Évaluation de l'exposition à l'isoflurane résiduel lors de la chirurgie sur des rats

Communication scientifique

Ces dernières années, la recherche biomédicale est étroitement associée à la mise en œuvre d'anesthésie par inhalation. L'utilisation d'isoflurane ou d'autres anesthésiques volatils peut entraîner des expositions professionnelles potentielles aux gaz anesthésiants résiduels (GAR). Les effets possibles sur la santé suite à l'exposition chronique à l'isoflurane comprennent des effets hépatotoxiques, génotoxiques ainsi que certains effets tératogènes et reproductifs. Un nombre significatif des résultats de recherche prouvent que les expositions professionnelles aux GAR dans les hôpitaux se sont considérablement diminuées tandis que les expositions dans les hôpitaux vétérinaires ou les laboratoires biomédicaux vétérinaires restent incertaines.
Suite à l'achat d'un nouveau module d'anesthésie, une première campagne des prélèvements a démontré une exposition importante des opérateurs à l'isoflurane. Par conséquent, une étude a été effectuée pour identifier les sources d'émissions et fournir des solutions pour réduire les émissions d'isoflurane lors des opérations chirurgicales sur les rats. L'étude visait à évaluer la concentration atmosphérique d'isoflurane dans le laboratoire de chirurgie ainsi que les expositions individuelles des opérateurs. Les résultats des prélèvements sur trois jours ont démontré une augmentation progressive de la concentration atmosphérique d'isoflurane de 0,36 à 2,69 ppm et de 0,72 à 32,52 ppm aux deux différents postes de travail surveillés. Les niveaux d'exposition individuels ont également augmenté progressivement de 0,40 à 4,40 ppm. De plus, les résultats des mesures ont démontré des concentrations importantes d'isoflurane à la sortie de la cartouche filtrante. L'installation du système d'évacuation externe a permis de diminuer la concentration d'isoflurane. De plus, aucune augmentation de la concentration atmosphérique et des expositions individuelles sur les 3 jours n'a été observée. Les résultats obtenus indiquent que l'installation du système d'évacuation externe permet de réduire les niveaux de GAR et de respecter les valeurs de concentration recommandées en isoflurane. Concernant les risques potentiels pour la santé liés aux expositions chroniques au GAR telles que celles observées dans cette étude en absence de système externe d'évacuation des gaz, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour apporter des informations plus définitives.