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Risques routiers

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Risques pour la santé et données statistiques

En règle générale, les accidents de mission se produisent sur des petites routes départementales (souvent étroites et en courbe). Ils surviennent de jour, par temps de pluie avec un sol mouillé. Les conducteurs sont au volant de leur véhicule personnel, et ils sont pressés (contrainte d’emploi du temps à respecter). Ils se disent fatigués, ayant des soucis, avec des préoccupations professionnelles qui les distraient de leur activité de conduite. Ainsi, lors du surgissement d’un autre véhicule en sens inverse ou d’une entrée en courbe, ils sont surpris et perdent le contrôle de leur véhicule.

Voici cependant quelques spécificités des accidents de travail sur la route survenus dans deux secteurs d’activité, le commerce et les services.

Camion accidenté

Activité de démarchage commercial

Dans les activités de démarchage commercial, les accidents se produisent majoritairement sur autoroute et de nuit. Les conducteurs sont sur le chemin du retour, au volant d’un véhicule de société ne présentant aucun défaut technique en cause dans l’accident.
Les commerciaux se disent fatigués ou distraits. Ils reconnaissent leur inattention à la conduite. Ils ruminent les événements de la journée en « faisant le point ». Ils sont toujours mentalement dans leur activité professionnelle. Et cela d’autant plus que sur l’autoroute, ils sont sur des rails, dans le flux de circulation qu’ils se contentent de suivre.
Ils sont totalement surpris et pris au dépourvu par un incident inattendu, et auquel leur faible vigilance ne les a pas préparés à réagir. Il s’agit d’un brusque ralentissement du trafic devant eux, de la présence d’un obstacle sur la chaussée (difficilement décelable à l’avance de nuit et inattendu sur l’autoroute), ou du rattrapage par un véhicule plus rapide dont la demande de passage impatiente provoque une réaction soudaine et inadaptée.

D’après une analyse de cas d’accidents de travail sur la route réalisée en 2004 par l’Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (INRETS).

Activités de services

Dans les activités de services, les accidents se produisent généralement de jour, en agglomération et sur des carrefours. Même si les conducteurs ne se disent pas « pressés » ou « en retard », ils se déplacent dans le cadre d’un emploi du temps et donc d’une contrainte horaire à respecter.
Ils font état de fatigue physique, de soucis liés à la profession, qui entrent en concurrence avec l’attention normalement exigée par l’activité de conduite dans un environnement urbain. Les particularités des aménagements locaux et de leur environnement, la complexité des carrefours, les masques à la visibilité, l’absence de fléchage directionnel sont évoqués comme étant des éléments perturbateurs de leur attention.
Ainsi, ils s’engagent dans un carrefour alors que le feu de circulation est au rouge, ou sans détecter un véhicule auquel ils étaient censés laisser la priorité.

D’après une analyse de cas d’accidents de travail sur la route réalisée en 2004 par l’Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (INRETS).

Une grande partie des véhicules utilisés pour des activités professionnelles sont des véhicules utilitaires légers. Ces véhicules parcourent en un an quatre fois plus de kilomètres que les véhicules utilitaires lourds. Plus d’un sur quatre est utilisé dans le secteur de la construction. Du fait de son chargement, ce type de véhicule peut être accidentogène pour le conducteur comme pour autrui.

Pour certaines professions spécifiques (coursiers notamment), les deux-roues sont utilisés de façon majoritaire : ils exposent leurs conducteurs à des risques de dommages corporels importants en cas d’accident.

Dommages corporels en cas d’accident de la route

En moyenne 20 000 accidents du travail sont des accidents de la route. Ces accidents se caractérisent par leur gravité. Environ 2 000 ont entraîné une incapacité permanente et plus de 115 ont été mortels. La route est encore la première cause de décès au travail, avec environ 20 % des accidents mortels. Elle est également à l’origine d’accidents graves, avec des conséquences humaines et matérielles parfois importantes.

Désincarcération d'une victime d'un accident de la route

Lors d’une collision frontale, les lésions qui mettent en jeu le pronostic vital des occupants sont principalement celles qui touchent le thorax et la tête. Quant aux handicaps, ils sont majoritairement dus à des lésions cérébrales et des membres inférieurs.
 

En cas de choc violent, même avec un équipement de sécurité (airbag, ceinture), la décélération importante peut provoquer des lésions graves des organes, avec hémorragie interne, ainsi qu’un traumatisme des vertèbres cervicales (flexion du cou). De plus, si un objet se trouve dans l’habitacle du véhicule, il est projeté et peut blesser les occupants.


Ainsi, un accident aux conséquences bénignes pour les occupants d’un véhicule de tourisme pourrait s’avérer grave ou mortel dans un véhicule utilitaire dont la charge à bord n’aurait pas été arrimée : sous l’effet du choc, la charge se trouve projetée vers l’avant, blessant ou tuant ainsi les occupants.


L’Observatoire national interministériel de sécurité routière (ONISR) constate que la gravité des accidents de véhicules utilitaires légers (VUL) de type camionnette est plus élevée que la moyenne. Or, ces véhicules sont essentiellement utilisés à des fins professionnelles.

Autres risques

La conduite peut sembler anodine pour la santé. Or, au-delà des risques de dommages corporels en cas d’accident de la route, le conducteur est exposé, souvent sans en être conscient, à beaucoup d’autres risques : physiques, posturaux, chimiques ou psychosociaux. Leurs effets sur la santé peuvent être aggravés par des expositions professionnelles importantes ou de longue durée (comme dans beaucoup de secteurs où l’activité de conduite occupe une place importante).

Risques physiques

Le conducteur est exposé aux vibrations du véhicule. Le niveau d’exposition à ces vibrations est lié à la vitesse moyenne de conduite, ainsi qu’au type de véhicule, à la motorisation, à la période de circulation… Cette exposition pourrait favoriser la survenue de douleurs au niveau de la colonne vertébrale (rachialgies).
 

Il est également exposé au bruit (moteur, circulation…). L’utilisation de la radio et l’ouverture de la fenêtre seraient les deux éléments augmentant le plus cette exposition au bruit (d’après une étude canadienne). Il y a donc un risque de perte auditive (avec une perte auditive plus importante à gauche qu’à droite).
 

Notons que l’exposition à la chaleur, en période estivale et avec des véhicules non climatisés, constitue un risque avéré. A partir d’une température de 30 °C à l’intérieur de l’habitacle, les capacités du conducteur (vitesse de réaction, vigilance…) se trouvent dégradées, ce qui peut provoquer des accidents. Or, ces valeurs de températures sont très rapidement atteintes derrière un pare-brise.
 

Enfin, l’exposition à la lumière des phares, à leur réfléchissement sur des routes mouillées ou enneigées peut engendrer de la fatigue visuelle.

Risques liés aux postures de travail

La position sédentaire de conduite pendant la totalité ou la plus grande partie du temps de travail expose à des risques connus : troubles musculosquelettiques (TMS) affectant principalement le cou, les épaules et le dos, maladies cardio-vasculaires ou digestives…
De plus, les passages rapides d’une position de conduite assise et immobile prolongée à une posture debout, avec dans certains cas des tâches de manutention (chauffeurs-livreurs par exemple), peuvent être un facteur aggravant.

Conductrice au volant d’un véhicule utilitaire

Risques chimiques

Tous les salariés qui conduisent régulièrement en milieu urbain sont particulièrement exposés aux gaz d’échappement de la circulation automobile.
 

Lors du remplissage du réservoir, ils sont également exposés à des vapeurs de carburant ainsi qu’à du benzène.
Ces vapeurs d’essence agissent sur le système nerveux et peuvent provoquer des troubles graves de la formule sanguine. Il est à noter que les effluents du carburant diesel et le benzène sont des cancérogènes avérés (pouvant être respectivement à l’origine de cancers du poumon ou de la vessie, et de leucémies).
 

Parmi les risques chimiques auxquels les conducteurs sont susceptibles d’être exposés, il ne faut pas non plus négliger ceux liés à la nature du chargement et à une exposition aux émanations, fuites, renversement ou autre exposition accidentelle.

Risques psychosociaux

Au stress lié aux contraintes professionnelles (organisation du travail, respect des délais…) s’ajoute le stress dû à la conduite elle-même (vigilance permanente, conditions de trafic ou météorologiques…). Conduire pour le travail expose donc à un risque de stress chronique avec ses conséquences sur la santé (dépression, anxiété, troubles du sommeil ou de l’alimentation, ulcères, TMS, maladies cardio-vasculaires, accidents vasculaires cérébraux…).
Les risques de violence ou d’agression ne sont pas non plus négligeables dans certains secteurs (transports de fonds ou de cargaisons ayant une valeur marchande importante).

Données statistiques

Les accidents routiers du travail représentent globalement 10 % des accidents du travail mais restent responsable de 20 % environ des décès au travail avec environ 400 décès enregistrés chaque année. 1 accident mortel sur 5 a lieu sur la route.
 

Le nombre d’accidents routiers diminue progressivement et atteint en 2012 son niveau le plus bas depuis 2003, représentant encore 74 000 accidents soit 5 millions de journées de travail perdues. Cette baisse est observée pour les accidents routiers de travail (- 3,7 %), tout comme pour les accidents routiers de trajet (- 4,0 %). Parallèlement, le nombre de nouvelles incapacités permanentes (IP) liées à un accident routier suit la même tendance et poursuit sa baisse régulière. De même, malgré un pic en 2011, le nombre global de décès routiers continue globalement sur la même pente descendante.
 

La moitié des accidents routiers de travail mettent en cause une voiture particulière ou un deux-roues motorise et cette part atteint même 3 accidents routiers sur 4 dès lors que le déplacement de la victime concernait le trajet entre son domicile et son lieu de travail.
Camions et véhicules utilitaires constituent une part non négligeable au sein des accidents routiers de travail (respectivement 11,3 % et 7,1 %) alors que naturellement ils sont peu mis en cause dans les accidents routiers de trajet. Enfin, les voitures particulières ont été plus souvent impliquées dans des accidents de travail que les années précédentes.
 

Des données statistiques sont disponibles sur le site de l’Assurance maladie – Risques professionnels.

Pour en savoir plus
Mis à jour le 28/10/2014