Effets d’une exposition aiguë aux solvants industriels sur l’activité électrocorticographique chez le rat.
Communication scientifique
L'exposition aux solvants industriels est connue pour induire des effets neurodépresseurs et affecter le comportement tant chez les humains que chez les modèles animaux. Néanmoins, les modifications de l'activité cérébrale lors d'une exposition aiguë restent peu connues. La présente étude vise à évaluer les effets de trois solvants industriels couramment utilisés, le styrène, le toluène et la méthyl-éthyl-cétone (MEK), sur l’activité cérébrale en utilisant l'électrocorticographie (ECoG), afin de mettre en évidence leur signature neurophysiologique chez le rat.
Des rats femelles (n=12/groupe) ont été implantés avec des électrodes ECoG et équipés d'un émetteur sans fil, permettant d'acquérir les signaux depuis l'intérieur des chambres d'exposition. Les animaux ont été exposés 4 jours à l'air pur (8 h/j) avec un enregistrement continu des signaux ECoG. La semaine suivante, les mêmes animaux ont été exposées par inhalation 4 jours à 1000 ppm soit de toluène (TOL), soit de styrène (STYR) soit de MEK. Chaque exposition quotidienne au solvant durait 6 heures et a été précédée et suivie d'une exposition d'une heure à l'air filtré.
Immédiatement après la fin du dernier jour d'exposition à l'air filtré ou au solvant, des tests comportementaux ainsi que des mesures du nystagmus post-rotatoire (NPR) ont été réalisés.
Le toluène a induit une augmentation progressive de la puissance des oscillations rapides (30-90 Hz), associée une diminution concomitante de la puissance des ondes lentes (2-12 Hz), en accord avec son effet dissociatif similaire à la kétamine (provoqué par le blocage des récepteurs NMDA).
Le styrène a provoqué une diminution globale de la puissance totale des oscillations cérébrale, suggérant un fort effet neurodépresseur. Les expositions au toluène et au styrène ont augmenté le nombre et la durée des saccades mesurées par NPR. Aucun changement dans la locomotion, la coordination sensorimotrice ou la force n'a été observé après l'exposition au styrène, tandis que le toluène a induit une légère augmentation de l'activité motrice.
La MEK n'a quant à elle causé aucun effet sur les oscillations cérébrales, le NPR ou le comportement, confirmant ainsi ses effets neurodépresseurs décrits comme « limités » dans la littérature.
L’exposition des animaux (n=15) à des doses décroissantes de styrène a révélé que les changements de puissance des oscillations étaient dose-dépendants et restaient significatifs à des concentrations aussi faibles que 50 ppm.
Ces résultats suggèrent que l'ECoG est un outil quantitatif et sensible pour évaluer la dynamique en temps réel de l'effet des solvants sur l'activité cérébrale, dépassant la sensibilité des tests sensorimoteurs traditionnels.
-
Fiche technique
-
Année de publication
2024 -
Langue
Anglais -
Discipline(s)
Toxicologie expérimentale -
Auteur(s)
-
Référence
8/9/2024-COPENHAGUE-58 th congress of the European societies of Toxicology (EUROTOX 2024)
-
-
étude(s) de rattachement