Travailler debout, assis sur un ballon ou en pédalant : des alternatives au traditionnel siège de bureau ?

Communication scientifique

Le travail sur ordinateur est omniprésent. La posture la plus fréquemment observée pour le réaliser est assis sur un siège de bureau. Si elle est prolongée, cette posture induit une posture sédentaire (i.e. être assis avec une faible dépense énergétique), délétère pour la santé. Afin de limiter l’exposition à ce facteur de risques professionnels, différentes postures alternatives peuvent être proposées aux salariés. Cette étude avait pour objectif de comparer 4 postures : assis sur un siège de bureau (S), debout (D), assis sur un ballon d’exercice (B) et en pédalant assis sur un ergocycle (E). Trente et une volontaires ont répété une tâche de pointage-cliquage-déplacement de cibles (5 fois environ 1 minute) en utilisant une souris standard placée à droite du clavier, pour chacune de ces postures. Elles ont bénéficié de 6 heures d’entrainement à la réalisation de cette tâche dans les 4 postures, en amont de la séance de mesures expérimentales. La consommation de dioxygène (VO2), la fréquence cardiaque (FC), les sollicitations musculaires du membre supérieur dominant, le ressenti ainsi que le temps de réalisation de la tâche ont été évalués. Les résultats montrent que la VO2 était plus élevée pour E que pour les 3 autres postures et pour B par rapport à S. La FC était plus élevée pour D que pour les 3 autres postures et pour E par rapport à S. Le muscle trapèze était plus sollicité pour B que pour S. Les différentes postures n’avaient pas d’effet significatif sur les muscles plus distaux du membre supérieur. Le temps de réalisation de la tâche était plus long pour E que pour S et B. Les participantes ont exprimé une plus grande difficulté à réaliser la tâche pour E que pour les 3 autres postures. Ainsi, cette étude révèle que les postures alternatives peuvent accentuer les réponses cardio-respiratoires par rapport à la posture assis sur un siège de bureau. Toutefois, les mesures du ressenti des participants et du temps de réalisation de la tâche indiquent une plus grande difficulté à effectuer la tâche en pédalant. Un temps d’entrainement plus long, que celui de la séance proposée dans cette étude, pourrait être nécessaire pour s’approprier cette posture. Enfin, pour la réalisation de cette tâche informatique courte et nécessitant une manipulation fine d’un dispositif de pointage, il n’existe pas une posture unique bénéfique à l’ensemble des paramètres investigués. A ce titre, une mesure de prévention pourrait être l’alternance entre différentes postures afin de réduire les effets délétères, sur la santé, liés au maintien prolongé d’une seule posture. Ce choix de postures devrait se faire en fonction de l’activité de travail et en concertation avec les salariés.