Les exosquelettes comme symbiotes : essai d'une taxonomie des interactions hommes-exosquelettes
Communication scientifique
La quatrième révolution industrielle porte en elle l'émergence de l'Opérateur 4.0, caractérisé par l'augmentation des capacités physiques, sensorielles ou cognitives des travailleurs. Cette transformation implique une transition des activités collaboratives entre agents artificiels et humains vers un couplage plus radical de ces deux entités (Romero et al., 2017). Les nouvelles formes d'interactions résultant de ces couplages ne correspondent plus tout à fait aux taxonomies traditionnellement proposées en ergonomie pour les relations entre opérateurs et agents artificiels. En réponse, le concept de symbiose a été introduit pour caractériser ces nouveaux « human cyber-physical systems » (Gerber et al., 2020 ; Inga et al., 2023). Parmi les technologies supposées améliorer les capacités physiques des opérateurs, les exosquelettes professionnels sont fréquemment cités. Ils contribuent au développement de l'aspect "super strenght-operator" de l'Opérateur 4.0 (Ruppert et al., 2018). Définis comme des "structures mécaniques externes qui augmentent la puissance de l’utilisateur » (de Looze et al., 2016, p.671), les exosquelettes constituent un ensemble de moyens prometteurs pour atténuer les facteurs de risque biomécaniques associés aux troubles musculosquelettiques (TMS) (Theurel & Desbrosses, 2019). Actuellement, les tentatives d'implémentation des exosquelettes en milieu de travail s'accélèrent, suscitant des interrogations sur leur acceptation par les opérateurs (Elprama et al., 2022). Les interactions avec ces dispositifs, induisant par nature un contact étroit et permanent avec l'utilisateur, seraient intéressantes à aborder du point de vue des relations symbiotiques. Cependant, la qualification des interactions avec de tels dispositifs est rarement abordée dans la littérature. Dans la perspective multivariée du concept de symbiose d'Inga et al. (2023), l'expérience humaine de la symbiose se compose de quatre construits : l'embodiment, l'état de flow, le sense of agency et l'acceptation. Ainsi, l'acceptation ne représente qu'une facette de la dimension expérientielle des relations symbiotiques. Pour comprendre les défis associés à l'utilisation des exosquelettes et les relations entre les opérateurs et les exosquelettes, il est essentiel d'élargir la compréhension des interactions opérateurs-exosquelettes au-delà de l'acceptation. Une première étape vers cette compréhension consiste à clarifier la terminologie utilisée pour décrire les interactions entre les humains et les exosquelettes. En s'appuyant sur la littérature en ergonomie décrivant la symbiose homme-technologie, cet article positionnera les exosquelettes comme des symbiotes potentiels. L'objectif sera de clarifier la nature des interactions opérateurs-exosquelettes en caractérisant les symbioses possiblement produites par l'usage de ces dispositifs.
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Fiche technique
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Année de publication
2023 -
Langue
Anglais -
Discipline(s)
Ergonomie - Psychologie du travail -
Auteur(s)
DUFRAISSE M., WIOLAND L., ATAIN-KOUADIO J.J., CEGARRA J. -
Référence
24/7/2024-NICE-15th International Conference on Applied Human Factors and Ergonomics (AHFE2024)
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étude(s) de rattachement
étude(s) de rattachement