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Éthanol

Fiche toxicologique n° 48

Sommaire de la fiche

Édition : 2011

Caractéristiques

Utilisations [1-4, 6]

  • Solvant utilisé dans l’industrie des peintures, vernis, encres, matières plastiques, adhésifs, explosifs, parfums, cosmétiques, l’industrie pharmaceutique...
  • Matière première pour la production de nombreux composés: acide acétique, acry­late d’éthyle, acétate d’éthyle, éthers de glycol, éthylamine, éthylène, éthers-oxydes notamment l’ETBE (éthyl-tert-butyl-éther)...
  • Constituant de carburants : le « bioéthanol », éthanol obtenu à partir de matières premières végétales, peut être utilisé seul ou avec de l’essence; les mélanges essence-éthanol renferment 5 à 95 % de bioéthanol selon les pays. En France, la réglementation fixe à 5,75 % le taux d’incorporation de bioéthanol dans l’essence en 2008 pour attein­dre 10 % en 2010 ; toutefois la commercialisation d’un carburant renfermant 85 % de bioéthanol et 15 % d’essence sans plomb autorisée fin 2007, se généralise dans les sta­tions service (E85).
  • Désinfectant, biocide.
  • Composant de boissons alcoolisées.

Propriétés physiques [1-8]

L’éthanol est un liquide mobile, incolore, volatil, d’odeur plutôt agréable, décelable dès 84 ppm.

L’éthanol est miscible à l’eau, le mélange se faisant avec dégagement de chaleur et contraction du liquide : 1 vol. d’éthanol + 1 vol. d’eau donnent 1,92 vol. de mélange.

Par contre il y a expansion du liquide lorsque l’éthanol est mélangé à de l’essence.

L’éthanol est également miscible à la plupart des solvants usuels. C’est un bon solvant des graisses et il dissout de nombreuses matières plastiques.

Le titre d’un mélange eau/éthanol est le rapport entre le volume d’alcool absolu contenu dans ce mélange et le volume de celui-ci à 15 °C ; il est exprimé en % en volume.

L’éthanol peut être commercialisé sous forme anhydre (éthanol à 100 % en volume appelé aussi alcool absolu) ou à différentes concentrations dans l’eau, principalement à 95 % et, pour des usages antiseptiques, à 70 %.

Pour les usages autres qu’alimentaires, des dénaturants sont ajoutés. L’éthanol dénaturé, que l’on trouve égale­ment dans le commerce sous le nom d’alcool à brûler, est de l’éthanol dans lequel on a dissous divers produits pour le rendre impropre à la consommation.

En France, l’alcool dénaturé selon le procédé général, doit contenir 3,5 % de méthylène-Régie (mélange complexe qui donne un goût et une odeur désagréables, obtenu par carbonisation du bois et contenant environ 65 % de méthanol, des cétones et des impuretés pyrogénées) et 1 % de 2-propanol. Des procédés spéciaux de dénaturation peuvent être autorisés pour des usages particuliers.

Nom Substance N° CAS Etat Physique Masse molaire Point de fusion Point d'ébullition Densité Densité gaz / vapeur Pression de vapeur Indice d'évaporation Point d'éclair Température d'auto-inflammation Limites d'explosivité ou d'inflammabilité (en volume % dans l'air) Coefficient de partage n-octanol / eau (log Pow)
Éthanol 64-17-5

Liquide

46,07

-114°C

78 à 78,5 °C

0,789

1,59

5,9 kPa à 20 °C

10 kPa à 30 °C

29,3 kPa à 50 °C

8,3 (oxyde de diéthyle = 1),

2,4 (acétate de n-butyle = 1)

13 °C (éthanol pur) ; 17 °C (éthanol à 95 % vol.) ; 21 °C (éthanol à 70 % vol.) ; 49 °C (éthanol à 10 % vol.) ; 62 °C (éthanol à 5 % vol.)

(coupelle fermée)

423 - 425 °C ;

363 °C (selon les sources)

limite inférieure : 3,3 %

limite supérieure : 19 %

- 0,31

Propriétés chimiques [2, 3, 4, 9]

Dans les conditions normales, l’éthanol est un produit stable. Il possède les propriétés générales des alcools pri­maires (réactions d’oxydation, déshydrogénation, déshydratation et estérification).

Il peut réagir vivement avec les oxydants puissants : acide nitrique, acide perchlorique, perchlorates, peroxydes, per­manganates, trioxyde de chrome...

La réaction avec les métaux alcalins conduit à la formation d’éthylate et à un dégagement d’hydrogène ; elle peut être brutale sauf si elle est réalisée en l’absence d’air pour évi­ter la formation de mélanges explosifs air-hydrogène.

Le magnésium et l’aluminium peuvent également former des éthylates, la plupart des autres métaux usuels étant insensibles à l’éthanol.

Récipient de stockage

Le stockage de l’éthanol s’effectue généralement dans des containers en acier ou dans des récipients métalliques revêtus de résines phénoliques. Le verre est également utilisable pour les petites quantités.

L’aluminium et certaines matières plastiques sont à éviter.

Valeurs limites d’exposition professionnelle

Des valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP) dans l’air des lieux de travail ont été établies pour l' éthanol.

Nom Détails
Éthanol
  • Pays

    France (circulaire - 1982)

  • VME (ppm)

    1 000

  • VME (mg/m3)

    1 950

  • VLCT (ppm)

    5 000

  • VLCT (mg/m3)

    9 500

Éthanol
  • Pays

    États-Unis (ACGIH)

  • VME (ppm)

    1 000

  • VME (mg/m3)

    1 880

  • VLCT (ppm)

    -

  • VLCT (mg/m3)

    -

Éthanol
  • Pays

    Allemagne (valeurs MAK)

  • VME (ppm)

    500

  • VME (mg/m3)

    960

  • VLCT (ppm)

    -

  • VLCT (mg/m3)

    -

Méthodes de détection et de détermination dans l'air

  • Prélèvement au travers d’un tube rempli de charbon actif (900/300 mg ou 700/300 mg). Désorption au dichlorométhane ou par un mélange dichlorométhane/sulfure de carbone/méthanol. Dosage par chro­matographie en phase gazeuse avec détection par ionisation de flamme [10, 11, 12].
  • Prélèvement au travers de deux tubes connectés en série remplis d’Anasorb 747 (400 mg et 200 mg). Désorp­tion par un mélange diméthylformamide/sulfure de car­bone. Dosage par chromatographie en phase gazeuse avec détection par ionisation de flamme [13].
  • L’utilisation, possible en toute première approche, d’appareils à réponse instantanée équipés d’un tube réac­tif colorimétrique (par exemple GASTEC 112 ou 112 L, DRAEGER Alcool 25/a ou 100/a, MSA Ethanol-100) n’as­sure ni la sélectivité ni la précision nécessaires à une com­paraison à une valeur limite d’exposition professionnelle.
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