"La semaine de 4 jours au banc d'essai : satisfaction des salariés mais vigilance sur la santé"

Communication scientifique

La semaine de 4 jours suscite un intérêt croissant de la part des entreprises et des collectivités territoriales. Une récente étude du CEET (Grimaud, 2024) a analysé 150 accords d’entreprises ayant opté en 2023 pour ce mode d’organisation du temps de travail. L’analyse révèle que près de la moitié justifie ce choix par un objectif de « bien-être au travail tout en préservant la compétitivité économique de l’entreprise ». Si cette organisation du travail est avant tout souhaitée pour permettre une meilleure conciliation entre la vie professionnelle et la vie personnelle des travailleurs, la littérature révèle parallèlement que les effets indésirables, vecteurs de risques pour la santé, peuvent être nombreux : débordement, intensification, dislocation des collectifs, etc. Dans le cadre de sa mission d’assistance aux entreprises, l’INRS a été sollicité par une association afin de la suivre dans son expérimentation de la semaine de 4 jours. A l’initiative du conseil d’administration et de la directrice de l’association, les 10 salariés de celle-ci ont expérimenté durant une année cette nouvelle organisation avec réduction du temps de travail à 32 heures hebdomadaires, mais sans réduction de leurs objectifs annuels. La demande de la direction et du conseil d’administration était de s’assurer que cette nouvelle organisation n’était pas vectrice de risques pour la santé. Un suivi mensuel, à la fois en diffusant un questionnaire d’évaluation tous les mois et en participant aux réunions d’équipe, a été réalisé. En complément, des entretiens individuels avec les membres de l’équipe ont été effectués. Cette méthodologie a permis de suivre l’évolution du ressenti des salariés et de leur satisfaction dans cette nouvelle organisation. Le bilan de cette année d’expérimentation souligne une satisfaction globale de la part des salariés avec le souhait de prolonger cette forme d’organisation, tout en relevant certains écueils. Ainsi, sur certaines périodes plus intenses que d’autres, on assiste à un possible débordement de l’activité sur le jour de repos, notamment pour la directrice. On constate également une réduction des temps collectifs et de réalisation de tâches « annexes » pourtant sources d’innovation.

  • Fiche technique

    • Année de publication

      2024
    • Langue

      Français
    • Discipline(s)

      Sciences économiques et de gestion
    • Auteur(s)

    • Référence

      27/3/2025-GUINGAMP-Expérimentation organisationnelle et bien commun : pratiques,bénéfices, limites