Exosquelettes : trajectoires d’adoption et enseignements pour la prévention

Communication scientifique

Les exosquelettes professionnels peuvent être considérés comme solutions de prévention des troubles musculosquelettiques, lorsque que toutes les approches primaires et collectives ont été envisagées ou en complément lorsque celles-ci ne permettent qu’une réduction partielle des risques. Dans des conditions d’usages bien déterminées, ces technologies ont démontré leur efficacité à réduire localement les contraintes musculaires et articulaires.
Leur adoption à long terme dans les milieux de travail reste néanmoins un défi. L’étude de l’INRS (2021–2025) menée dans une vingtaine d’entreprises montre que leur adoption suit trois étapes : pré-adoption, familiarisation et routinisation. L’engagement des utilisateurs dépend de la qualité perçue de leur interaction avec le dispositif et de la qualité de l’intégration du dispositif dans l’entreprise. Les dynamiques sociales, notamment les normes de groupe, peuvent freiner l’adoption, surtout au début . La familiarisation implique ajustements des mouvements, gestion d’effets secondaires et évolution des attentes, produisant des trajectoires d’adoption individuelles. L’usage prolongé peut conduire à l’embodiment, c’est-à-dire le processus par lequel l’utilisateur intègre l’exosquelette à son schéma corporel, jusqu’à ce qu’il le perçoive comme une partie de son corps et que cela influence ses sensations et ses actions.
La confrontation des travaux de recherche avec les réalités du terrain favorise l’émergence et la formalisation de nouvelles références opérationnelles, visant à faciliter l’accompagnement de l’adoption. En valorisant méthodiquement ces résultats, l’INRS propose ainsi de nouveaux repères opérationnels pour la prévention des risques professionnels, possiblement transférables à d’autres technologies, renforçant ainsi l’impact et l’utilité de ces travaux pour les milieux de travail.