Paludisme

Fiche Eficatt

Plasmodium spp

Édition : juillet 2026

Données épidémiologiques Guide de lecture

Population générale

Le paludisme est la première endémie parasitaire tropicale mondiale. Il concerne près de 40 % de la population mondiale dans 80 pays ou territoires. En 2024, les estimations sont de 282 millions de cas et de 610 000 décès. Au niveau mondial, l'incidence avait baissé régulièrement entre 2000 et 2015 mais a augmenté à nouveau depuis 2015. Quatre-vingt-quinze pour cent de la totalité des cas mondiaux (265 millions) sont concentrés en Afrique intertropicale, Madagascar et aux Comores. Quatre-vingt-quinze pourcent des décès sont survenus dans la région Afrique de l'OMS (579 000) (2). Plus de la moitié de ces décès sont survenus dans 3 pays : Nigeria (31,9 %), République démocratique du Congo (11,7 %) et Niger (6,1 %). Les enfants de moins de 5 ans représentaient 75 % des décès (2).

Depuis 2015 17 pays ont été certifiés exempts de paludisme par le directeur général de l’OMS, notamment le Sri Lanka, les Maldives, l’Algérie, la Chine, Le Cap vert, l’Egypte.
Le paludisme endémique en France métropolitaine a disparu en 1960. Depuis 2015, le nombre de cas importés a aussi augmenté. En 2024, le nombre de cas de paludisme d'importation a été estimé en France métropolitaine à 6 160. Le nombre de décès est toujours de l'ordre de 10 à 20 par an (4).

En Guyane, il a été observé une augmentation du nombre de cas en 2024 par rapport à 2023 (425 cas vs 340 en 2023). Tous les cas autochtones sont dus à Plasmodium vivax. À Mayotte, depuis 2025, on observe de nouveau une transmission autochtone à Plasmodium falciparum. Les autres départements français d’outre-mer sont exempts de paludisme. En 2024, 15 cas de paludisme autochtones ont été déclarés, dont 1 cas considéré comme paludisme d’aéroport (aéroport Charles de Gaulle) et un cas considéré comme nosocomial chez un enfant admis à l’hôpital pour une autre pathologie. Pour 12 cas, les patients étaient originaires de zones d’endémie palustre mais n’avaient pas voyagé depuis plus de 12 mois. Un portage asymptomatique persistant ou une contamination par un anophèle transporté par des colis sont suspectés (4).

D'autre part, quelques cas de paludisme post-transfusionnel ont été décrits (1) ; le risque est très faible en France (actuellement de 0,2 à 0,5 cas par million d'unités transfusées).

Des cas nosocomiaux ont également été signalés : plusieurs cas de transmission après transplantation d'organe ; des cas de transmission de patient à patient après diverses procédures médicales : partage de lecteur de glycémie capillaire, manipulation de cathéters... (5).

Milieu professionnel

En milieu de soins, la transmission du paludisme par piqûre accidentelle est décrite dans la littérature mais reste exceptionnelle. Seulement une vingtaine de cas ont été décrits depuis 1966, pour la majorité dans les pays d’Europe (6). Le dernier cas publié est survenu par piqûre lors de la pose d’un cathéter en 2017 au Maroc (7).

C’est d’autre part un risque à prendre en comptenotamment par piqûre de moustique, lors de missions en pays d’endémie.

En laboratoire

Cas historiques décrits avant les années 70 (8).

Entre 1979 et 2015, 17 cas symptomatiques ont été décrits (dont 9 à P. falciparum, 4 à P. vivax). La transmission est majoritairement vectorielle par piqûre d’un anophèle dans les laboratoires de recherche travaillant avec des moustiques infectés. Quelques accidents seulement sont dus à des AES. Le dernier cas publié d’infection acquise en laboratoire en France date de 2009. Le dernier cas international a été décrit aux États-Unis en 2012 (9).