Complémentarité des bases de données en santé au travail

Communication scientifique

En France, plusieurs organismes nationaux collectent des données relatives à la santé au travail issues d’enquêtes, de déclarations ou de dispositifs de surveillance. Ces bases de données possèdent des caractéristiques différentes (objectifs, méthode de collecte, population cible…) permettant un apport riche d’informations, mais elles n’ont pas été conçues pour être utilisées conjointement. Pourtant, même si les caractéristiques diffèrent, les informations recueillies sont complémentaires et leur analyse conjointe pourrait permettre de faire progresser les connaissances en santé au travail.
L’objectif de cette étude est de proposer une méthodologie permettant la mise en correspondance d’informations appartenant à 10 bases de données différentes.
Ces bases en santé au travail portent sur les différents types de nuisances (6 bases fournies par la Direction d’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES), l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), Santé publique France(SPF) et la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM)), les maladies professionnelles (une base fournie par la CNAM) ou sur les deux (3 bases fournies par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), le Gis EVREST et SPF). Les différentes variables de ces bases ont été regroupées autour de 348 nuisances basées sur le Thésaurus des Expositions Professionnelles (TEP) de l’ANSES et de 152 maladies basées sur la Classification Internationale des Maladies (CIM 10). Une unité statistique commune à toute les bases a été ensuite créée, le groupe professionnel, représentant un ensemble d’individus de même sexe partageant le même métier, exercé dans le même secteur d’activité. Des scores d’intérêt ont été construits pour caractériser les nuisances et les pathologies, et pour vérifier la concordance des informations entre les bases. Les scores seront présentés sous la forme d’une carte de chaleur. La méthodologie a été développée et appliquée sur un exemple : le secteur du BTP.
Pour 247 nuisances, les différents scores d’intérêt présentent la même tendance avec une cohérence élevée entre les bases, ce qui souligne la complémentarité des données contenues dans les bases. Les principales nuisances retrouvées sont les vibrations, le travail avec force ou encore l’utilisation de roche et autres substances minérales (amiante, silice cristalline). Ces résultats confortent la pertinence de la méthodologie qui permet de confirmer les connaissances sur les nuisances ou les pathologies du secteur du BTP. La prochaine étape envisagée sera d’appliquer la méthodologie à d’autres secteurs d’activité et à la généraliser sur les polyexpositions.