Travail par forte chaleur

Comment choisir les équipements de protection individuelle adaptés ?

Mis à jour le 17/07/2026
Destinés à protéger les salariés contre les risques professionnels, les équipements de protection individuelle (EPI), s’ils sont mal adaptés, peuvent aussi accroître les contraintes thermiques sur le corps en période de forte chaleur. L'INRS propose des recommandations pour aider les entreprises à choisir des EPI conciliant sécurité, confort et prévention des risques liés la chaleur.

En cas d’épisodes de forte chaleur ou de canicule, les salariés de nombreux secteurs, qu’ils exercent à l’extérieur ou à l’intérieur, sont exposés à des températures potentiellement dangereuses pour leur santé.

Dans certains cas, leur activité nécessite le port d’équipements de protection individuelle (EPI), indispensables pour travailler en sécurité. Ceux-ci sont choisis à la suite de l’évaluation des risques professionnels et des actions de prévention et de protection mises en place pour protéger la santé des travailleurs.

Ces EPI peuvent perturber la régulation de la température interne du corps et aggraver les effets de la chaleur. Toutefois, si l’activité nécessite le port d’un EPI, un épisode de forte chaleur ne saurait être une raison pour ne pas porter cet équipement ou pour le modifier sans avoir au préalable évalué l’impact de cette modification sur l’objectif de protection de l’équipement. Il est donc important de choisir des EPI adaptés aux conditions de forte chaleur, tout en maintenant le niveau de protection attendu.
 

Les EPI, un moyen de prévention complémentaire

Le choix des EPI doit être intégré dans une démarche globale de prévention. Conformément aux dispositions du Code du travail relatives aux épisodes de chaleur intense (article R. 4463-1 et suivants), l’employeur doit évaluer les risques liés aux ambiances thermiques, privilégier les mesures de prévention collective et d’organisation du travail puis, lorsque le port d’EPI est indispensable, identifier si cela augmente le risque pour la santé des travailleurs. Enfin, il doit mettre en œuvre des mesures adaptées pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs.

Ainsi, en cas de fortes chaleurs, l’employeur doit d’abord modifier l’organisation du travail : 
-    arrêter, reporter ou adapter l’activité, par exemple en réorganisant les horaires de travail ;
-    réduire le temps de travail exposant le salarié à des températures extrêmes ;
-    mettre à disposition des zones rafraîchies…

Si aucune mesure collective permettant de supprimer ou de réduire l’exposition aux fortes chaleurs ne peut être mise en œuvre, l’employeur doit choisir des EPI avec des caractéristiques permettant de réduire l’impact de l’ambiance thermique sur la santé du salarié.
 

Les caractéristiques des EPI à privilégier en cas de forte chaleur

Protection du corps : 

  • un vêtement de couleur claire : les rayonnements solaires (directs/indirects) seront ainsi moins absorbés qu’avec un vêtement de couleur foncée ; 
  • un vêtement permettant d’évacuer la transpiration grâce à : 
    • une matière respirante et un tissage adapté,
    • un coefficient de résistance à la vapeur d'eau (RET) inférieur à 13 pour une activité physique intense (idéalement inférieur à 6, le textile étant alors considéré comme extrêmement respirant et confortable). Ce coefficient indique la capacité d'un tissu à évacuer l'humidité produite par la transpiration (norme NF EN ISO 11092 relative aux textiles) ; 
  • un vêtement ajusté qui ne doit toutefois être ni trop près du corps (sinon l’évacuation de la transpiration sera plus difficile), ni trop large car il peut exister des risques de happement par une pièce en mouvement dans certaines situations de travail (le choix de l’EPI doit résulter d’une évaluation des risques) ; 
  • pour un travail en extérieur, un indice de protection contre les UV qui doit être au minimum UPF40+ (norme NF EN 13758-2 relative aux textiles – Propriétés de protection contre le rayonnement UV solaire – Partie 2)

 

 

 

Protection de la nuque :

Pour éviter une augmentation de la température interne du corps, il est recommandé de protéger la nuque avec un textile conférant une protection contre le risque UV au minimum équivalente à celle des vêtements.

 

Protection des yeux :

Conformément à la norme NF EN ISO 16321-1, les lunettes de protection doivent être équipées de filtres solaires professionnels présentant un marquage G. Le niveau de performance peut aller de 0 à 4, la classe de protection G4 n’étant pas adaptée à la conduite.

 

Les gilets rafraichissants :

Des vêtements permettant de rafraîchir les personnes sont disponibles dans le commerce. Il n’existe aucune norme relative à la conception ou aux tests à réaliser pour estimer leur efficacité. Ces dispositifs semblent être un moyen de réduire les astreintes thermiques tout en améliorant le confort du porteur lors de son activité (voir l’article Efficacité d'un gilet rafraîchissant sur les astreintes cardiaque et thermique lors du travail à la chaleur).

 

Inscrire ces caractéristiques dans le plan d'actions 

A la suite de l'évaluation des risques liés aux fortes chaleurs, il convient d’inscrire les résultats dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) et les mesures de prévention envisagées dans le plan d’actions. Il doit notamment y être indiqué d’adapter les EPI aux contraintes de forte chaleur en précisant leurs caractéristiques. 

 

Pour en savoir plus