La diminution des ressources en matières premières et en énergie, ainsi que de nouveaux comportements de consommation et le développement de l’économie circulaire, amènent les industriels à s’intéresser à d’autres modes de fabrication et de démantèlement.
Aujourd’hui, des biens de consommation sont réutilisés, réparés ou recyclés, comme les smartphones, les vêtements ou les déchets ménagers. L’étude développée ici s’intéresse à l’un de ces biens et l’un de ces procédés : le démantèlement des véhicules hors d’usage (VHU). A ce jour, 6 millions de véhicules deviennent des VHU chaque année en Europe. Ces véhicules ne sont plus autorisés à circuler et doivent être détruits ou recyclés dans un centre agréé. Ces centres doivent dépolluer le VHU et le démanteler en pièces réutilisables ou en matériaux à recycler. La loi fixe aujourd’hui à 85% la masse du VHU qui doit être réutilisée ou recyclée, et à 95% la masse du VHU qui doit être recyclée ou valorisée. L’offre et la demande de pièces et matériaux recyclés sont fortes. Depuis dix ans, il y a un intérêt croissant des consommateurs pour les pièces de réemploi, dû à l’inflation des prix des pièces neuves ainsi qu’à des considérations écologiques. De même, les industriels du recyclage répondent à cette demande et tirent profit de l’augmentation des prix d’achat des pièces et matières premières recyclées. Ces changements amènent ces industriels à repenser le recyclage des VHU, ce qui entraîne le développement de nouvelles situations de travail pouvant présenter de nouveaux risques pour les opérateurs de ce secteur. L’industrie, et notamment celle du démantèlement, présente de nombreux risques professionnels tels que ceux générés par des pièces lourdes en mouvement, des risques chimiques ou thermiques par exemple. Dans l'industrie du démantèlement, ces risques sont accrus par les incertitudes propres aux produits à démanteler. Pour faire face à cela, l'employeur doit assurer la sécurité de ses salariés par des mesures de prévention, de formation et d'information. La sécurité des opérateurs est également inscrite dans les codes du travail français et européen, et un employeur doit se conformer aux exigences de sécurité. Il doit également évaluer les risques et communiquer à leur sujet et sa responsabilité peut être engagée en cas de non-respect de ces obligations. Ainsi, les industriels du démantèlement de VHU, sensibles à ces questions et à la santé et sécurité de leurs salariés, travaillent avec différents acteurs pour développer des mesures de prévention de risques mieux adaptées.
Ce contexte conduit à exprimer la problématique scientifique suivante :
Comment intégrer la santé et la sécurité au travail (SST) des opérateurs lors des activités de démantèlement des véhicules hors d’usage (VHU) ?
L’étude bibliographique a pris en compte des produits similaires aux véhicules, en termes de taille, masse, complexité technologique et incertitude soulevée lors du démantèlement. Dans le cas du démantèlement des VHU, Schmid et al. ont répertorié des scénarios de démantèlement des VHU d’un point de vue des performances techniques et de la durabilité, mais sans tenir compte des aspects SST des ouvriers. D’autres travaux, Elisabeth et al. traitent de la SST en analysant la manipulation des déchets et matériaux dangereux, mais dans l'industrie du démantèlement des navires. Des chercheurs, tels que Neitzel et al., répertorient les risques professionnels dans le domaine du recyclage chez les recycleurs de métaux aux Etats-Unis ; leur étude se concentre sur les risques pour la santé et la sécurité des opérateurs dans cette industrie. Dans le même sens, De Galvez et al. s’attèlent à la détection des phénomènes dangereux via l’analyse des flux d’énergie dans le contexte de la SST. Aujourd'hui, de nouvelles réglementations à destination des fabricants de véhicules et des acteurs du démantèlement sont créées pour développer des processus de démantèlement, en intégrant notamment la santé et la sécurité des travailleurs. Seuls quelques articles traitent des procédés de démantèlement des produits industriels et plus particulièrement des VHU, et aucun d'entre eux n'intègre la SST. Aucune des références existantes ne reprend les trois thématiques : démantèlement des VHU incluant la SST.
Afin de répondre à cette problématique, l’hypothèse de recherche suivante est formulée : la santé et sécurité au travail (SST) des opérateurs sera prise en compte par la modélisation du processus de démantèlement des véhicules hors d’usage (VHU).
Pour répondre à l’hypothèse formulée, il est donc nécessaire, dans un premier temps, de bien comprendre les activités de démantèlement. Pour ce faire, l’étude suivra une méthodologie en 4 étapes et s’appuiera sur l’observation d’un cas industriel: une entreprise française de démantèlement de VHU ayant développée son activité à l’échelle industrielle et non plus artisanale. Les données récoltées seront capitalisées et classées pour aboutir à la construction d’un modèle du processus de démantèlement de VHU qui sera ensuite testé, corrigé puis validé.
Les résultats suivants sont attendus, le modèle devra montrer clairement les caractéristiques des tâches de démantèlement :
- Les tâches de travail (Qui ? Quoi ? Comment ? Quand ? Pourquoi ?)
- Les flux impliqués (énergie, informations, produits, pièces, opérateurs, outils…)
- L'organisation temporelle et spatiale des tâches de travail, des produits à démanteler, des opérateurs et des outils.
- Les objectifs industriels (pièces à recycler), les réglementations SST et environnementales, les lois et règlements à respecter
- Les caractéristiques nécessaires à la modélisation des travailleurs et des équipements.
Ce modèle devra être testé au sein de l’entreprise partenaire, pour en valider sa pertinence. Les travaux futurs seront réalisés en utilisant ce modèle, pour que, à terme, le concepteur puisse disposer d’un modèle de conception d’ateliers de démantèlement de VHU intégrant la SST des opérateurs.
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Fiche technique
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Année de publication
2024 -
Langue
Anglais -
Discipline(s)
Ingénierie de conception -
Auteur(s)
BRUGE U., GODOT X., JEAN C., DAILLE-LEFEVRE B. -
Référence
4/7/2024-PORTO-CONFERE 2024 : 31ème colloque des Sciences de la conception et de l'innovation
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étude(s) de rattachement
étude(s) de rattachement