Version : Mars 2026
Nom de la substance
Famille chimique
Numéro CAS
Composé(s)
Fiche(s) toxicologique(s)
Fiche(s) VLEP
---------valeur non déterminée---------
VBI françaises (VLB règlementaire, VLB ANSES)
VBI européennes (BLV)
---------valeur non déterminée---------
VBI américaines de l'ACGIH (BEI)
VBI allemandes de la DFG (BAT, EKA, BLW)
Dans la journée
Dans la semaine
Laboratoires par région
Spécificités
L'aluminium est un métal ubiquitaire mais non essentiel pour l'homme. L'absorption de l'aluminium dépend de la solubilité du composé ainsi que de la granulométrie de l’aérosol.
En milieu professionnel, les principales voies d’absorption sont respiratoire (fraction d’absorption estimée à 1,5-2 %) et digestive. L'absorption de l'aluminium présent dans les aliments et l’eau de boisson par voie digestive est faible (fractions d’absorption estimées à 0,1 et 0,3 % respectivement). Elle est augmentée par la présence d’acides citrique et lactique et inhibée par celle de phosphates, en raison de la formation de complexes aluminium-phosphates insolubles. La pénétration percutanée est très faible.
Après absorption, l’aluminium se lie aux protéines plasmatiques (transferrine principalement et albumine) et est distribué dans l’ensemble des tissus et particulièrement les os et les poumons, où sont stockés respectivement la moitié et le quart de la charge corporelle en aluminium. L’élimination à partir des os est très lente, avec une demi-vie d’élimination de plusieurs années. Le ratio érythrocytes/plasma varie entre 0,1 et 0,9 en fonction des publications. En cas d’exposition par inhalation, la concentration pulmonaire en aluminium augmente avec l’âge, en raison de l’accumulation de particules insolubles.
L’aluminium n’est pas métabolisé. Il peut être retrouvé sous différentes formes : ions libres, complexes de bas poids moléculaire (liaison avec des acides organiques, acides aminés, nucléotides, phosphates) ou complexes macromoléculaires (liaison avec des protéines, polynucleotides, glycosaminoglycanes).
L’aluminium absorbé par voie respiratoire ou digestive est excrété principalement dans les urines. L’aluminium alimentaire non absorbé est excrété par voir fécale. Des études chez des travailleurs exposés à des fumées de soudage ou à des poussières d’aluminium suggèrent que l’élimination urinaire est biphasique, avec des demi-vies d’élimination apparentes de 7,5-9 jours pour la première phase et de 6,8-24 semaines pour la seconde, pouvant varier en fonction de la nature et de la durée d’exposition.
L'aluminium urinaire en fin de poste après plusieurs postes reflète l’exposition moyenne de la semaine. C’est l’indicateur à privilégier pour la surveillance de l’exposition professionnelle à l’aluminium si la fonction rénale est normale (l’altération de la fonction rénale affecte l’interprétation du dosage d’aluminium urinaire). Des études épidémiologiques longitudinales et transversales ont montré une association entre la concentration urinaire d’aluminium et une altération des performances cognitives chez des travailleurs exposés. L’ajustement de la concentration urinaire d’aluminium sur celle de la créatinine permet de prendre en compte la variabilité intra-individuelle des apports et des pertes hydriques.
Des valeurs biologiques d’interprétation pour les travailleurs ont été établies pour cet indicateur correspondant à des concentrations sans effet observé sur les performances cognitives chez des travailleurs exposés à l’aluminium :
Des valeurs biologiques d’imprégnation en population générale adulte sont également disponibles :
Des valeurs biologiques sanitaires pour la population générale ont été proposées :
L’aluminium sérique en fin de poste a été corrélé avec les concentrations atmosphériques d’aluminium moyennées sur 8 heures, dans le contexte d’une exposition long terme régulière chez des soudeurs [16, 17]. C’est un indicateur moins sensible que l’aluminium urinaire : pour des expositions à des concentrations atmosphériques médianes de 100 µg d’aluminium/m3 pour la fraction inhalable et de 25 µg d’aluminium/m3 pour la fraction alvéolaire, les concentrations sériques d'aluminium ne sont pas significativement différentes de celles observées en population générale [18]. Cependant, c’est un indicateur à privilégier en cas d’altération de la fonction rénale (diminution de l’excrétion urinaire d’aluminium).
Les concentrations sérique et plasmatique d’aluminium sont théoriquement équivalentes, mais le sérum doit être préféré au plasma parce que les anticoagulants comme l’héparine et le citrate peuvent contenir de l’aluminium.
En ce qui concerne l’aluminium sanguin total, les données sur une éventuelle association avec des effets sanitaires ou l’exposition atmosphérique sont limitées.
La prise de certains médicaments (antiacides, acide acétylsalicylique tamponné, antidiarrhéiques) et la consommation de jus de fruits (contenant de l’acide citrique qui augmente l’absorption de l’aluminium) peuvent augmenter les concentrations d'aluminium urinaire et sont à éviter dans les 2 jours précédant le prélèvement.
Des précautions strictes doivent être prises lors du prélèvement, la conservation et le transport des échantillons, la préparation et l’analyse au laboratoire, en raison de l'ubiquité de cet élément trace et des risques majeurs de contamination.
De manière générale, le matériel de prélèvement doit idéalement être fourni par le laboratoire et préalablement testé comme adapté pour l’analyse de l’aluminium (tubes spéciaux éléments traces, tubes nettoyés à l'acide nitrique et rincés abondamment à l'eau pure, pas de tubes en verre).
Pour le dosage d’aluminium urinaire, les prélèvements doivent être réalisés en dehors des locaux de travail, au mieux après une douche et au minimum après lavage des mains pour limiter le risque de contamination.
Le prélèvement sanguin doit être réalisé par un professionnel habilité, dans un lieu qui respecte les conditions d’asepsie nécessaire.
List of MAK and BAT Values. Permanent Senate Commission for the Investigation of Health Hazards of Chemical Compounds in the Work Area. Deutsche Forschungsgemeinschaft (DFG) (https://www.dfg.de/en/about-us/statutory-bodies/senate/health-hazards).
| Création de la fiche | 2003 |
| Dernière mise à jour
| 2026
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