nanoparticules de polyéthylène téréphtalate (nano-PET), à franchir les barrières cutanée et pulmonaire, ainsi que leur distribution et leur élimination dans l’organisme.
Des suspensions de nano-PET radiomarquées au carbone-14 (diamètre hydrodynamique moyen : 80 nm) ont été produites par le CEA Saclay et utilisées pour des études toxicocinétiques in vitro et in vivo réalisées à l’INRS.
Le passage cutané a été évalué in vitro sur peau humaine à l’aide de cellules de Franz (42 h d’exposition, 10 µg/cm²). Les bilans de masse atteignaient 90–95 %, avec 70–75 % de la dose initiale non absorbée. Environ 18–20 % de la radioactivité totale étaient retrouvés dans la peau, dont 97 % confinés dans le stratum corneum (principalement les 6–7 premières couches), suggérant une pénétration négligeable au-delà de la couche cornée.
La voie pulmonaire a été étudiée in vivo chez le rat après une instillation intratrachéale unique (0,2 mg/kg) et un suivi jusqu’à 28 jours. Les mesures de radioactivité indiquaient une rétention pulmonaire décroissante dans le temps (77,5 % de la dose initiale à 24 h, 43,8 % à 7 jours et 12,2 % à 28 jours), avec une distribution limitée aux autres organes, hormis les ganglions lymphatiques associés aux poumons. L’élimination se faisait principalement par voie urinaire (34 % à 28 jours) et fécale (13 %).
Ces premiers résultats suggèrent que les nano-PET présentent une faible capacité de passage cutané, mais peuvent persister transitoirement dans le tissu pulmonaire avant d’être progressivement éliminées. Ce travail, conduit dans le cadre du GDR NaMasTé, contribue à améliorer la compréhension du devenir biologique des NMP et constitue une première étape.
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Fiche technique
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Année de publication
2025 -
Langue
Français -
Auteur(s)
MARQUET F., JOUBERT E., Gate L., SEIWERT C., SALLUSTRAU A., SEIDEL C., SEBILLAUD S., NIJMAN A., COSNIER F. -
Référence
9/12/2025-GRENOBLE-GDR Namasté 2025
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