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Acétone

Fiche toxicologique n° 3

Sommaire de la fiche

Édition : Octobre 2018

Pathologie - Toxicologie

  • Toxicocinétique - Métabolisme [11, 12]

    Bien absorbée par voie respiratoire et dans une moindre mesure par la peau, l'acétone est éliminée inchangée par les poumons ou dans les urines après métabolisme.

    Hautement volatile, l’acétone est absorbée à 75 % environ par voie pulmonaire; l’importance de la pénétration cuta­née n’est pas évaluée avec précision mais existe néan­moins.

    L’acétone est transformée en 1,2-propanediol qui est ensuite incorporé au métabolisme du glucose ou en méthylglyoxal qui se transforme en glucose. Elle induit le système des oxydases mixtes des microsomes hépa­tiques.

    L’élimination se fait par voie pulmonaire pour 40 à 70 % sous forme inchangée et 30 % dans les urines sous forme inchangée ou métabolisée (acides acéto-acétique et R-hydroxybutyrique). Une dose d’acétone est éliminée en 16 heures environ.

    Surveillance Biologique de l'exposition

    Le dosage de l’acétone urinaire, prélèvement réalisé soit en fin de poste soit au mieux avant et après le poste de travail, permet d'apprécier l'exposition du jour même ; c’est le paramètre le mieux corrélé aux concentrations atmosphériques pour une charge de travail donnée. Ce paramètre n'est pas spécifique (métabolite commun aux alcools isopropylique et butylique).

    Le dosage de l'acétone sanguin permet d'évaluer le degré d'imprégnation en acétone de l'organisme.

    Le dosage de l'acide formique urinaire en fin de poste de travail est d'un intérêt limité pour la SBEP ; il manque de spécificité et de sensibilité et est soumis à de larges variations individuelles.

    L’acétone urinaire et sanguin et l’acide formique urinaire peuvent être retrouvés dans les urines de la population générale non professionnellement exposée.

    Il existe des valeurs biologiques d’interprétation pour l’acétone urinaire pour la population professionnellement exposée (Voir Recommandations § II).

  • Mode d'actions
  • Toxicité expérimentale
    Toxicité aiguë [6-12]

    L'acétone provoque une dépression du système nerveux uniquement en cas de fortes expositions (voie orale ou respiratoire). L'irritation de la peau est faible ; celle des muqueuses est plus importante.

    L’acétone s’est révélée peu nocive lors des essais de toxi­cité aiguë. Dans presque toutes les espèces étudiées, les DL50 par voie orale sont supérieures à 5 000 mg/kg; la pénétration par voie cutanée est faible puisque la DL50 chez le lapin est supérieure à 20 g/kg.

    La CL50 n’a pas été déterminée. La concentration létale la plus basse est comprise entre 20 000 et 120 000 ppm selon les espèces et le temps d’exposition. Aux fortes concentrations, les animaux présentent des signes d’irri­tation des muqueuses oculaires et respiratoires ainsi qu’une dépression du système nerveux central et, dans certains cas, une atteinte rénale (protéinurie, nécrose tubulaire) ou hépatique plus modérée.

    Des souris et des rats exposés durant des temps variables à des concentrations de 12 600 à 50 600 ppm ont présenté une réduction de leurs performances antérieures tradui­sant une atteinte du système nerveux central, le retour à l’état antérieur ne se fait que progressivement en 10 à 20 heures. La concentration de 50 600 ppm est létale après 2 heures.

    L’acétone est un irritant faible pour la peau du lapin et provoque sur les yeux de cet animal une irritation conjonctivale et cornéenne réversible. La concentration qui provoque une diminution de 50 % de la fréquence respiratoire est de 77 000 ppm, ce qui classe cette substance parmi les faibles irritants respiratoires.

    Toxicité subchronique, chronique [9-13]

    Par voie conventionnelle, l'administration répétée d'acétone réduit la croissance pondérale. Les inhalations répétées induisent une diminution des performances neuro-motrices des animaux.

    Une étude ancienne montre que l’ingestion pendant 4 mois d’une dose quotidienne de 1,8 ml/kg ne provoque chez le rat qu’un ralentissement de la croissance sans mortalité.

    L’injection intraveineuse de 2 à 7 ml d’acétone pendant 5 à 10 semaines à des lapins provoque une atteinte hépa­tique (dégénérescence graisseuse) et une altération modérée du tissu rénal.

    Beaucoup plus intéressantes sont les études comporte­mentales sur différentes espèces : l’inhalation 4 heures/ jour, 5 jours/semaine, pendant 2 semaines de 3000 ppm ne provoque aucun trouble notable chez le rat; à partir de 6000 ppm, on note une inhibition du système nerveux central, jugée sur des réflexes comportementaux ; à 12 000 et 16 000 ppm, il existe en plus une ataxie. Toute­fois une tolérance apparaît rapidement et les animaux ont presque tous un comportement normal en fin d’expérience ; leur croissance n’est pas modifiée.

    Des babouins soumis à une concentration de 500 ppm voient également leurs performances modifiées au cours des premières expositions.

    Des applications cutanées ou des injections sous-cutanées répétées ont provoqué des cataractes chez le cobaye au cours de plusieurs études alors que le lapin ne présente aucune anomalie dans les mêmes conditions.

    Effets génotoxiques [11, 12]

    Les tests réalisés sont négatifs.

    L’acétone n’est pas mutagène au cours d’un test d’Ames, d’une étude d’échange chromatidien et d’un essai de répa­ration du DNA.

    Effets cancérogènes [11, 12]

    L’application cutanée répétée de 0,1 ml, trois fois par semaine pendant un an sur des souris, n’a pas provoqué de tumeur.

    Effets sur la reproduction [11, 12, 23]

    Il existe des signaux d'alerte douteux de l'atteinte de la féconditée dans les deux sexes et du développement (augmentation des malformations, résorptions tardives et diminution du poids foetal à tres fortes doses chez la souris.

  • Toxicité sur l’Homme [9-12]

    L'exposition à de fortes concentrations d'acétone provoque des effets dépresseurs du système nerveux central et une irritation des muqueuses. L'exposition cutanée répétée peut induire une dermatite de contact.

    Toxicité chronique

    L’intoxication aiguë a surtout été décrite après inhalation de ce solvant. Les symptômes sont essentiellement locaux (irritation des yeux et des voies aériennes), neurologiques (céphalées, asthénie, vertige, coma dans certains cas convulsif) et digestifs (nausée, vomissement). Au cours des intoxications les plus sévères, une légère atteinte hépatique et rénale serait possible. Ces accidents survien­nent généralement avec des concentrations élevées de plus de 10 000 ppm.

    Par ingestion et contact cutané étendu, une symptomato­logie identique apparaît, parfois avec un intervalle libre de plusieurs heures; il est souvent noté une irritation diges­tive importante (hématémèse) mais pas de complications caustiques.

    Une irritation des voies respiratoires et des yeux existe dès 500 ppm pour la plupart des sujets.

    En application cutanée unique, on peut observer un éry­thème et un léger œdème. La projection oculaire se tra­duit par une sensation de brûlure rapidement atténuée par le lavage ; dans un cas, une atteinte permanente de la cornée est cependant signalée.

    Au cours d’expositions répétées, en dehors des phéno­mènes d’irritation oculaire et respiratoire, il est parfois noté des signes neurologiques subjectifs (asthénie, som­nolence, vertige). Au niveau cutané, une dermatose d’irri­tation est possible.

    L’acétone potentialise les effets toxiques de l’éthanol et des hydrocarbures chlorés.

  • Interférences métaboliques
  • Cohérence des réponses biologiques chez l'homme et l'animal
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