Déficit auditif dans le secteur du spectacle

Communication scientifique

Depuis une quinzaine d’années, en France, le nombre de surdités professionnelles diminue régulièrement : il est passé de 1225 surdités en 2007 à 381 surdités 2021. Si l’amélioration de la prévention du risque auditif dans le milieu professionnel a indéniablement contribué à cette baisse, il n’en demeure pas moins que le nombre de déclaration de surdité professionnelle reste fortement sous-estimé selon la Caisse Nationale d’Assurance Maladie. Cette sous-déclaration a des origines multiples. Les personnes atteintes de surdité ne sont pas toujours bien renseignées, ni sur le lien entre leur maladie et le travail, ni sur les démarches à réaliser pour faire reconnaître la dimension professionnelle de leur pathologie. De plus, le système des tableaux, s’il permet une reconnaissance rapide des maladies contractées dans les conditions mentionnées par celui-ci, conduit à des démarches plus compliquées pour les conditions non listées.
Le secteur des métiers du spectacle est particulièrement concerné par cette sous-déclaration du fait que ses activités ne sont pas citées dans le tableau RG 42A régissant la reconnaissance des surdités professionnelles. Ainsi, l’absence de surdités professionnelles reconnues dans ce secteur pourrait, à tort, laisser à penser que le risque auditif n’existe pas pour ces métiers. Pourtant les données scientifiques ainsi que l’expérience des services de santé au travail intervenant dans ce secteur témoignent d’un risque auditif largement sous-estimé pour les professionnels exposés à la musique.
Afin de tenter d’objectiver le risque auditif dans ce secteur, l’INRS s’est associé au SPSTI (Service de Prévention et de Santé au Travail Interentreprises) Thalie Santé pour étudier la prévalence des déficits auditifs parmi les professionnels du spectacle grâce à l’étude rétrospective des mesures d’audiométrie réalisées par Thalie Santé lors des visites médicales entre 2000 et 2023, soit 111 000 mesures d’audiométries tonales pour 63 200 travailleurs.
Les prévalences des déficits auditifs, ainsi que de la surdité telle que définie par le tableau RG 42A, seront mises en perspective avec les données de la littérature scientifique et des études de terrain menées par l’INRS dans le secteur de la musique.