Pathologie Guide de lecture
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Nom de la maladie
Infection à Coronavirus MERS-CoV -
Synonyme
- Middle East respiratory syndrome (MERS)
Transmission
Mode de transmission
(9)
L’homme peut se contaminer à partir du réservoir, le dromadaire (1). Ces infections résultent presque exclusivement d'un contact direct avec des dromadaires, principalement dans les fermes, marchés et abattoirs. Les éleveurs, vétérinaires et bouchers sont les plus exposés, via les sécrétions nasales des animaux ou la consommation de lait et viande crus.
La transmission de personne à personne résulte d'un contact rapproché prolongé (même pièce, à moins de deux mètres). Il peut s’agir de contacts proches (membres de la même famille) ou de transmission au sein d’établissements de soins, concernant le personnel de santé ou les agents d’entretien.
Le R0, en dehors du cas particulier des épidémies nosocomiales, est estimé entre 0,6 et 0,7, d'où un risque épidémique humain faible.
La transmission se fait principalement :
- par les gouttelettes provenant des voies aériennes supérieures générées par la toux, les éternuements ou la parole d'un sujet infecté, ou par contact des muqueuses ORL avec les secrétions d'un sujet atteint. La contamination par aérosol est possible, particulièrement au cours de manœuvres générant des aérosols (prélèvements respiratoires, kinésithérapie, aspiration etc…) ;
- une transmission par l’intermédiaire de mains contaminées par des sécrétions des voies aériennes supérieures ou autres fluides biologiques ou au contact de surfaces contaminées serait également possible.
Lors des épidémies nosocomiales, le virus a été retrouvé sur les draps, les barrières de lits, les pieds à perfusion, les matériels de radiologie, les ventilateurs, les thermomètres. L’ARN du MERS-CoV a été détecté plus de 5 jours après la dernière PCR respiratoire positive de patient infecté sur diverses surfaces (ceci ne témoignant cependant pas de la viabilité du virus) dans les chambres et les sas (10).
Ces modes de transmission justifient la mise en place de mesures de précautions complémentaires contact et respiratoire devant un cas suspect, possible ou confirmé.
Période de contagiosité
Période de contagiosité inconnue.
À noter que le pic d’excrétion virale survient vers le 10ème jour après le début des symptômes, mais un sujet infecté puis guéri d’une pneumonie à MERS-CoV peut présenter une excrétion virale pendant 2 à 4 semaines (9, 11).
La maladie
Incubation
Évaluée à 5,2 jours en moyenne (de 1 à 14 jours).
Clinique
Symptômes d'une infection respiratoire aiguë : fièvre, diarrhée initiale (inconstante) pendant les premiers jours puis toux, dyspnée, essoufflement et difficultés respiratoires. Les manifestations cliniques initiales ne sont pas toujours typiques d'infection respiratoire aiguë fébrile sévère. La pneumonie n’est pas systématiquement présente (12).
Les formes graves se caractérisent par un syndrome de détresse respiratoire aigu sévère, une insuffisance rénale aiguë, une coagulation intra-vasculaire disséminée, une défaillance multiviscérale, ou d'autres atteintes viscérales (péricardites...).
La létalité est de 30 à 35 % chez les cas qui ont été notifiés.
À l’inverse, il existe une forte proportion de sujets infectés qui restent asymptomatiques (9-35 % selon les études).
Diagnostic
Biologique :
Les premiers prélèvements doivent être réalisés le plus précocement possible et répétés au bout de 4 jours d'évolution clinique s'ils se sont révélés négatifs pour le MERS-CoV.
RT-PCR sur prélèvement pharyngé et de préférence sur des prélèvements profonds : sécrétions bronchiques, crachats induits, aspirations par fibroscopie bronchique, LBA (lavage broncho alvéolaire) (meilleure sensibilité).
Le virus peut éventuellement être retrouvé également dans :
- le sang : prélèvement de sang sur tube sec systématique et si possible sur EDTA ;
- les urines ;
- les selles : prélèvement de selles ou écouvillonnage rectal en cas de diarrhée
Radiologique :
Pneumopathie intertitielle bilatérale dans 77 à 100 % des cas, avec opacifications en verre dépoli et parfois pneumopathie systématisée.
Traitement
Pas de traitement spécifique. Les thérapeutiques classiquement utilisées comprennent de l’immunothérapie (plasma de convalescents, immunoglobulines intraveineuses), des antiviraux (inhibiteurs de protéases, interféron, ribavirine, alisporivir, remdesivir) et des soins de support (13).
Populations à risque particulier
Terrain à risque accru d'acquisition
Terrain à risque accru de forme grave
Immunodépression, âge avancé, diabète, obésité et maladies chroniques pulmonaires, cardiaques et rénales.
Cas particulier de la grossesse
Immunité et prévention vaccinale
Immunité naturelle
Inconnue.