Évaluation de la compatibilité électromagnétique des stimulateurs cardiaques en milieu professionnel : étude des paramètres impactant leur fonctionnement

Communication scientifique

De plus en plus de salariés sont porteurs d'implants actifs susceptibles d'interférer avec les champs magnétiques rencontrés au poste de travail. En effet les limites d'exposition professionnelle étant supérieures à celles pour la population générale, l'exposition est potentiellement plus intense au travail. Pour étudier la réponse des implants actifs aux champs électromagnétiques rencontrés en industrie, une nouvelle méthode d'essai in vitro est proposée. Cette dernière consiste à exposer l'implant à un champ représentatif d'une exposition professionnelle à l'aide d'un banc d'essai spécifique. Cette nouvelle méthodologie a été éprouvée en l'appliquant au cas des pacemakers qui représentent, de loin, les implants actifs les plus répandus. Ces essais ont permis de tester l'influence d'un grand nombre de paramètres tels que l'orientation du champ magnétique, sa fréquence ou encore la position des sondes et du boitier sur le fonctionnement d'un pacemaker. Les trois facteurs jugés les plus pertinents pour l'estimation du risque sont l'amplitude, la fréquence du champ et le niveau de sensibilité de détection de l'activité cardiaque correspondant au réglage du dispositif. Cette étude a également permis de mieux comprendre les mécanismes d'interaction. Il a en effet été observé que le dispositif considère, à partir d'un certain niveau de champ, la perturbation électromagnétique comme une contraction cardiaque. Les pacemakers actuels sont capables de détecter ces perturbations et d'appliquer une stimulation ne prenant plus compte du rythme physiologique dont la détection est trop perturbée. Une telle méthode d'essai peut également être appliquée à d'autres implants actifs, tels que par exemple les défibrillateurs implantables ou les pompes à insuline.