Soudage de métaux

Un métier aux multiples risques

Mis à jour le 27/09/2022
Métallurgie, construction navale, maintenance industrielle, BTP… Le soudage des métaux concerne de nombreux secteurs professionnels, en atelier comme sur chantier. Il peut présenter de multiples risques pour la santé et la sécurité des travailleurs : intoxication, brûlures, lésions oculaires et auditives... Les risques varient selon les procédés mis en œuvre et les matériaux utilisés. Pour les prévenir, il est nécessaire de mettre en œuvre des mesures de protection collective complétées par le port d’équipements de protection individuelle.
  • Soudage dans un atelier

  • Soudage en espace confiné sur un chantier de construction navale

  • Cisaillage d’armatures métalliques avant soudage

  • Soudeur derrière un rideau opaque de protection

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    Le soudage de métaux permet d’assembler deux éléments métalliques de même nature en portant leurs bords à la température de fusion grâce à une source d’énergie. Le procédé de soudage le plus répandu consiste à utiliser un arc électrique comme source d’énergie (soudage à l’arc électrique). Les activités de soudage des métaux s’exercent dans de nombreux secteurs professionnels, que ce soit en production, en construction ou en maintenance, en atelier ou sur chantier. Ces activités présentent de nombreux risques pour la santé et la sécurité des salariés qui sont également amenés à effectuer des opérations de préparation et de parachèvement des pièces soudées (découpe, ponçage, formage, meulage…).

    Les principaux risques

    L’exposition aux fumées de soudage constitue un risque majeur pour les soudeurs mais également pour les personnes qui travaillent à proximité. Ces fumées, une fois inhalées, peuvent être à l’origine de la survenue de pathologies aigües et chroniques (fièvre des métaux, asthme, bronchite, atteintes pulmonaires et rénales, cancers…).


    Les activités de soudage peuvent également induire des brûlures cutanées, des lésions oculaires (coups d’arc, projections de particules incandescentes), des lésions auditives, des électrocutions…
    D’autres risques, moins spécifiques, sont également observés lors les activités de soudage. Les manutentions mécaniques et manuelles (port de charges lourdes), les glissades et trébuchements ainsi que les chutes de hauteur constituent les causes d’accidents les plus fréquentes. Les troubles musculosquelettiques ou TMS (dus notamment à l’utilisation d’outils portatifs vibrants) et les lombalgies sont également répandus chez les soudeurs.

     

    Risques Origines
    Chutes, glissades, trébuchement
    • Sol glissant, irrégulier (trou, plissement) ou encombré
    • Dénivellation (marches, escaliers)
    • Éclairage insuffisant
    • Travail dans l’urgence
    Troubles musculosquelettiques
    Lombalgies
    Tendinites
    • Manutentions manuelles
    • Efforts physiques
    • Postures contraignantes
    • Utilisation d’outils portatifs vibrants (tels que les meuleuses)
    Intoxication, asphyxie-anoxie
    Brûlures cutanées
    • Projection de gouttelettes métalliques et de laitier
    • Contact avec des pièces métalliques portées à haute température
    • Rayonnement ultraviolet
    Atteintes oculaires
    Atteintes auditives
    • Soudage MIG/MAG (niveau sonore supérieur à 80 dB(A))
    • Soudage arc plasma (niveau sonore égal à 120 dB(A))
    • Martelage, burinage, meulage…
    Électrisation, électrocution
    • Matériel défaillant (fil de mise à la terre abimé, gaine isolante endommagée…)
    • Travail en environnement humide
    • Travail sur une surface conductrice
    Incendie et explosion
    • Flamme / gaz sous pression
    • Arc électrique
    • Étincelles et projections
    • Travail en atmosphère explosible (présence de poussières, de vapeurs ou de gaz inflammables)
    Dysfonctionnement des implants actifs et stimulateurs cardiaques
    • Champs électromagnétiques émis par certaines techniques de soudage (soudage par résistance)

    Co-activité : risques et prévention partagés

    Soudage de charpentes métalliques dans un chantier de BTP

    Souvent, le soudeur n’exerce pas dans un environnement isolé mais dans un atelier ou sur un chantier où divers corps de métiers (mécaniciens, tuyauteurs…) sont amenés à travailler simultanément. Ces situations de coactivité sont identifiées comme des activités à risques aggravés ; en effet, l’interférence des activités accentue les risques propres à chacune d’elles, et en crée de nouveaux. Il convient donc de définir et d’appliquer des règles spécifiques portant notamment sur la coordination des diverses activités et la prévention des risques associés.

    Agir en prévention

    Tout employeur est responsable de la santé et de la sécurité de ses employés. Il est donc tenu d’évaluer les risques  auxquels sont soumis ses salariés (en les associant à la réflexion) et de mettre en œuvre des mesures de prévention.

    Ces mesures peuvent combiner des actions portant sur l’organisation du travail, l’environnement de travail, les postes de travail et la formation des salariés.

    Elles doivent être adaptées aux procédés et aux matériaux utilisés mais également au lieu de travail (atelier, chantier, espace confiné). Chaque situation doit être considérée comme un cas particulier.

     

    Toutefois, la démarche générale de prévention des risques liés aux activités de soudage repose sur :

    • la modification des procédés ou l’utilisation de procédés ou de produits de soudage émettant moins de fumées : utilisation d’un poste à souder avec gestion électronique de l’arc, modification du diamètre de l’électrode, soudage sous gaz protecteur, soudage à l’arc submergé… ;
    • l'utilisation d’un dispositif de captage des fumées de soudage à la source : dosseret aspirant, torche aspirante, gabarit aspirant, table aspirante, cabine de soudage… ;
    • la mise en place, en complément, d’une ventilation générale. Dans les espaces confinés, une ventilation mécanique est nécessaire ;
    • le rejet à l’extérieur des fumées extraites, en dehors des entrées d’air neuf (le recyclage est à proscrire même après filtration) ;
    • la mise en oeuvre de protections collectives : mise en place de rideaux et écrans opaques afin de protéger l’environnement de l’opérateur contre les rayonnements, insonorisation des ateliers… ;
    • l’instauration de mesures organisationnelles : mécanisation de la manutention des pièces, utilisation de potences et de vireurs… ;
    • la mise à disposition d’appareils de protection respiratoire lorsqu’un dispositif de protection collective ne peut être installé ou lorsqu’il s’avère insuffisant : port d’un appareil de protection respiratoire, à ventilation libre ou à ventilation assistée en fonction de la durée des travaux, muni d’un filtre anti-aérosols de classe P3 et éventuellement combiné à un filtre anti-gaz en fonction des polluants émis, port d’un appareil de protection respiratoire isolant lorsque le milieu est appauvri en oxygène ;
    • la mise à disposition d’équipements de protection individuelle : casque ou masque muni d’un filtre oculaire, ensemble veste-pantalon dépourvu de plis au revers, avec des poches à rabats, cagoule ininflammable, gants anti-chaleur avec manchettes, chaussures de sécurité montantes, fermées et isolantes avec guêtres, protections auditives, tablier en toile ignifugée ou en cuir… ;
    • la formation des soudeurs à la bonne utilisation des équipements de travail et des dispositifs de protection collective et individuelle.

     

    Pour réduire les risques liés aux champs électromagnétiques, il convient d’utiliser une potence permettant l’arrivée latérale du câble de soudage et de proscrire l’enroulement du câble autour du bras ou, pire, son positionnement sur l’épaule de l'opérateur.

     

    Pour prévenir les risques d’électrisation, il est recommandé d’éviter tout contact avec des bobines de fil sous tension, ne jamais enrouler un câble de soudage autour du corps, mettre hors tension les équipements non utilisés, porter des vêtements de travail secs et isolants et utiliser un tapis isolant lorsque les soudeurs travaillent en contact avec des surfaces métalliques (par exemple à l’intérieur d’un réservoir).

    En savoir plus
  • DOSSIER

    Fumées de soudage

    L’exposition aux fumées de soudage de métaux peut être à l’origine de la survenue de multiples pathologies. La prévention des risques repose en premier lieu sur la mise en œuvre de dispositifs de protection collective.

  • Brochure
    Les fumées de soudage et des techniques connexes

    Les fumées de soudage et des techniques connexes

    Cette brochure propose de faire un point sur la composition, la formation, l'émission et la toxicité de fumées émises lors de travaux de soudage et des techniques connexes en fonction des procédés mis en oeuvre et des matériaux de base et d'apport utilisés.

  • Brochure
    Opérations de soudage à l'arc et de coupage

    Opérations de soudage à l'arc et de coupage

    Ce guide est conçu comme un document de référence pour la conception, la conduite et le contrôle des installations de ventilation, et s'applique aux différents procédés de soudage à l'arc.

  • Fiche
    Le soudage manuel à l'arc avec électrodes enrobées

    Le soudage manuel à l'arc avec électrodes enrobées

    Cette fiche pratique de sécurité décrit la technique de soudage à l'arc avec électrdes enrobées, en indique les principaux risques et les mesures de prévention.

  • Fiche
    Oxyde de thorium. Soudage TIG

    Oxyde de thorium. Soudage TIG

    Cette fiche concerne la substitution de l'oxyde de thorium dans les activités de soudage TIG. Une fiche d'aide à la substitution (FAS) est établie pour un produit cancérogène dans un domaine d'activité donné (lorsque sa présence est avérée et que la substitution est possible). Elle a pour objectif d...

  • Fiche
    Soudage / brasage des métaux

    Soudage / brasage des métaux

    Cette fiche recense les postes susceptibles de présenter un risque cancérogène lors du soudage / brasage des métaux. Pour chaque poste de travail, les cancérogènes avérés ou suspectés sont listés.

  • Brochure
    Soudage et coupage au chalumeau

    Soudage et coupage au chalumeau

    Le chalumeau est un appareil portatif qui sert à chauffer, braser, souder ou couper des pièces métalliques. Il utilise la chaleur de combustion d'un gaz combustible (acétylène ou propane) mélangé dans certaines proportions à un gaz comburant (oxygène). Cette brochure se propose de rappeler les préca...

  • Article
    Références en santé au travail, revue trimestrielle de l'INRS

    Rhinite et asthme en relation avec les activités de soudage et de brasage

    Les agents sensibilisants des fumées les plus fréquemment cités sont les oxydes métalliques (nickel, chrome, aluminium, zinc...) et la colophane utilisée dans les flux de brasage.

  • Fiche
    Soudage par résistance

    Soudage par résistance

    Cette fiche présente les risques et les mesures de prévention liés à l'exposition aux champs électromagnétiques lors des procédés de soudage par résistance de pièces métalliques.

  • Voir aussi
  • DOSSIER

    Troubles musculosquelettiques (TMS)

    Les troubles musculosquelettiques (TMS) sont des atteintes de l’appareil locomoteur se manifestant notamment par des douleurs au niveau des articulations (cou, épaules, poignets...). Ils représentent à eux seuls plus de 80 % des maladies professionnelles reconnues.

  • Chutes de plain-pied

    Glissades, trébuchements, faux pas, pertes d’équilibre… Les chutes de « plain-pied » sont une des principales causes d’accidents du travail. Elles peuvent avoir des conséquences graves, parfois même fatales. Tous les secteurs d’activité sont concernés.